Connectez-vous

SENEGAL : Bouffée d’oxygène dans la grisaille polluée des scandales et des manœuvres politiciennes.

Jeudi 18 Juillet 2019

Enivrés par l’odeur du pétrole et du gaz, ces gens là qui nous gouvernent seraient quelque part devenus fous et furieux !  Ce mardi 16 juillet ils sont allés arrêter à son siège Guy Marius Sagna, membre du collectif FRAPP/France dégage, de la plateforme citoyenne Aar Li Nu Bokk et de notre parti Yoonu Askan Wi, conduit à la gendarmerie de Colobane en attendant d’être déféré devant le procureur. Lui reprocherait-on d’avoir dénoncé le paradoxe des évacuations sanitaires à l’étranger au profit de nos gens d’en haut ? Pourtant Radio France Internationale (RFI) vient récemment, le 28 avril dernier, de diffuser une émission  « Le Débat Africain », animée par Alain Foka et montrant, chiffres à l’appui, que les évacuations sanitaires de personnalités africaines francophones en Europe nous coûtent chaque année, à nous pauvres contribuables, entre 10 et 25 millions de dollars US selon les cas, soit au moins entre  5 et 13 milliards FCFA, cela 59 ans après les soleils de nos indépendances !
 
Combien d’hôpitaux de référence ce coûteux « tourisme médical pour élites » aurait pu permettre de construire  et combien de problèmes de santé aurait-il pu aider à régler localement? Ou bien, reprocherait-on au Collectif  FRAPP/France dégage sa déclaration  en date du 15 juillet  2019  titrée : « La France prépare un attentat terroriste au Sénégal », laquelle se fait simplement l’écho, à sa manière, des propos du  ministre français de l’intérieur Christophe Castaner, en visite récemment au Sénégal, selon qui «le terrorisme est présent au Sénégal… » FRAPP/France dégage estime en effet que  cette déclaration est un chantage au terrorisme exercé par la France sur le Sénégal « pour renforcer son occupation militaire afin d’augmenter sa recolonisation économique ». Inculpation de Guy Marius Sagna pour délit de facies ou délit d’opinion, triste visage de la démocratie sénégalaise !
 
Rappelons que, il y a tout juste quelques jours, ces gens là ont envoyé toute une équipe de la DIC faire  irruption,  tôt le matin, au domicile du journaliste Jean Meïssa Diop, fouillant jusque dans sa chambre à coucher,  à la recherche d’on ne sait qui. « Voilà une agression sous le couvert de la loi. C’est vraiment trop  », fulmine à bon droit le journaliste, indigné, amenant la police à diffuser quelques heures après un simple communiqué d’excuses à l’endroit du sieur Diop et de sa famille !
 
Le scandale des milliards subtilisés par Frank Timis et ses acolytes aux générations présentes et futures de notre pays le Sénégal, les fait sortir de leur gong parce que relayé par une grande chaine radio-télé d’Occident ! Quand notre compatriote journaliste Baba Aïdara a très tôt fait ses révélations sur le même sujet, quand Ousmane Sonko a effectué ses recherches et publié dans un ouvrage paru en mai 2017 la chronique de cette spoliation maffieuse de notre pétrole et gaz, ces gens là avaient choisi … le mépris et le silence ! A présent, ils lancent des cris d’orfraie et, comme du temps du régime d’un certain Léopold Sédar Senghor, ils agitent à tout vent le vieux spectre de « la déstabilisation » et de « la manipulation par des puissances extérieures » ! Ils allument l’incendie, puis ils s’écrient : « Haro sur ces opposants qui veulent brûler le pays » !
 
Pourtant dans le même temps, selon Monsieur le propre frère du Président, ce sont des responsables politiques très proches de Macky Sall, dont certains grands responsables de l’APR bien identifiés par lui, qui orchestrent la cabale contre sa personne, manœuvrent depuis des années et vont jusqu’à payer des opposants pour le discréditer : on attend les noms qu’il a promis de révéler… le moment venu !
 
