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Sommet de Montpellier : le charognard n'aime pas les faibles (par Ndukur Kacc Essiluwa Ndao)

Mardi 12 Octobre 2021

Sommet de Montpellier : le charognard n'aime pas les faibles (par Ndukur Kacc Essiluwa Ndao)
Le sommet de Montpellier a vécu avec ses polémiques et Achille Mbembe cloué au pilori. De toute manière, ni le sentiment anti français, ni le sado machisme de ceux qui reviennent constamment sur nos défaites et blessures, ni l'activisme des courtiers et suppôts ne viendra au secours du continent si on ne crée pas notre propre agenda.
 
Aussi bien les jeunes qui étaient à Montpellier et leurs mentors que ceux qui les pourfendent sont à la croisée des chemins. On navigue entre la tyrannie néo-coloniale qui pille les ressources et le despotisme des élites qui ont tout volé  jusqu'au rêve des jeunes. On vogue entre deux hijacking (détournement). C'est ce sentiment d'impuissance et ce discours d'otage qu'il faut juguler. Macron à 43 ans. Il est président d'un pays qui nous vole depuis presque 1626. Qu'avons-nous appris de cette longue relation ? Je ne pense qu'il oserait convoquer des jeunes Turcs, ou des Vietnamiens.
 
Nous sommes le seul continent qui fait Sommet Chine-Afrique, sommet France-Afrique et peut-être bientôt Monaco-Afrique, qui sait. On annonce un Fonds d’innovation pour la démocratie en Afrique. Quelle insulte. On a juste besoin d'un Front de Rupture et de reprise en main de notre destin comme l'ont fait d'autres peuples. Entre France Dégage et France Bonjour, la ligne de mire/référence est la même. On est toujours en situation de transfert d'agressivité et de perte de repères.
 
« La seule chose à faire : se placer dans la perspective d’un agenda africain »
 
Il y a quelques mois, on avait parlé de la trahison des Clercs. Avec cette histoire, on se rend compte que ceux qui ont le plus prôné la décolonisation mentale ces derniers temps sont les premiers à répondre à la cooptation. C'est aussi parce que souvent les discours sophistiqués ne sont pas en phase avec les motivations profondes de ceux qui s'arrogent le droit de penser /panser l'Afrique. Et dans le confort des chaumières, on aime bien qu'on se batte par procuration jusqu'au jour où on se rend compte que la plupart de ces gens, finissent par nous offrir en butin de guerre ou monnaie de change.
 
Certains vendent la détresse des jeunes pour attirer l'apathie des bailleurs de fonds (émeutes de la faim, émigration clandestine, COVID) et d'autres pour créer des soupapes /exutoires pour que les Africains puissent "déverser enfin leur colère" devant un garçon qui a quasiment l'âge de certains d'entre eux mais dont le pays est une sangsue séculaire qu'il faut extirper et de notre subconscient et de notre économie.
 
Faut-t-il revisiter Samir Amin et la déconnexion ou ramener en vie Cheikh Anta Diop pour nous affranchir et nous re-ancrer ? Macron dit que la France doit assumer "sa part d'africanité". Qu'elle reste d'abord dans ses frontières et qu'elle gère ces 15% de  population pauvre et ses clivages sociaux. D'ailleurs elle serait bien  plus pauvre, si ses sociétés de traite (de la Compagnie française de l'Afrique occidentale, CFAO en 1887 à Bolloré /Orange /Areva) n'avaient pas continué de piller l'Afrique avec les complicités des mêmes commandants de cercle.
 
Il faut se placer dans la perspective d'un agenda africain. C'est la seule chose à faire.  La France de Faidherbe à Eric Zemmour est dans son rôle de pillard. Or les pillards n'aiment pas les faibles. Tout comme le charognard. Arrêtons de pleurnicher.
NKEN (Abdou Ndao)
 
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