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Le Président qui a peur de son ombre !

Mardi 11 Avril 2017

Le Président qui a peur de son ombre !
Mille et un projets lancés dans le cadre du fameux fourre-tout appelé Plan Sénégal Emergent (PSE), on en attend les retombées même si des apprentis-sorciers tentent de nous convaincre sans cesse que le pays a changé en…bien. Un pouvoir empêtré dans mille et un scandales économico-financiers que des officines s’échinent à étouffer par mille et une astuces sans grande ingéniosité.
 
Une bérézina à peu près généralisée dans le domaine stratégique de la bonne gouvernance et de la transparence : Abdoulaye Wade a fait faillite à ce niveau, mais l’échec de Macky Sall est encore plus dramatique et insupportable au regard des missions qui pesaient sur ses épaules, de ses propres engagements, et des attentes du peuple sénégalais.  
 
Cinq ans après la chute de Me Wade, le Sénégal végète encore dans les eaux fétides de politiciens cyniques, corrompus, arrogants, issus autant des entrailles du parti-Etat que de zones périphériques prises d’assaut par une meute assoiffée de prébendes qui, l’histoire le retiendra, a finalement accepté au chef d’Etat en exercice tout ce qu’elle a refusé au «peuple» des Assises nationales.
 
Cinq ans après la fin du Sopi, le Sénégal s’est embourbé dans une impasse multidimensionnelle qui met en danger le pays tout entier. La faute pas seulement à un Président incompétent, en déficit d’épaisseur et de hauteur, incapable d’être juste et bien dans ses nobles fonctions, sectaire et clanique, adepte de l’impunité sélective, politicien tout court… La faute également et surtout à cette volonté forte d’affaisser tous les contre-pouvoirs en les mettant au contact direct de l’argent et des privilèges. Le Président n’aime pas les secousses. Il en a peur malgré sa grande expérience politique au plus haut sommet de l’Etat.
 
Or, ces contre-pouvoirs sont, dans une démocratie même relativement acceptable dans son fonctionnement, des piliers qui savent alerter et agir contre les dépassements de ligne rouge. Ils ont été corrompus, pour l’essentiel. La presse en général n’a pas échappé à cette soif de puissance. C’est que le Président a peur de tout, même de son ombre.
 
Cinq ans après son arrivée au pouvoir, le président par défaut s’est forgé une bien sulfureuse réputation : autoritaire sans cause, «confiscateur» des libertés démocratiques, maître dans l’interdiction systématique des manifestations publiques de ses opposants au travers d’un salmigondis de faux-fuyants répétitifs, rétif à toute forme d’opposition dont il pense qu’elle est une menace contre lui… Après, ses hérauts vont se plaindre que ses déplacements à l’étranger soient perturbés !
 
Cinq ans après, l’ambiance sénégalaise est irrespirable, le tour de vis contre la démocratie est passé par là dans ce pays livré aux forces économiques étrangères. Un Président règne aux côtés de sa famille, de ses amis, de ses nouveaux griots comme dans un royaume où le peuple est sujet. Ce Président a un nom très enviable : déception.
 
La JUSTICE est l’épine dorsale d’une démocratie, le pilier du principe de la séparation des pouvoirs, le pouvoir qui, seul, a le pouvoir d’arrêter un pouvoir. Cinq ans après son élection, Macky Sall a gravement échoué sur ce plan. Le reste, c’est des histoires…

 
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