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Violents combats dans le nord de Gaza, premier déchargement d’aide sur la côte

Vendredi 17 Mai 2024

De violents combats opposent vendredi l’armée israélienne au Hamas dans la bande de Gaza, où après des jours de blocage de l’aide humanitaire, un premier déchargement a commencé sur la jetée provisoire mise en place par les États-Unis.  

 

Au huitième mois de guerre contre le mouvement islamiste palestinien Hamas, l’armée israélienne combat des forces palestiniennes dans le camp de réfugiés de Jabalia (Nord), également visé par des bombardements aériens et tirs d’artillerie israéliens, selon des témoins. Six personnes ont été tuées dans leur habitation bombardée, selon la Défense civile palestinienne.

 

Après des jours de blocage des arrivées d’aide humanitaire dans le territoire palestinien menacé de famine, l’armée américaine a annoncé qu’un premier chargement avait commencé à être débarqué vendredi par la jetée provisoire américaine arrimée sur la côte de la bande de Gaza.

 

L’armée américaine a également annoncé l’arrivée « d’environ 500 tonnes [d’aide] dans les prochains jours […] réparties entre plusieurs bateaux ».

 

 « Nous finalisons nos plans opérationnels pour nous assurer que nous sommes prêts à gérer » cette aide, « tout en garantissant la sécurité de notre personnel », a indiqué de son côté l’agence humanitaire de l’ONU (OCHA), réitérant sa préférence pour des acheminements par la route.

 

Appel de 13 pays

 

À l’extrême sud du territoire palestinien, à Rafah, la branche armée du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, a affirmé avoir ciblé avec des tirs d’obus des troupes israéliennes « stationnées au poste-frontière » avec l’Égypte.

 

La marine israélienne a procédé à des tirs sur la côte de Rafah où des centaines de milliers de déplacés du conflit fuient la ville après des frappes nocturnes qui ont fait des blessés, selon l’hôpital koweïtien de la ville.

 

Au lendemain de l’annonce par Israël de l’intensification de ses opérations militaires à Rafah, où l’objectif affiché est d’anéantir les derniers bataillons du Hamas, 13 pays — Japon, Canada, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Australie, Corée du Sud et sept États membres de l’UE dont la France — lui ont adressé un appel conjoint à ne pas lancer d’offensive de grande ampleur sur Rafah.  

 

Le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, avait qualifié jeudi de « décisive » la « bataille de Rafah » pour détruire le mouvement islamiste palestinien. L’armée affirme aussi y opérer pour libérer des otages enlevés le 7 octobre.

 

Dans leur appel commun, les 13 pays réclament aussi « des efforts supplémentaires » pour améliorer les flux d’entrée de l’aide internationale. « Nous exhortons le gouvernement israélien à laisser l’aide humanitaire entrer dans la bande de Gaza par tous les points de passage concernés, y compris celui de Rafah », poursuivent les ministres.

 

Depuis le déploiement le 7 mai de l’armée israélienne du côté palestinien du point de passage de Rafah, Israéliens et Égyptiens se renvoient la responsabilité de la paralysie de ce passage crucial pour l’entrée du carburant indispensable aux hôpitaux à la logistique humanitaire.  

 

Les livraisons d’aide sont aussi largement entravées aux passages côté israélien de Kerem Shalom et d’Erez.

 

« Pas de génocide »

 

Depuis qu’elle a ordonné aux civils de quitter les secteurs est de Rafah le 6 mai en prévision d’une offensive terrestre d’envergure, « 600 000  personnes ont fui », selon l’ONU. Quelque 1,4 million de personnes, habitants et personnes déplacées par les combats, se trouvaient jusque-là dans cette ville, adossée à la frontière fermée avec l’Égypte.  

 

« Les gens sont terrifiés et essaient de s’enfuir » vers le nord et la côte, « c’est très difficile, car il n’y a pas d’itinéraire sûr pour sortir de Rafah et il n’y a certainement pas de destination sûre à Gaza », a décrit Jens Laerke, porte-parole de l’OCHA.  

 

À La Haye, au deuxième jour d’audience devant la plus haute juridiction de l’ONU saisie par l’Afrique du Sud qui affirme qu’Israël aurait intensifié une campagne « génocidaire » avec son opération à Rafah, le représentant israélien a dénoncé vendredi des accusations « totalement déconnectées » de la réalité.

 

« Une guerre tragique est en cours mais il n’y a pas de génocide », a déclaré aux juges Gilad Noam. L’audience a été brièvement interrompue lorsqu’une femme a crié « menteurs » alors qu’il concluait sa déclaration.

 

L’ONU et des ONG mettent régulièrement en garde contre un risque de famine dans la bande de Gaza, où vivent quelque 2,4 millions d’habitants dont 70 % ont été déplacés depuis le début de la guerre.  

 

Le conflit a été relancé le 7 octobre par une attaque des commandos du Hamas dans le sud d’Israël, qui a entraîné la mort de plus de 1170 personnes, majoritairement des civils, selon un bilan de l’AFP établi à partir de données officielles israéliennes. Sur les 252 personnes emmenées comme otages le 7 octobre, 128 sont toujours détenues à Gaza, dont 38 sont mortes selon l’armée israélienne.

 

La vaste offensive lancée en riposte par Israël a ravagé la bande de Gaza, où 35 303 personnes ont été tuées, majoritairement des civils, selon le bilan publié vendredi par le ministère de la Santé du Hamas.

 

L’armée israélienne a annoncé la mort de cinq soldats tués mercredi par des « tirs amis » lors de combats à Jabalia. Au total, et selon des sources israéliennes, 279 soldats de Tsahal ont péri depuis l’entrée des troupes israéliennes le 27 octobre à Gaza. Mais pour le Hamas, ce chiffre est très en deçà de la réalité des pertes israéliennes. [Avec AFP]

 
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