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Quel modèle d’allocation des dépenses pour le Fonds de Riposte et de Solidarité (FRS) contre le Covid-19 ? (Pr. Ahmadou Aly Mbaye)

Jeudi 2 Avril 2020

Le Fonds de Riposte et de Solidarité (FRS) contre les effets du Covid-19 mis en place par le Président Macky Sall a l’objectif déclaré d’endiguer l’épidémie du Corona Virus, et ensuite enrayer ses effets au Sénégal. L’annonce de la mise en place de ce fonds fait suite à celle faite quelques jours auparavant par le ministre de l’économie d’un autre programme strictement sanitaire, appelé plan de contingence (PC) d’un coût estimatif de 64 milliards de FCFA, pour contenir l’épidémie. Le FRS constitue un plus par rapport au PC en ce sens que son budget prévisionnel est plus consistant (1000 milliards au lieu de 64 pour le PC) et qu’il traduit la volonté affichée de l’Etat d’aller au-delà des défis sanitaires, pour considérer également les défis socio-économiques résultant de la pandémie. Si la prise en compte des dépenses économiques est nécessaire pour une bonne maîtrise des effets des politiques sanitaires mises en place, leur allocation risque de se révéler plus ardue. L’objet de cette note est de montrer comment les facteurs purement sanitaires interagissent avec les variables économiques pour favoriser la propagation de la maladie. De plus, nous y défendons l’idée que si la prise en compte des dépenses économiques est nécessaire pour une bonne gestion de la crise, une bonne allocation de ces dépenses permettrait d’en minimiser les risques et en optimiser l’impact sur l’économie dans son ensemble.
 
De la nécessité de prendre en charge à la fois les défis sanitaires et socio-économiques du Covid-19
 
Au jour du 02 avril 2020, le monde compte 962.977 de personnes contaminées au Corona virus et 49.180 décès, selon le décompte de l’université Johns Hopkins. La rapidité avec laquelle la maladie se propage met à rude épreuve les systèmes de santé, qui même dans les pays développés, peinent à rassembler les ressources (masques, tests, respirateurs, personnel médical qualifié, et autres) nécessaires pour prendre en charge un nombre de patients croissant à un rythme exponentiel. D’un autre côté, très peu de pays au monde ont réussi à contenir le rythme de propagation de la maladie.
 
A côté de ces défis de santé publique, les défis économiques que l’épidémie et ses mécanismes de gestion posent en Afrique, et au Sénégal, en particulier, sont encore plus périlleux. En vérité, la stabilité économique et sociale de nos pays dépendra grandement de la manière dont les ramifications économiques et sociales de la crise seront gérées.
 
Face à la crise, rapidement devenue mondiale, les pays africains sont doublement exposés par la quasi-inexistence de capacités adéquates en soins hospitaliers intensifs et la forte prévalence de facteurs favorisant la propagation de la maladie, dont notamment : le nombre limité des tests disponibles, la jeunesse de sa population et le nombre et l’intensité des contacts personnels rendant difficile toute politique de distanciation sociale. En effet, les résultats de la recherche médicale indiquent que si les personnes âgées ont plus de chances de mourir de la maladie, les jeunes ont, par contre, plus de chances de la contracter. Par ailleurs, ces résultats indiquent également que toutes les formes de contacts humains physiques directs (par le toucher, le baiser, ou autre) ou non physiques (une conversation orale ne respectant pas une distance minimale de 2 mètres ou moins) sont de nature à provoquer une transmission de la maladie. Or le nombre de ces contacts dépend beaucoup des normes sociales en vigueur dans les différents pays, et est aussi influencé par certains facteurs comme la taille moyenne du ménage.
 
C’est donc dire que notre système d’interactions sociales, en particulier, la nature fondamentalement informelle du système de production sénégalais pose un risque de taille à la réussite des politiques de confinement et de distanciation sociale. Notre système de production repose en effet sur un complexe écosystème de petits acteurs informels, sur lesquels l’Etat n’a que très peu de visibilité, encore moins de contrôle. Les entreprises individuelles, les entreprises familiales, les autres micro- et nano-entreprises, évoluant dans l’agriculture, l’industrie et les services, constituent plus de 97% de notre outil de production. Ils contribuent au PIB pour au moins 40% et à l’emploi, pour au moins 95%. Ces activités sont souvent très faiblement mécanisées, très peu productives, et à fort contenu de main-d’œuvre. C’est donc dire que la promiscuité est leur caractéristique dominante:promiscuité dans les pirogues qui s’adonnent à la pêche artisanale, dans les marchés aux légumes et au poisson, aux abattoirs et autres marchés à ciel ouvert, dans les bus, taxis, et autres systèmes de transport, dans les gargotes et autres dibiteries, dans les unités de transformation de poissons et autres produits primaires. Et j’en passe.
 
