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Le chef de la diplomatie britannique en visite à Banjul

Mardi 14 Février 2017

Banjul (Gambie) - Le chef de la diplomatique britannique, Boris Johnson, a salué mardi à Banjul le nouveau gouvernement Barrow, se félicitant notamment du retour annoncé de la Gambie dans le Commonwealth.

Il a également promis le soutien de Londres à la réforme du système judiciaire en Gambie, à laquelle se sont engagées les nouvelles autorités du pays.

Premier chef de la diplomatie britannique à se rendre en Gambie depuis l'indépendance de cette ex-colonie britannique en 1965, il a rencontré le nouveau président Adama Barrow, élu le 1er décembre, ainsi que le nouveau ministre de l'Intérieur, Mai Fatty.

Les récentes élections en Gambie ayant mis fin aux 22 ans de pouvoir autoritaire de Yaya Jameh, "soulignent le renforcement continue de la démocratie en Afrique de l'Ouest", avait estimé M. Johnson, à la veille d'entamer dans la capitale gambienne sa première visite en Afrique en tant que ministre des Affaires étrangères.

Un conseiller spécial britannique va être nommé pour aider le ministère de la Justice à réformer le secteur judiciaire, entaché par une litanie de violations des droits de l'Homme durant le régime de Yayah Jammeh, a indiqué à l'AFP une source diplomatique.

M. Fatty avait fait visiter lundi la prison de Mile Two aux journalistes locaux, leur faisant découvrir des cellules de béton plongées dans une obscurité quasi complète, où les détenus croupissent dans la crasse et a présenté des excuses devant les caméras pour de telles conditions de détention.

Selon M. Johnson, ses discussions avec M. Barrow ont également permis de consolider les efforts de la part de la Gambie pour réintégrer le Commonwealth, qui regroupe 52 Etats pour la plupart anciennes colonies britanniques et dont Banjul avait claqué la porte en 2013 le jugeant comme "un prolongement de la colonisation" britannique.

"Le président Barrow est déterminé à ramener la Gambie au sein du Commonwealth et le Commonwealth est prêt à accueillir de nouveau la Gambie", a déclaré M. Johnson, assurant qu'il ferait tout son possible pour "accélérer" le processus.

Dans un message vidéo posté sur son compte Twitter, Boris Johnson a complimenté l'administration Barrow : "ils se sont débarrassé d'un type qui freinait tout, et eux ils vont faire avancer le pays", a-t-il dit.

Les relations avec Londres étaient souvent difficiles durant le règne de M. Jammeh qui, après avoir refusé de reconnaître sa défaite à la présidentielle, a finalement quitté le pays le 21 janvier pour un exil en Guinée équatoriale, à la suite d'une intervention militaire de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao, 15 Etats).

M. Johnson a lui même un certain passif en matière de controverses avec les anciens territoires de l'Empire britannique en Afrique.
Dans un éditorial publié en 2002, il avait qualifié de "foules de négrillons agitant des drapeaux" les Africains du Commonwealth accueillant la reine Elizabeth II sur le continent.

Il y avait également estimé qu'à l'arrivée du (Premier ministre de l'époque) Tony Blair au Congo, "les guerriers tribaux arboreront des sourires de pastèque pour voir le grand chef blanc atterrir".

Le nouveau gouvernement gambien a également annoncé lundi qu'il renonçait à quitter la Cour pénale internationale (CPI), une juridiction dont l'ex-président Jammeh avait annoncé le retrait de son pays, l'accusant de "persécution envers les Africains, en particulier leurs dirigeants".

Après la Gambie, M. Johnson doit se rendre au Ghana mercredi pour y rencontrer un autre président élu récemment, Nana Akufo-Addo, qui a été investi le 7 janvier dernier.
 
 
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