Monsieur le procureur de la république de son côté, grand metteur en scène, monte sa pièce de théâtre sous forme de conférence de presse pour lancer un « appel à témoins ». Question préjudicielle, Monsieur le procureur : contre qui avez-vous formulé une plainte fût- elle contre X, quelles sont les infractions visées, qui avez-vous inculpé, à l’encontre ou en faveur de qui cherchez- vous des témoins à charge ou à décharge ? Ne serait- il pas plus simple d’inviter Monsieur le Président de la République à déclassifier le fameux rapport de l’IGE commandité par lui-même, au lieu de  s’évertuer à débusquer l’origine de la fuite ou de s’ingénier à  nous faire avaler la couleuvre de sa disparition, ni vu ni lu ni connu, depuis sept longues années !
 
Pourquoi M. Aly Ngouille Ndiaye, ministre de l’énergie à l’époque, auteur du Rapport de présentation des décrets 2012-596 et 597, signés par Macky Sall le 19 juin 2012 et approuvant officiellement les contrats de recherche et de partage de production du pétrole et du gaz sénégalais au profit de Petro Tim, Frank Timis, ses compères et complices, ne peut-il pas être entendu, de même que son ami de Président de la République,  sur les tenants et aboutissants des fausses informations introduites dans ledit Rapport, amenant l’IGE à souligner « la soumission précipitée, surprenante, improductive et risquée de la convention  avec Petro Tim » à la signature du président de la République et au contreseing du Premier ministre de l’époque Abdoul Mbaye?
 
Pourquoi avoir laissé l’IGE continuer d’exécuter sa mission du 30 mai  au 21 septembre 2012, jusqu’à recommander entre autres « le retrait du permis de recherche d’hydrocarbures accordé à Petro Tim pour les irrégularités entachant la validité de la convention conclue avec elle », pour ensuite faire semblant d’ignorer le Rapport en question et même d’en nier l’existence ? Pourquoi Frank Timis n’a t- il pas été entendu jusqu’ici, le loup marron introduit dans la bergerie, le ndeyu mbil gi qui en sait certainement plus que tout autre ?
 
Le peuple sénégalais attend les réponses précises à ces questions précises, au nom d’une justice égale pour tous, et pour que les voleurs rendent gorge, qui qu’ils soient !  La plateforme citoyenne Aar Li Nu Bokk s’est constituée pour œuvrer à la récupération et à la sauvegarde des ressources naturelles du Sénégal, au plus grand profit du développement économique, social et culturel de notre pays, aujourd’hui et demain. Mais ces gens là vous disent : méfiez vous, car la Plateforme citoyenne Aar Li Nu Bokk fait de la politique !
 
Notre conviction, quant à nous, est que cette façon de « faire la politique », il faut l’assumer et l’encourager, elle est la seule politique qui vaille. Si en effet la politique, au sens propre et vrai du terme, c’est mettre ensemble une communauté de citoyens pour définir les règles de gestion et de conduite des affaires de la cité, « nous sommes tous et toutes dans la politique », nous devons tous et toutes « faire la politique ». Restant entendu évidemment qu’il appartient à  chacun et à chacune de choisir librement   la forme et les modalités de son engagement politique, lequel est par essence un engagement citoyen : parti, mouvement, association, organisation sociale ou démocratique, individualité.
 
Voilà pourquoi il faut saluer la naissance et le déploiement de la Plateforme Aar Li Nu Bokk, à Dakar comme dans les différentes localités du pays et à travers la diaspora. Il est de notre responsabilité commune d’élargir sa dynamique et de soutenir en particulier son approche consistant à briser l’émiettement des forces patriotiques et de progrès, ce cloisonnement si longtemps ancré chez nous et pourtant si préjudiciable au succès des luttes sociales et démocratiques dans notre pays. Nul doute cependant que cette dynamique initiée par Aaar Li Nu Bokk sera longue et ardue, avec des hauts et des bas, mais c’est la voie du salut.
 