Face à une telle configuration de l’activité productive, toute mesure de distanciation sociale passera forcément par une forte contraction, voire un arrêt total d’une bonne partie des activités productives du pays. Ce qui n’est pas sans poser un certain nombre de risques.
 
a). Il y a, en effet, un important risque de perturbation, voire de rupture des chaines de production et de distribution des produits de consommation de masse. Ce qui, en augmenterait les prix, et favoriserait par là-même l’instabilité sociale, en particulier dans les zones urbaines, du fait de la nature sensible des produits concernés.
 
b). Par ailleurs, les moyens de subsistance de l’écrasante majorité des sénégalais deviennent menacés, si on considère qu’environ seulement 500.000 personnes sont employées dans les institutions publiques et privées formelles et que la quasi-totalité des autres ont des revenus informels, souvent précaires.
 
c). La réalisation des scénarios a) et b) couplerait pertes de moyens de subsistance et baisse substantielle, voire perte totale de revenus, pour la majorité des Sénégalais.
 
d). La récession sera inévitable dans ce cas de figure. Etant donné que les activités informelles représentent environ 40% du PIB sénégalais, une réduction de la production informelle de moitié, toutes choses étant égales par ailleurs, induirait une baisse du PIB de l’ordre de 20%. Lorsque nous considérons le ralentissement des activités au niveau même du formel (hôtels à l’arrêt, activités aéroportuaires suspendues, restaurants fermés, autres activités au ralenti), il ne serait pas exagéré d’anticiper une très forte réduction du PIB, de l’ordre de 50% ou plus.
 
e). La récession elle-même aboutit à d’importantes pertes de recettes fiscales du fait du lien direct existant entre fiscalité intérieure comme de porte et niveau de l’activité économique. Ce qui, en retour, priverait l’Etat de ses moyens d’interventions usuels, et mettraient en péril les filets sociaux existants ou annoncés.
 
f). Enfin la situation de fragilité découlant de cet état de fait serait de nature, si elle n’est pas correctement maîtrisée, à culminer vers une situation d’instabilité politique. En effet, les calculs que nous avons effectués à partir de la base ACLED (Armed Conflict Location and Event Data) indiquent qu’une variation de 10% des prix des biens de consommation de masse provoquerait une hausse de de 1,2 point de la probabilité de remous sociaux dans les pays du Sahel. Il s’y ajoute qu’une économie chroniquement en difficulté pourrait favoriser l’émergence d’attaques opportunistes, notamment de mouvements Jihadistes.
 
Pour toutes ces raisons, les conséquences sociales des nécessaires mesures de confinement qui touchent directement les moyens de subsistance des personnes les plus démunies, doivent être appréhendées et prises en charge avec une extrême attention. Or une bonne prise en charge passe par un ciblage correct des dépenses de transfert annoncées.
 
Quelle allocation des dépenses pour le Fonds de Riposte et de Solidarité ?
 
