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Quand feu Mouhamadou MBODJ nous parle : «Dans le débat démocratique, il faut du respect mutuel.»

Dimanche 14 Mars 2021

Feu Mouhamadou Mbodj, ce baobab de la pensée, est encore aujourd’hui l’absent le plus présent de l’actualité nationale. Figure emblématique de la société civile sénégalaise, celui qui fut le Coordonnateur Général du Forum Civil a marqué son temps par la pensée, sa lucidité, sa noblesse, sa générosité, son ouverture d’esprit et sa tempérance. Il fut un modèle d’une rare élégance dans son domaine de prédilection qu’est la Bonne Gouvernance. Il aurait été encore aujourd’hui, l’un des rares à pouvoir nous concevoir un dictionnaire technique et critique des concepts de la Bonne Gouvernance, en usant de sa grande pédagogie pour l’enseigner à nos gouvernants et à nos élites de façon générale. Toute sa vie aura été une lutte pour la Transparence. Dans la subtilité de son langage, il avait toujours les mots justes pour capter l’attention de son interlocuteur. Il était plus qu’un missionnaire du présent.
 
Il croyait profondément aux vertus du dialogue, de la courtoisie, du respect et de la discipline dans la scène publique. On peut donc aisément le comprendre quand il disait que « dans le débat démocratique, il faut du respect mutuel ».
 
On peut aussi le comprendre dans sa lutte pour la bonne gouvernance, quand il déclare :
 
« On ne peut pas mettre en exergue la violation des droits d’une minorité qui a fauté, face aux droits de millions de personnes qui ont été violés parce que le service public qu’on devait leur offrir à travers des écoles et lycées, des soins de santé de qualité, n’a pas été fait. »
 
Feu Mouhamadou Mbodj sortait toujours de l’ordinaire surtout quand il s’agissait de parler de la corruption. Il disait ceci :
 
« Quand l’acteur est en face d’un système, il y a deux volontés qui s’entrechoquent: il vient dans la pureté et la naïveté de ses intentions, le système vient avec une surdétermination par rapport à des intérêts installés au cœur du système. C’est un combat. Ce n’est pas parce que vous prenez des décrets ou que vous faites voter des lois que le système vous suivra. Il faut conjuguer votre volonté à celle d’autres acteurs qui ont intérêt à mettre fin à la corruption. Ces acteurs, ce sont les citoyens lambda, premières victimes de la corruption. Maintenant, entre les citoyens lambda et les corrompus au sommet de l’Etat, il y a une chaine de redistribution intermédiaire entre eux, les politiques, certains marabouts, etc. Il faut donc une énorme volonté politique pour pouvoir faire face à cela, en mobilisant l’opinion et la citoyenneté. »
 
Il était surtout d’avis que « le besoin de réforme, ce n’est pas entre le pouvoir et l’opposition, c’est entre la société et ceux qui animent les institutions. »
 
Ses réflexions sont toujours d’actualité, lui qui nous a quittés depuis trois ans. Allah (SWT) l’accueille au Paradis, ainsi que tous ceux qui ont perdu la vie dans ce contexte de deuil national.
 
Cheikhou Oumar SOW
Journaliste
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