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SweatGate : Éviter l'autre guet-apens qui nous... guette (par Diouma Diallo)

Lundi 1 Mars 2021

Dr Diouma Diallo
Dr Diouma Diallo
Il n’y a pas de pouvoir éternel si ce n’est celui de l’Eternel.
C’est un truisme que de l’affirmer mais une nécessité de le rappeler à nous autres... mortels.
 
La vague d’arrestation de militants et sympathisants de Sonko et les placements sous mandat de dépôt sont caractéristiques d’une dérive du pouvoir.
 
Dans un pays qui se soucie, un tantinet de la dignité humaine, on ne peut priver de liberté des personnes à partir d’un délit d’intention…et des chefs d’accusations aussi légères et fragiles que celles qui ont servi de catalyseur au déclenchement de cette crise qui secoue présentement notre pays.
 
Le pouvoir actuel arrête, inculpe et emprisonnement d’honnêtes citoyens sur la base d’accusations fallacieuses ne reposant sur aucun fait ou élément matériel.
 
« Da mihi factum, dabotibi jus.» (Donne-moi le fait, je te donnerai le droit) nous disait le fameux adage latin pour mieux mettre l’accent sur le fait que le droit qui est dit s’adosse d’abord et avant tout sur le fait. Autrement, il devient une tyrannie qui s’exerce à l’ombre des lois sous les couleurs de la justice pour paraphraser Montesquieu. Les emprisonnements tous azimuts de citoyens sur la base de la coloration politique rappellent tristement ce qui passe dans les pays sous dictature. Si le régime pense pouvoir empêcher à des milliers voire millions de sénégalais d’exprimer leur sympathie ou soutien au leader du Pastef, il va falloir dès à présent que l’état commence à investir dans la construction de prisons pour contenir tout ce beau monde.
 
On pense être fort jusqu’à ce que l’on se rend compte que l’on est pas assez fort pour être toujours le maître du jeu politique parce que les enjeux du moment dépassent notre personne. Ce qui est en jeu présentement c’est une liberté confisquée, une démocratie malmenée et un devenir commun sérieusement menacé.
 
Vouloir neutraliser un adversaire politique sur le terrain politique est une chose que l’on peut comprendre, mais le trainer dans les fanges pour mieux le discréditer est une attitude qui ne peut et ne doit jamais prospérer quel que soit le degré d’adversité.
 
L’instrumentalisation dans cette affaire de la misère morale d’une fille, socialement fragile, est inacceptable au-delà de la banalisation de l’acte d’accusation qu’elle peut entrainer.
 
Le caractère politique de l’affaire SweatGate ne fait l’ombre d’aucun doute. Et l’omniprésence des responsables de la mouvance présidentielle dans les médias accrédite définitivement la thèse du complot, manigancé par des hommes au pouvoir, instrumentalisant les institutions de l’état, pour liquider un adversaire politiquement redoutable. Il est temps que cela cesse!
 
Le Sénégal est à un tournant politique historique qui risque de déstabiliser le pays ou de consacrer l’avènement d’une dictature politique …Nous sommes mal embarqués et notre pirogue tangue dangereusement dans des eaux troubles de la violence.
 
Il n’est pas encore trop tard pour revenir… et sortir des bassesses politiques pour préserver la paix sociale.
 
Après l'échec du guet-apens politique, il nous faudra éviter le guet-apens judiciaire qui risque d'installer le pays dans la violence et le chaos où la responsabilité des maquignons de la cour du président Macky sera clairement engagée.
Diouma DIALLO
 
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