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Scandale au COUD : les faits "sacrés" qui enfoncent Cheikh Oumar HANN (par Seybani Sougou)

Mardi 7 Juillet 2020

« Le Sénégal est un pays à part, où les hors la loi et les voleurs de deniers publics, épinglés par des corps de contrôle portent plainte pour diffamation »
 
Lourdement épinglé par le rapport public d’activités de l’OFNAC 2014-2015, dont la recommandation n°5 enjoignait les autorités de prendre toutes les mesures nécessaires afin qu’il ne lui soit plus confié la responsabilité de diriger un organisme public, Cheikh Oumar HANN a été récompensé par une nomination, en qualité de ministre de l'Enseignement supérieur.
 
Invité de l’émission Objection de Sud FM du 05 juillet 2020, Cheikh Oumar HANN a eu l’outrecuidance de déclarer au cours de l’interview qu’il n’existait aucune preuve de ses malversations financières au COUD. Allant même jusqu’à demander réparation (ce qui est un comble) pour une supposée diffamation (qui n’existe que dans son imagination fertile) dont il est victime et dont les auteurs seraient l’ex Présidente de l’OFNAC, Mme Nafi N’GOM KEITA et le journaliste Pape Alé NIANG. A croire que le ridicule ne tue plus au Sénégal !
 
Face aux torrents de mensonges et au déni de Cheikh Oumar HANN, nous avons décidé de livrer à l’opinion publique 2 documents qui accablent l’ancien Directeur du COUD :
 
** La synthèse du rapport d’audit et de vérification de l’OFNAC au COUD, réalisée par le Département Audit et vérification en 2015 ; un document détaillé de 27 pages qui retrace les malversations de Cheikh Oumar HANN et d’autres agents du COUD,
 
** Le tableau des infractions au COUD, établi par les enquêteurs du Département Audit et vérification qui récapitule les montants, les personnes incriminées et leurs N° de matricule.
 
Ces 2 documents produits par le Département Audit et vérification en 2015 ont permis à l’OFNAC de produire le rapport d’enquête du COUD, qui figure en bonne place dans le rapport d’activités 2014-2015 de l’OFNAC (dossier n°6).Les preuves sont irréfutables et les faits compromettants. Dans le scandale du COUD, tout accable Cheikh Oumar HANN :
 
1). Marché irrégulier de rénovation au COUD (conflits d'intérêts, surfacturation, marché fictif) octroyé à BARA FALL, Agent comptable particulier du COUD – Montant du préjudice : 23.781.956 F CFA 
 
2). Faux et usage de faux relatif aux justificatifs de dépenses lors de la visite de Macky Sall le 31 décembre 2015, au campus social de l'UCAD - Montant du préjudice : 89 millions de F CFA 
 
3). Emplois fictifs et recrutement à titre posthume - 85 emplois fictifs et chevauchements de contrats avec des manœuvres frauduleuses sur les identités et les matricules de soldes ; recrutement à titre posthume de Lat Fatim NDIAYE matricule de solde 924 753/F à la suite d'un accident au cours d'une mission
 
4). Détournement d'actifs du COUD au profit de la commune de Ndioum - utilisation de véhicules (5050 litres de carburant en dix mois) et frais de mission (chauffeur, garde-corps et indemnités de déplacement)
 
5). Subventions irrégulières accordées aux agents du COUD (500.000.000 F CFA entre 2014 et 2015 dont 35.020.000 F millions de CFA de subventions fantômes correspondant à des subventions où aucun bénéficiaire n’a été désigné)
 
6). Escroqueries/Fraude régies 2015 : régies de Dakar, Thiès et Ziguinchor de Janvier à Juin 2015 : le total des factures manquantes est estimé à 45.656.500 F CFA tandis que les factures en doublon représentent un montant de 20.338.897 F CFA
 
7). Versements d’espèces sur le compte personnel de M. Babacar DIOUF, agent du COUD, matricule de solde n° 922926/D, à Ecobank à Yoff en Septembre 2015, de plus de 22 Millions de FCFA non justifiés,
 
8). Népotisme et clientélisme politique dans le recrutement (recrutement de 155 natifs de Ndioum et de la belle sœur du directeur Mme Bousso NIANE matricule de solde 924 844/C faisant exploser la masse salariale). L’effectif pléthorique du personnel temporaire a conduit le COUD à des difficultés de trésorerie sans précédent dès le mois d’Avril 2015. La masse salariale mensuelle du personnel temporaire est passé de 154 951 501 FCFA en juin 2014 à 225 653 475 FCFA en juin 2015 soit une hausse de plus de 45% d’une année sur l’autre…
 
On pourrait multiplier les exemples à l’infini, car la liste des infractions établie par les enquêteurs est impressionnante. Précisons que dans son rapport d’activités 2014-2015, l’OFNAC n’a pas détaillé toutes les infractions relevées au COUD (seuls les faits saillants ont été mis en exergue).
 
Pour connaître l’ampleur des malversations et la liste de tous les incriminés, il faut se fier au rapport d’audit et de vérification de 27 pages sur le COUD et au tableau des infractions du Département Audit et Vérification. Après tous ces méfaits, d’une extrême gravité, la décence impose à Cheikh Oumar HANN de se taire. S’épancher dans les médias pour ameuter l’opinion et clamer son innocence alors que les preuves d’une prédation financière au COUD sont avérées et irréfutables est totalement ridicule.
 