La mise en œuvre du FRS posera incontestablement des risques qu’il faudra anticiper et gérer. Le premier défi à considérer dans cette mise en œuvre est lié aux modalités applicables aux transferts envisagés : doit-on privilégier le transfert direct (ou la distribution des vivres) ou organiser et soutenir les moyens de subsistance des plus démunis. Une importante limite à un transfert direct est le coût financier énorme qui lui est associé. Si le gouvernement devait prendre en charge la totalité des 38% des sénégalais pauvres, vivant avec moins de 1.9 dollars US par jour, le coût total annuel dépasserait largement le budget prévisionnel de 1000 milliards de FCFA annoncé par le Président Sall. Ensuite identifier les personnes les plus pauvres qui ont davantage besoin d’aide n’est pas chose aisée et le risque est important que des pauvres ne soient pas atteints alors mêmes que des moins pauvres le seraient. Le transfert direct pourrait, par conséquent être combiné avec un appui aux moyens de subsistance des plus pauvres. En ce moment-là, ce sont les activités qui procurent des revenus aux plus défavorisés, qui seraient visées (c’est-à-dire le secteur informel au sens large, incluant aussi bien l’informel urbain que l’agriculture). Selon l’enquête de l’ANSD sur l’emploi et le secteur informel de 2017, le Sénégal compte environ 1,2 million de travailleurs informels évoluant dans l’industrie, le commerce et les services. Si on part de l’hypothèse que le nombre de personnes moyens dans un ménage est de 10, le nombre de personnes qu’on atteindrait directement et indirectement en appuyant ces acteurs, pourrait aller jusqu’à 10 millions d’individus. Bien sûr, une telle approche suppose qu’on identifie les activités productives dont le déroulement serait compatible avec l’objectif de distanciation, et qu’on puisse les encadrer proprement. Il est, en effet, impératif que les activités qui peuvent continuer sans présenter des risques majeurs à la santé publique puissent être encadrées et continuer.
 
Dans le cas de figure que nous proposons, la démarche suivante pourrait être adoptée, dans l’allocation des dépenses :
 
a). Les grandes entreprises formelles comme informelles, seraient de fait exclues de tout transfert direct de revenus, mais l’Etat leur donnerait (promettrait) des marchés publics, des moratoires de paiement des impôts, et encourager celles qui sont dans le secteur industriel à se reconvertir autant que faire se peut dans la production de matériels de santé dont le système sanitaire a besoin pour endiguer l’épidémie (masques, gels hydroalcooliques, savon, etc.), qui pourraient progressivement se substituer aux importations.
 
b). L’appui de l’Etat viserait en priorité les petites activités de production et de distribution des denrées de première nécessité, comme par exemple, celles impliquées dans la production et la transformation du riz ou celles évoluant dans la filière du pain, ou encore les producteurs agricoles et maraîchers. Ce qui permettrait de booster la production nationale, contenir l’inflation et en même temps soutenir les faibles revenus.
 
Pour ces petites activités informelles, qu’on chercherait jusqu’aux niveaux les plus détaillés de la chaîne de production et de distribution (marchands, chauffeurs, producteurs maraîchers, etc.), il faudrait en plus combiner cet appui de l’Etat avec la mise en place d’un dispositif institutionnel permettant de les suivre, en vue de les moderniser, et de pouvoir plus tard élargir la base taxable. Une telle organisation pourrait aussi être à leur avantage car elle pourrait comporter un volet assurance sociale et assurance retraite, selon des modalités applicables au statut de l’auto-entrepreneur mis en œuvre avec succès dans certains pays comme la Turquie.
 
Ahmadou Aly Mbaye
Professeur d’Economie
Doyen honoraire FASEG/UCAD
 
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1.Posté par Cheikh Tidiane Wade le 12/04/2020 20:49
Un excellent texte, C'est aussi un bon moment pour penser à l'après Covid-19.

2.Posté par Alassane Thiaw le 12/04/2020 22:51
Merci doyen pour cette analyse de très haute facture.
L'état du Sénégal doit avoir une vision panoramique allant dans le sens de contenir la crise alimentaire qui sévit actuellement dans les zones un peu reculer du Sénégal.Aujoud'hui dans le département de mbour plus précisément dans la commune de sindia,l'usine TWYFORD qui s'active dans la production de carreaux est dans l'incapacité de pouvoir payer ses employés et cette situation l'oblige à renvoyer certains employés au chômage technique .Et vous conviendrez sans doute avec moi que ces employés assurent au quotidien la dépense de leurs familles.Et en tant que apprenti économiste la cause semblerait provenir de l'impossibilité de pouvoir écouler leur production d'où l'important de faire un ciblage afin d'identifier les individus qui sont dans le besoin et d'orienter les aides alimentaires au bénéfice de ces couches les plus démunis...
Étudiant M2 à la Faseg,économie rurale.Thiaw Alassane.

