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Obama commue la peine de Chelsea Manning, WikiLeaks crie victoir

Mercredi 18 Janvier 2017

Obama commue la peine de Chelsea Manning, WikiLeaks crie victoir
Barack Obama a commué la peine de Chelsea Manning, condamnée à 35 ans de prison en 2013 pour avoir transmis des centaines de milliers de documents confidentiels au site Wikileaks, a annoncé mardi la Maison blanche. Soixante-quatre autres détenus ont été graciés et 208 autres peines ont été commuées par le président sortant, auquel succédera Donald Trump vendredi.
 
L'ex-soldat Bradley Manning, qui a depuis changé d'identité sexuelle et qui était libérable en 2045, verra finalement sa peine de prison expirer le 17 mai, après sept années de réclusion, a annoncé la Maison blanche. Chelsea Manning a fourni à WikiLeaks plus de 700.000 documents, vidéos, télégrammes diplomatiques et comptes rendus de terrain en 2010, alors qu'elle travaillait comme analyste du renseignement à Bagdad, la capitale irakienne. Un document vidéo datant de 2007 montrait notamment un hélicoptère américain faire feu sur des insurgés irakiens présumés, tuant une dizaine de personnes dont deux employés de Reuters.
 
Manning est détenue à la prison militaire pour hommes de Fort Leavenworth, dans le Kansas. Elle a commis deux tentatives de suicide en prison. Son avocat a estimé que la peine à laquelle elle a été condamnée excédait le droit international. Les associations de défense des droits civiques ont salué une décision tardive. "Chelsea Manning a exposé de graves abus, et en conséquence ses propres droits ont été violés par le gouvernement américain pendant des années", a dit Margaret Huang, la directrice générale d'Amnesty International aux Etats-Unis.
 
Sur Twitter, le compte de Wikileaks, citant Julian Assange, a crié "victoire", avant d'ajouter: "Merci à tous ceux qui ont fait campagne" pour accorder la "clémence" à Chelsea Manning. Plus tôt, l'organisation avait laissé entrevoir que la décision pourrait conduire Assange à revoir sa position à l'égard de la justice américaine susceptible de le poursuivre pour les publications de WikiLeaks.
 
"Si Obama accorde sa clémence à Manning, Assange acceptera une extradition vers les Etats-Unis en dépit du caractère inconstitutionnel évident du dossier du DoJ" (département de la Justice), annonçait WikiLeaks sur Twitter le 12 janvier. Julian Assange vit reclus dans l'ambassade équatorienne à Londres depuis 2012 pour éviter d'être extradé vers la Suède, où il fait l'objet d'une enquête pour viol, une accusation qu'il a démentie. Il a dit craindre que la Suède ne l'extrade à son tour vers les Etats-Unis, où une enquête est ouverte sur les activités de WikiLeaks.
 
Dans l'opposition républicaine, Paul Ryan, le "speaker" de la Chambre des représentants a déploré une décision "scandaleuse" instaurant un "dangereux précédent" pour les coupables de publication de documents de sécurité nationale. Depuis son arrivée en janvier 2009 à la Maison blanche, qu'il quittera vendredi, Barack Obama a gracié 212 condamnés et a commué 1.385 peines.
 
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