Au plan social, l’on constate amèrement que depuis plusieurs années, les taux de réussite aux examens du CFEE, BFEM  et  BAC tournent désespérément autour respectivement de 50, 40 et 30 %, et que la session de juillet 2019 risque d’être plus catastrophique encore si l’on en juge par le taux d’admission au premier tour du BAC : 14, 94%. Cette hécatombe  illustre la crise endémique du système éducatif sénégalais, malade de son orientation inadaptée, de sa gouvernance conflictuelle et de sa persistante inefficacité interne et externe !
 
Les paysans, victimes des spoliations foncières tous azimuts, étalent leurs inquiétudes en ce début d’hivernage, face aux insuffisances en quantité et en qualité des semences, engrais et matériels agricoles; pour l’arachide,  le capital semencier, qui était de 120 000 tonnes au lendemain de l’indépendance, est descendu aujourd’hui à 75 000 tonnes et plus globalement, l’agriculture sénégalaise reste encore largement tributaire des aléas de la pluie. Les travailleurs, les agents de l’Etat en particulier, sont priés de serrer plus fort la ceinture: pas question d’augmenter les salaires, leur a signifié le président Sall, le jour du 1er mai 2019 !
 
Pendant ce temps, les hausses des prix s’amoncellent, les unes officielles et publiques telle que l’augmentation du prix du carburant ; les autres, plus insidieuses mais non moins réelles, affectent la plupart des denrées et produits de consommation courante : poisson, viande, tomate concentrée, riz parfumé, pommes de terre, oignons, huile, savon, ciment, thé, aliments de bétail et sans doute bientôt le pain, au grand dam des braves góorgóorlu qui peuplent nos villes et nos campagnes. Le faux dialogue faussement national du président Sall n’arrivera pas à maquiller ces réalités crues que vivent difficilement les Sénégalais et les Sénégalaises. Lui qui prétend avoir remporté l’élection présidentielle de février dernier dès le 1er tour, avec plus de 58% des suffrages, qu’a-t-il diantre besoin d’un « dialogue national » ?
 
Qu’il gouverne, applique son programme et laisse simplement le soin à ceux qui ne sont pas d’accord avec lui, d’exercer pleinement leur droit démocratique de dialoguer avec le peuple et, conformément à la Constitution, de s’opposer à ses politiques de prédation et de soumission aux intérêts des puissances impérialistes. Vivement l’unité et l’organisation des forces patriotiques et d’émancipation pour tirer le Sénégal, l’Afrique et le monde du pétrin impérialiste !
 
Dans cette grisaille de scandales, de misère sociale et d’espoirs bouchés, une bouffée d’oxygène nous parvient fort opportunément, depuis l’Egypte, de nos lions du football, engagés dans la Coupe d’Afrique des Nations. La qualification à la finale, après dix sept longues années d’attente, a ravivé la ferveur nationale et l’enthousiasme des jeunes, déclenché une liesse populaire à la hauteur de leurs rêves immenses d’épanouissement et de bonheur partagés. Nos gaïndés ont su prouver qu’à force de sérieux, de talent et de travail, de confiance en soi et de persévérance, d’organisation et de volonté collective de gagner, d’engagement résolu et solidaire, nous sommes bel et bien capables, nous Sénégalais aussi, de conforter cet enseignement du Président Mao : « Rien d’impossible au sein de l’univers, pourvu qu’on ose escalader la cime ».
 
Tous nos vœux de succès  aux Lions de la Téranga à la finale du 19 juillet, pour donner corps enfin à un rêve si tenace! Sans oublier toutefois qu’il ne s’agit que de sport, qui plus est sur cette terre d’Afrique, notre continent : alors, amitié et fraternité d’abord, compétition ensuite !
YOONU ASKAN WI / Mouvement pour l’Autonomie Populaire
 
Fait à Dakar le 16 juillet 2019
Le Secrétariat Permanent
 
Nombre de lectures : 156 fois

Nouveau commentaire :













Inscription à la newsletter