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USA: le psychologue soutenant la torture persiste et signe

Mardi 6 Décembre 2016

USA: le psychologue soutenant la torture persiste et signe
Washington - Un psychologue américain qui avait participé au programme d'interrogatoires poussés de la CIA a estimé mardi que le futur président Donald Trump devrait envisager de rétablir ces pratiques de torture, interdites par le président Barack Obama.

« Il doit y avoir un débat public pour déterminer comment on veut se protéger, a estimé James Mitchell », qui s'exprimait devant un cercle de réflexion conservateur à Washington.
« Les citoyens doivent se demander, et je le demanderai au président élu (Donald) Trump: +qu'est-ce que vous faites lorsque vous avez des indices forts, comme la CIA en avait, d'une nouvelle attaque catastrophique et que la personne que vous interrogez ne répond pas ?+ », a-t-il demandé.

James Mitchell est l'un des deux psychologues qui avaient aidé la CIA à concevoir son programme d'interrogatoires poussés, qui comprenait des techniques comme la simulation de noyade, ou waterboarding. M. Mitchell est partisan d'une forme de coercition légale pour faire parler les détenus dans certains cas.

La torture, interdite par le président Obama deux jours après son arrivée au pouvoir en 2009, est revenue dans le débat public américain pendant la campagne électorale américaine.

Donald Trump a provoqué de vifs échanges au sein même de son propre parti en se déclarant favorable au rétablissement de la simulation de noyade, qui consiste à verser de l'eau sur un tissu qui bouche le nez et la bouche d'un prisonnier. Il a depuis semblé faire machine arrière, sous l'influence du général James Mattis, prestigieux chef militaire retraité qu'il a nommé secrétaire à la Défense.

Le rôle de James Mitchell et de son confrère John Bruce Jessen, son partenaire pendant sa collaboration avec la CIA, avait été dénoncé dans le rapport du Sénat américain sur la torture par la CIA, rendu public en décembre 2014.

Selon les sénateurs, la CIA avait de fait délégué à ces deux psychologues la conception des techniques d'interrogatoires renforcés et leur avait fait jouer un rôle central dans la mise en œuvre, l'évaluation et la gestion du programme.

Les deux psychologues font l'objet d'une plainte déposée aux Etats-Unis par des ex-détenus ou leur famille avec le soutien de l'ACLU, la puissante organisation américaine de défense des libertés civiles.

La plainte est notamment signée par la famille de l'Afghan Gul Rahman, mort de froid, de faim et de déshydratation alors qu'il était détenu par la CIA.
Mais James Mitchell a maintenu mardi que les simulations de noyade et autres interrogatoires poussés avaient permis de recueillir des informations cruciales et de sauver des vies, une assertion contredite par le rapport du Sénat.

Il a indiqué avoir interrogé 14 des détenus à haute valeur, dont Abd al-Rahim al-Nashiri, soupçonné dans l'attaque du navire américain USS Cole au Yémen en 2000, et Khalid Sheikh Mohammed (KSM), cerveau présumé du 11-Septembre.

Et dressé un portrait glaçant de celui-ci, qui a notamment affirmé avoir décapité le journaliste américain Daniel Pearl.

Lorsque les deux psychologues lui ont demandé est-ce que cela a été difficile pour vous de tuer Pearl, sous-entendu sur un plan émotionnel, KSM a répondu, selon Mitchell: oh non, j'avais des couteaux affûtés, le plus dur était d'arriver à passer la colonne vertébrale.

Après la révélation de la participation de Mitchell et Jessen au programme de la CIA, la principale association américaine de psychologues APA (American psychological association) a annoncé qu'elle allait renforcer le code éthique de la profession. Elle veut interdire la participation de ses adhérents aux interrogatoires de l'armée ou des services de renseignement.

Mitchell était invité pour présenter le livre qu'il vient de sortir, Interrogatoire poussé: dans l'esprit et les motifs des terroristes tentant de détruire l'Amérique.
 
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