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Vingt ONG appellent la France à rembourser la dette coloniale envers Haïti

Mardi 23 Avril 2024

Haïti, un pays ravagé par la colonisation, la guerre, la pauvreté... et une interminable guerre de gangs.
Haïti, un pays ravagé par la colonisation, la guerre, la pauvreté... et une interminable guerre de gangs.

Une coalition de vingt organisations non gouvernementales a appelé la France à payer des milliards de dollars à Haïti, pour rembourser sa dette coloniale, lors du Forum permanent des Nations Unies pour les personnes d'ascendance africaine (PFPAD) à Genève, jeudi 18 avril courant.

 

Selon le collectif d'associations, cet appel vise à obtenir la restitution des sommes versées par Haïti pour sa reconnaissance d'indépendance en 1804. Les ONG plaident pour la mise en place d'une commission indépendante afin de superviser ce processus.

 

En 1825, le Roi de France, Charles X imposait à Haïti, alors jeune nation indépendante, une indemnité de 150 millions de "francs-or" pour compenser les pertes des colons français, une somme qui ne fut entièrement réglée qu'en 1947, alors qu'Haïti a continué de rembourser des intérêts à plusieurs banques américaines et françaises jusqu'en 1952.

 

Cette dette, qualifiée de "rançon" par les activistes, est aujourd'hui l'objet de vives contestations quant à son montant actuel, ajusté aux intérêts accumulés. Selon différentes estimations, il s'agirait d'une somme entre 20 et 200 milliards d'euros. Selon les Haïtiens, cet argent devrait servir à financer des projets de développement sur l'île, aujourd'hui marquée par une insécurité grandissante et un besoin urgent de reconstruction.

 

Au moins 2 500 personnes ont été tuées, blessées ou enlevées en Haïti en raison de la violence des gangs depuis le début de l'année, a déclaré lundi le directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).

 

Le ministère français des Affaires étrangères n'a pas encore réagi à cet appel des ONG. Dans le passé, la France a reconnu certains des torts infligés, avec le chef d'État Nicolas Sarkozy reconnaissant en 2010 les séquelles laissées par la France et François Hollande évoquant en 2015 une "dette morale" envers Haïti.

 

La situation actuelle, exige cependant des mesures concrètes et un engagement financier pour répondre aux attentes des descendants des premiers habitants libres de l'île. [AA]

 
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