3.Posté par Me François JURAIN le 17/04/2020 13:35
belle et bonne analyse. cependant, Monsieur le Doyen, avec tout le respect qui vous est dû, je me permettrai de dire que" vous parlez comme un (excellent)llivre...mais il manque des pages.
Je m'explique:
La problématique exposée, vient en grande partie de ce commerce "informel", non identifiable, mais bien réel.
Moi, je vais prendre le problème encore plus en amont.
L'identification même des personnes qui composent le peuple sénégalais demeure une inconnue et une approximation: il n'y a pas d'état civil fiable, et à mon sens, tout repose, au départ, et il faut partir du départ, par un état civil fiable.
Je suis de nationalité française, mais résidant au sénégal depuis plusieurs années. j'ai été, aux termes d'une carrière professionnelle de 50années environs, notaire, puis avocat. Tout n'est pas merveilleux en FRANCE, mais je dois reconnaitre que, en ce qui concerne notamment l'état civil, le cadastre, et les hypothèques, le système français est sinon le meilleur du monde, en tout cas un des meilleurs (mais je pense sans forfanterie aucune que c'est le meilleur).
Je ne me permettrai pas de critiquer le système sénégalais, mais reconnaissez comme moi qu'il est fantaisiste, et je pèse mes mots, j'ai autour de moi quelques exemples "croustillants" dans le genre, que je me garderai bien de narrer ici.
Dès lors que vous avez un état civil fiable, vous avez une bonne (voir très bonne ) connaissance de la population, et cela est indispensable.
Pourquoi les états civils des pays africains ne sont pas fiable? C'est essentiellement une volonté politique. Un état civil fiable débouche immanquablement sur un fichier électoral fiable, ce que malheureusement mais évidemment, les gouvernements successifs (je ne parle pas que du sénégal) ne veulent surtout pas: les élections ne sont plus que rarement truquées, le processus électoral presque systématiquement, grâce justement à ce fichier électoral, ne présentant aucune fiabilité, et comment le pourrait il, puisqu'il dépend essentiellement d'un état civil...aléatoire!
Je pense (je crois d'ailleurs lu quelque part) que l'activité informelle représentait 60% environ de l'activité commerciale: mais étant d'accord avec vous sur l'analyse, dans les grandes lignes, nous n'allons pas nous étendre sur une guerre des chiffres! il est clair que ce commerce informel est beaucoup trop nombreux, et que les gouvernements successifs auraient du prendre les mesures qui s'imposent, pour, au fil des ans, faire rentrer dans le secteur formel, tous ces "informels".
COMMENT:
Par des mesures qui sont à mon sens de trois ordres: éducation, formation, sociale.
SOCIALE: Le sénégal, quoi qu'il fasse, ne pourra pas faire l'impasse d'une réforme sociale en profondeur.
cette réforme sociale doit obligatoirement passer par un système de bourse cohérent, et un système de retraite qui permette au vieux de vivre décemment (vivre décemment étant se loger, se nourrir, et subvenir aux dépenses de première nécessité);
Et ceci non seulement ne coute pas d'argent à l'état mais en rapporte:
Dès lors que dans une famille, les frère et sœur pourront subvenir à leurs études grâce aux bourses qui leur permettent d'être autonomes, et que les anciens pourront également subvenir à leur besoins, vous allez libérer toute la classe intermédiaire, qui travaille, et qui au lieu de servir de caisse d'allocation familiale et de caisse de retraite pour permettre au reste e la famille de survivre, va pouvoir enfin se projeter ans l'avenir, donc dépenser et rapporter de la TVA, des impôts, ect...au budget de l'état. Ce n'est non pas une dépense, mais un investissement.
FORMATION/ le commerce est un métier, et comme tout métier, cela s'apprend. Le sénégal, mais aussi tous les Pays d'Afrique, ont fait l'impasse sur la formation, et l'on en paie aujourd'hui les pots cassés: quel avenir pour les garagistes qui ont appris leur métier "sur le tas", et sur des voitures de "à ou 'à ans d'âge, à l'heure de l'automatisation et de l'électronique? Idem pour les électriciens, les maçons, ect… Comment reprocher à quelqu'un de ne pas savoir travailler, alors qu'on ne lui apprend pas et qu'il n'y a aucune structure pour lui apprendre?
Donc, il faut que ceux qui se destinent au métier de commerçant puissent apprendre ce métier, car c'est un vrai métier qui nécessite des connaissance non seulement dans la branche choisie, mais pour toutes les branches, des bases solides de comptabilité, et bien sur d'instruction (lire/écrire);
