L'audience touche à sa fin. Au procès de Rachida Dati et de Carlos Ghosn pour corruption et trafic d'influence, l'heure est aux réquisitions, lundi 28 septembre. Le Parquet national financier (PNF) a demandé quatre ans de prison, dont deux ans ferme sous bracelet électronique, contre l'ancienne ministre, ainsi que 450 000 euros d'amende, soit la moitié des honoraires perçus dans son activité de lobbying pour Renault-Nissan au Parlement européen, entre 2009 et 2013.
Le PNF a également réclamé de lui interdire de poursuivre son activité d'avocate et la révocation de sa fonction de magistrate. Une peine d'inéligibilité de cinq ans, assortie de l'exécution provisoire est également réclamée contre Rachida Dati. Par ailleurs, le PNF a requis quatre ans de prison contre l'ex-PDG de Renault Carlos Ghosn, en fuite au Liban et jugé en son absence, avec maintien du mandat d'arrêt.
Le PNF accuse la maire du 7e arrondissement de Paris et l'ex-PDG de Renault, jugé en son absence, d'avoir noué un pacte de corruption, en contrepartie de lobbying pour Renault-Nissan, entre 2009 et 2013, au Parlement européen, où Rachida Dati était élue. L'ancienne avocate, qui demande aujourd'hui sa réintégration dans la magistrature, avait signé une convention d'honoraires de 900 000 euros sur trois ans.
Une passe d'armes avec les avocats des parties civiles.
Jeudi, dans la matinée, Rachida Dati s'est lancée dans une joute verbale. Alors qu'elle faisait le dos rond depuis l'ouverture de son procès, l'ex-ministre est finalement sortie de ses gonds face aux questions acérées des parties civiles, qui ont passé au crible son parcours professionnel et le travail d'avocate qu'elle dit avoir réalisé à la demande de Carlos Ghosn lorsqu'elle était eurodéputée. La veille, déjà, la tension était montée d'un cran lors d'un interrogatoire incisif des juges assesseurs et du PNF.
Alors qu'il subsiste peu de traces écrites de son travail, Rachida Dati, campant sur ses positions, a assuré, dès le début de son interrogatoire, dans la soirée du 17 septembre, avoir accompli des missions d'avocate pour Renault-Nissan, comme le prévoyait sa convention. "J'ai signé un contrat d'avocate. Et j'ai exercé comme avocate", a martelé la prévenue.
L'ombre de Carlos Ghosn.
Tout au long de l'audience, l'ex-PDG de Renault, visé par plusieurs mandats d'arrêt et en fuite au Liban depuis fin 2019, un an après sa retentissante arrestation au Japon, a brillé par son absence. Invoquant le non-respect des délais de sa convocation devant la justice française, l'ancien grand patron de 72 ans avait demandé un report de l'audience à une date ultérieure. Mais le tribunal a maintenu le procès comme prévu.
"Voilà le grand absent obscène de cette audience, qui vit plantureusement à Beyrouth, bunkérisé dans sa villa", a dénoncé, dans sa plaidoirie, jeudi soir, Kami Haeri, l'un des deux avocats de Renault SAS, rappelant que Carlos Ghosn faisait l'objet d'une autre enquête, ouverte à Nanterre, autrement plus conséquente. [franceinfo]







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