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Le procès pour viol et diffamation contre Donald Trump tire à sa fin

Lundi 8 Mai 2023

Le procès au civil contre Donald Trump à New York, accusé de viol et diffamation par une ancienne journaliste, touche à sa fin avec, lundi, une nouvelle passe d’armes lors des plaidoiries des avocats de la plaignante et de la défense.
 
Le jury du tribunal fédéral de Manhattan s’était séparé la semaine dernière sur une vidéo d’une déposition de l’ancien président des États-Unis, datant d’octobre, dans laquelle il se défendait face à l’avocate d’E. Jean Carroll, Roberta Kaplan.
 
Cette vidéo de 48 minutes a été rendue publique vendredi et diffusée par la presse.
« Personne, pas même un ancien président, n’est au-dessus de la loi », a martelé en ouvrant sa plaidoirie MKaplan, s’adressant à un jury civil de six hommes et trois femmes.
 
Mme Carroll, ex-journaliste et chroniqueuse du magazine Elle, aujourd’hui âgée de 79 ans, avait accusé Donald Trump dans un livre en 2019 de l’avoir violée dans une cabine d’essayage d’un grand magasin de luxe de New York, au milieu des années 1990.
 
Elle avait ensuite porté plainte contre lui pour diffamation, puis en novembre dernier pour viol dans une action au civil grâce à une nouvelle loi de l’État de New York, permettant aux victimes d’agressions sexuelles de relancer leur action en justice au civil malgré des faits prescrits au pénal.
 
Elle « n’avait pas crié »
 
Mme Kaplan a rappelé que sa cliente avait témoigné devant le tribunal « durant plus de deux jours complets, répondant à chaque question », notamment sur « les raisons pour lesquelles elle n’avait pas crié » lors des faits présumés il y a plus de 25 ans.
 
M. Trump ne s’est pas présenté au tribunal mais des extraits de la vidéo, enregistrée lors de la procédure en octobre, ont été diffusés jeudi.
 
« C’est l’histoire la plus ridicule, la plus dégoûtante. C’est une invention de toutes pièces », a-t-il assuré en qualifiant E. Jean Carroll de « menteuse » et de « malade ».
 
Il a répété ne pas la connaître et assuré qu’elle n’était « pas [son] genre ». Mais, une fois que l’avocate lui avait montré une photo de lui avec E. Jean Carroll lors d’une soirée, des années avant leur rencontre présumée de 1996, il l’a confondue avec son ex-femme Marla Maples.

« La vérité c’est que » E. Jean Carroll « était exactement son genre », a rétorqué lundi MKaplan.
 
Contre-attaque
 
Le camp Trump a contre-attaqué.
 
S’adressant aux jurés, l’avocat de l’ancien locataire de la Maison-Blanche, Joe Tacopina, combattif, a lancé : « Ils veulent que vous le détestiez suffisamment pour ignorer les faits ».
 
Il a pointé des incohérences dans les témoignages de Mme Carroll et de ses témoins et un manque de preuves matérielles.
 
Certes, a concédé MTacopina, son client peut s’exprimer de manière « crue » sur les femmes, mais « cela ne rend pas crédible une histoire incroyable ».
 
Dans sa vidéo d’octobre, M. Trump était invité à réagir à une autre vidéo beaucoup plus ancienne et connue, en 2005, où on l’entend se vanter d’embrasser et toucher à sa guise les femmes qui lui plaisent, et d’ajouter : « quand tu es une vedette, elles te laissent faire. Tu peux tout faire. Les choper par la chatte ».
 
« C’est historiquement vrai pour les vedettes […] si vous regardez ces derniers millions d’années, je pense que c’est vrai en grande partie, pas toujours, mais en grande partie, qu’on le déplore ou non », a-t-il dit en octobre.
 
« Bon sens »
 
Lundi, son avocat en a appelé au « bon sens » du jury assurant que si son client avait agressé E. Jean Carroll dans la cabine d’essayage, « il aurait été immédiatement arrêté ».
 
Il n’existe pas de témoin oculaire de la scène décrite dans les rayons du magasin, mais deux amies de la plaignante ont confirmé devant le tribunal qu’elle leur avait confié, pour l’une quelques minutes plus tard, pour l’autre dans les jours suivants, qu’elle avait été « agressée » ou « attaquée » par l’homme d’affaires.
 
Mais pour MTacopina, Mme Carroll « n’est jamais allée voir la police parce que cela n’est arrivé ».
 
L’avocat a dénoncé une machination pour que E. Jean Carroll vende mieux son livre de 2019. Puis pour nuire politiquement à Donald Trump, qui compte reconquérir la Maison-Blanche en 2024.
Le jury doit se retirer pour délibérer mardi.
 
Le verdict, plus tard cette semaine, ne relèvera pas du pénal mais du civil, et devra déterminer l’éventuelle responsabilité de Donald Trump et le montant des dommages-intérêts. (AFP)
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