enfin, l'EDUCATION: c'est la base de tout. Il est frappant de constater la bonne éducation des anciens, toutes classes sociales confondues, et celle des jeunes générations. Ce problème n'est pas spécial à l'Affrique, je pourrai même dire qu'il est pire en europe et surtout en FRANCE. D'où vient le mal? J'ai une hypothèse, mais qui vaut ce qu'elle vaut: je pense que les programmes scolaires sont devenus d'une pauvreté affligeante (je parle pour ceux que je connais, les français, mais le problème est surement le même pour les programmes sénégalais). Je viens de me livrer à un petit exercice, qui m'a été envoyé de FRANCE: le sujet d'examen au CERTIFICAT D'ETUDES PRIMAIRES de 1930! édifiant, et je pense que même les bacheliers de nos jours, seraient tous recalés! Alors, je fais bien sur la différence entre l'éducation et l'instruction, mais je pense que plus vous acquerez une bonne instruction, plus vous développerez une bonne éducation. c'est une opinion personnelle qui n'engage que moi.
Dès lors que ces quelques mesures élémentaires et indispensables auront été prises, vous aurez fait basculé bon nombre d'infomels dans le secteur formel, et là aussi, sans avoir dépensé, mais au contraire avoir fait un investissement qui rapporte.
Vous pourrez alors bien mieux cibler la population necessiteuse, chiffrer les besoins, et assurer une bonne distribution qui sera moins nombreuses, les mesures énoncées ci dessus ayant rapidement portées leurs fruits.
Ensuite, ou concomitamment, et c'est là le problème le plus important, vouloir faire face au COVID 19, c'est bien, mais c'est reléguer cette pendémie au stade d'une petite grippette, tant que vous ne vous serez pas débarrassé du cancer qui ronge tous les pays qui composent le continent D'afrique, je veux parler de la CORRUPTION.
La corruption, en AFRIQUE, est endémique, et énorme. Je parle de la corruption étatique, des détournements de fonds publics auxquels se livrent tous les présidents, ministres, et hauts fonctionnaires. Je ne m'étendrai pas sur la corruption en place et vigueur au Sénégal, puisque c'est celle que vous et moi connaissons le mieux, y vivant. Je dirai que dans ce domaine, l'unité de compte est le million d'euro, et qu'il n'y a pas de jour qui révèle un détournement conséquent, par des malfrats qui jouissent d'une impunité et protection présidentielle difficilement compréhensible. Cette coruption est d'autant plus importante, qu'elle est alimentée par un déversement sans précédent, de milliards de dollards et d'euros, par les pays européens, FMI, banque mondiale, autant d'oranisme qui ont tout intérêt à voir maintenir à la tête des pays africains des "hommes forts" (pour ne pas dire des dictateus) qui sauront maintenir une misère "acceptable et acceptée" par les peuples, afin d'éviter une immigration massive, tant redoutée par les pays européens, et permettre, il faut bien le dire, au reste du monde de venir faire son marché de matières premières à (trè) bon compte.
Pour résumer, je souscrit à votre analyse, mais la tient pour théorique, et me permet d'y rajoutter ce volet "pratique", dont je serai vivement intéressé d'avoir votre opinion:
1° URGENCE: éradiquer la corruption, principalement étatique (les autres "petites" coruptions se verront disparaitre petit à petit)
2° URGENCE: établissement d'un état civil fiable.
3°PRIORITE: une réforme sociale cohérente, développer la formation, l'instruction, et l'éducation.
Une fois ces réformes mises en place, vous aurez alors un etat fort, autonome, qui ne sera plus obligé d'aller mendier au reste du monde, quoi au juste, à part garnir le compte en banque des dirigeants et autres ministres, dans les paradis fiscaux? Les pays d'afrique seront alors reconnus et respectés sur le plan international, et enfin, enfin, les peuples africains, pourront vivre et marcher la tête haute, car ils auront pris leur destin en main.
Et enfin, "dommage collateral": vous aurez considérablement réduit la pauvreté dans les pays d'afrique, etles peuples pourront connaitre autre chose que le mépris, la misère et la pauvreté.
Vivant au SENEGAL, je me garderai bien de donner des leçons, je ne fais que donner mon opinion qui est le fruit de mon observation. Je suis ici en qualité d'invité, et ne l'oublie pas!
Avec tous mes respects,
Me François JURAIN

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