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MIDTERMS: La campagne présidentielle 2020 est déjà lancée

Mercredi 7 Novembre 2018

WASHINGTON (Reuters) - Cap sur 2020 et la Maison blanche. Le chapitre des élections de mi-mandat aux Etats-Unis est à peine refermé que s'ouvre la course à la présidence, une bataille qui s'annonce longue, coûteuse, acharnée et surpeuplée côté démocrate.

Malgré sa reconquête de la Chambre des représentants, le parti de Bill Clinton et Barack Obama entame ce nouveau cycle présidentiel sans favori clair, pour la première fois depuis le début de la campagne 2004.

Plus d'une vingtaine de noms circulent, dont celui du vice-président Joe Biden et une pléthore de sénateurs, gouverneurs, maires et dirigeants d'entreprise.

En face, le président Donald Trump, dont la cote n'a jamais dépassé 50% depuis son accession au pouvoir en janvier 2017, mais dont la popularité au sein du Parti républicain exclut a priori toute contestation interne.

Lors d'une conférence de presse organisée mercredi à la Maison blanche, il a annoncé que Mike Pence avait accepté d'être son colistier pour le scrutin de 2020.

"Mike, seras-tu mon colistier ?" a demandé le président américain à Mike Pence lors d'une conférence de presse à la Maison blanche. "La réponse est oui", a ajouté Donald Trump après avoir entendu la réponse du vice-président. "C'était inattendu mais je suis très content", a-t-il ajouté.

Les démocrates, qui pourraient se lancer tôt dans la course, cherchent encore à savoir quel candidat, quelle stratégie et quelle approche seront les mieux à même d'empêcher la réélection de l'homme d'affaires new-yorkais le 3 novembre 2020.

Quiconque émergera pendant le marathon des primaires démocrates, qui débutera dans l'Iowa en janvier 2020, devra savoir répondre à l'agressivité de Trump, tout en développant un programme alternatif attrayant et en réunissant l'aile gauche et l'aile centriste du Parti, en désaccord sur plusieurs dossiers.

"Il ne s'agit pas seulement de trouver la bonne personne pour battre Trump, mais aussi la personne qui a une vision pour unifier le pays", commente Jennifer Palmieri, directrice de communications de Hillary Clinton pendant la campagne de 2016.

"LE MODÈLE POUR 2020, C'EST GILLUM OU O'ROURKE"

Les démocrates jugent que les midterms ont fourni leur lot de "signaux encourageants", à commencer par le grand nombre de candidats débutants et la mobilisation de l'électorat et de la société civile contre la politique de Trump.

Même les défaites d'Andrew Gillum, qui a perdu son pari de devenir le premier gouverneur afro-américain de Floride, ou de Beto O'Rourke, qui a échoué de peu dans sa quête d'un siège de sénateur dans le bastion conservateur qu'est le Texas, ont donné des idées sur la manière de conduire une bonne campagne.

"Le modèle pour 2020, c'est Andrew Gillum ou Beto O'Rourke. Le candidat va devoir obtenir un large soutien populaire, aller partout et à la rencontre de tout le monde", affirme Neera Tanden, présidente du Center for American Progress, un think tank progressiste.

Les élections de mi-mandat ont notamment engendré un nombre record de candidatures féminines.

"Nous avons tout un ensemble de femmes des périphéries urbaines et d'électrices de moins de 40 ans qui sont tellement énervées par Trump qu'elles vont voter en masse", constate John Anzalone, sondeur du Parti démocrate.

Les candidats démocrates devront toutefois éviter d'amplifier les divergences entre l'élite du parti et son aile progressiste, exacerbées lors de la campagne 2016 par l'affrontement entre Hillary Clinton et Bernie Sanders.

"Ce sera la clé en 2020 - qui sera la bonne personne pour mettre en place cette alliance et la maintenir en vie ?", estime le représentant de l'Ohio Tim Ryan, un parmi les dizaines de démocrates cités comme possibles candidats.

"Il faut penser à la manière dont nous pouvons mettre sur pied une nouvelle coalition progressiste qui intégrera les indépendants et les républicains modérés, les femmes indépendantes et les personnes de la classe ouvrière", dit-il.

TRUMP PRÊT AU COMBAT

Les candidats démocrates ayant eu le plus de succès pendant les midterms ont été capables à la fois d'évoquer la nécessité de contrôler la politique de Trump et d'en offrir une vision alternative et libérale.

En vue de la présidentielle, le Parti démocrate pourrait bien compter plus de prétendants que les 17 candidats alignés par le Parti républicain en 2016.

Des caciques du Parti sont mentionnés, comme l'ancien vice-président Joe Biden, 75 ans, ou la sénatrice Elizabeth Warren, 69 ans. Parmi les autres possibles candidats moins connus, on cite le gouverneur du Montana Steve Bullock, les anciens gouverneurs Deval Patrick (Massachusetts) ou Terry McAuliffe (Montana), le maire de Los Angeles Eric Garcetti ou l'ancien maire de La Nouvelle-Orléans Mitch Landrieu.

Face à une telle abondance, de nombreux prétendants devraient se lancer tôt dans la bataille. Un seul a pour l'instant officialisé sa candidature, le peu connu représentant du Maryland John Delaney.

Donald Trump, qui a brigué sa réélection le jour même de son investiture, est prêt au combat. Il n'a cessé de dénigrer ses potentiels adversaires démocrates pendant la campagne des midterms, il a déjà trouvé son slogan pour 2020 ("Keep America Great", après "Make America Great Again" - "Garder la grandeur de l'Amérique" après "Rendre sa grandeur à l'Amérique") et a levé plus de 100 millions de dollars de fonds.

Aucun concurrent sérieux ne devrait lui faire de l'ombre lors des primaires républicaines. Seuls John Kasich, le gouverneur de l'Ohio déjà candidat aux primaires 2016, ou le sénateur de l'Arizona Jeff Flake, deux fréquents détracteurs de la politique trumpienne, pourraient présenter une candidature symbolique.

Les démocrates ne se font aucune illusion sur la tonalité de la campagne à venir. Ancien présentateur de téléréalité, Trump a prouvé à maintes reprises sa capacité à abreuver d'injures ses opposants et à transformer les polémiques en cris de ralliement pour sa base électorale.

Ce ne sera cependant plus lui la surprise, comme il l'avait été en 2016 contre Hillary Clinton, symbole honni de l'establishment.

Cette fois, les démocrates affirment qu'ils doivent être les moteurs du changement.

"Si la campagne se résume à un duel entre Trump et quelqu'un qui défend les années Obama, nous aurons de gros problèmes", résume Neera Tanden.

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