Il n’y a qu’au Sénégal, sous le magistère de Macky Sall où des bandits de grand chemin, et malfrats notoires saisissent la justice pour tenter de se disculper. Et il se trouvera toujours des magistrats aux ordres, indignes de leurs fonctions (qui doivent être révoqués) pour les laver de tout soupçon.
 
Les plaintes contre Nafi N’GOM Keita et Pape Alé NIANG ne peuvent prospérer
 
a). Nafi NGOM KEITA bénéficie d’une protection pénale et aucune poursuite ne peut être engagée contre elle dans le cadre de ses fonctions
 
L’article 9 de la loi n°2012-30 du 28 décembre 2012 portant création de l’OFNAC, dispose que « les membres de l’OFNAC ne peuvent être poursuivis, recherchés, arrêtés ou jugés à l’occasion des avis, opinions qu’ils émettent ou pour les actes ou décisions qu’ils prennent dans l’exercice de leur mission ».Le rapport 2014-2015 de l’OFNAC qui incrimine Cheikh Oumar HANN ayant été produit au moment où Mme Nafi N’Gom KEITA était encore en fonction à l’OFNAC, aucune poursuite, ne peut être engagée contre elle sur le fondement de ce rapport. Il s’y ajoute de la part Cheikh Oumar HANN et de ses avocats une méconnaissance totale des dispositions de l’article 11 de la loi n°2012-30 du 28 décembre 2012.
 
Car, en matière d’enquête (cf. article 11 de la loi sur l’OFNAC), c’est l’Assemblée générale des membres qui examine le dossier et décide de sa transmission ou non au Procureur de la République. A l’époque des faits, l’assemblée générale de l’OFNAC est composée des 12 membres suivants : Mme Nafi N’GOM KEITA (présidente), Ibrahima Faye (vice-présidente), Mme Aminata SAKHO, M. Ibou Yague N’DIAYE, M. El Hadji NIANG, M. Codé MBENGUE, Mame Kairé Fall SOW, M. Abdou KANE, M. Amadou NIANG, M. Moctar SOW, Mme Aïssata Niang N’DIAYE, M. Amacodou DIOUF.
 
Ce sont ces 12 membres de l’OFNAC dont fait partie l’ex Directeur Général de la police nationale Codé M’BENGUE que personne ne peut soupçonner de légèreté qui ont délibéré sur l’affaire du COUD et qui, au vu des preuves accablantes et des éléments collectés et analysés par les enquêteurs, ont décidé de transmettre le dossier au Procureur (éléments constitutifs d’infractions pénales). L’ignare Cheikh Oumar HANN va-t-il porter plainte contre les 12 membres de l’OFNAC ? Ce serait faire preuve de folie (porter plainte).
 
Le rapport OFNAC sur le COUD est le résultat d’enquêtes et d’investigations et a été établi conformément aux normes professionnelles.
 
Le dossier du COUD, accompagné d’éléments probants, de PV d’audition, d’une centaine de pièces à conviction, d’annexes, a été transmis à l’Autorité judiciaire compétente afin que les poursuites soient engagées. On ne peut pas saper le travail de recherche, d’investigation et de recoupement mené durant plusieurs mois, par des enquêteurs chevronnés de l’OFNAC, dans les règles de l’art. Dans le scandale du COUD, les faits sont constants et établis.
 
b). Le journaliste Pape Alé NIANG a exploité le contenu du rapport public de l’OFNAC pour son ouvrage intitulé « Scandale au cœur de la République : le dossier du COUD »
 
Membre de la Cellule Norbert ZONGO (CENOZO), qui regroupe les journalistes d'investigation en Afrique de l'Ouest, le journaliste Pape Alé NIANG s’est intéressé au dossier COUD. Les éléments de son livre reprennent textuellement les données qui figurent dans le rapport public produit par l’OFNAC (autorité administrative indépendante régie par la loi 2012-30 du 28 décembre 2012).
 
On a souvent l’habitude de dire qu’en matière de journalisme « les faits sont sacrés et le commentaire libre ». Pape Alé NIANG n’a rien inventé (tous les faits exposés dans son ouvrage sont dans le rapport public de l’OFNAC 2014-2015).
 
Aucun juge crédible au Sénégal ne peut le condamner pour diffamation. A cet instant précis, Cheikh Oumar Hann devait être au gnouf.
 
Sous le magistère de Macky Sall, ce sont les hors la loi qui font la loi.
Un député pris en flagrant délit de blanchiment d’argent sale, des députés qui se partagent le butin des semences agricoles, et un ministre de l’Enseignement supérieur qui participe au carnage du COUD.  Mais où va donc le Sénégal avec Macky SALL ?
 
Au-delà des insanités de Cissé LO, ses énormes révélations sur les scandales du régime nous renseignent sur la bande qui gouverne le pays. Les cris d’orfraie de la meute (les enragés du régime) qui veut la « peau » de Cissé LO ne trompent personne : le régime déviant de Macky Sall est synonyme d’indécence et d’immoralité absolue.
 
Seybani SOUGOU-E-mail : sougouparis@yahoo.fr
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