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La police philippine enlève et tue un homme d'affaires sud-coréen

Mercredi 18 Janvier 2017

Manille - Des policiers philippins ont enlevé et tué un homme d'affaires sud-coréen puis fait croire à son épouse qu'il était encore en vie afin de lui extorquer de l'argent, ont annoncé les autorités mercredi.

Ce meurtre est le dernier d'une longue série d'actes criminels commis par des membres de la police philippine, considérée comme l'une des institutions les plus corrompues de l'archipel. Il alimente les inquiétudes quant à son rôle dans la meurtrière campagne antidrogue du président Rodrigo Duterte (photo).

La victime a disparu de son domicile d'Angeles (nord) en octobre 2016 et son épouse a versé dans un premier temps une rançon de cinq millions de pesos (94.000 euros), a déclaré à l'AFP un porte-parole de la police nationale, Dionardo Carlos.

Mais le jour même de son enlèvement, l'homme d'affaires a été étranglé et sa dépouille a été incinérée dans un crématorium appartenant à un ex-officier de police, selon un responsable du ministère sud-coréen des Affaires étrangères, citant l'enquête philippine.

Le ministère sud-coréen a identifié la victime seulement sous son nom de famille, Ji, ajoutant qu'elle avait une cinquantaine d'années.

D'après M. Carlos, Ricky Santa Isabel, l'un des policiers accusés d'être allé chez M. Ji au prétexte d'une opération antidrogue afin de l'y enlever, s'est rendu cette semaine. Deux autres policiers qui l'avaient accompagné font l'objet d'une enquête tandis qu'un officier à la retraite a fui au Canada.

La presse philippine a rapporté qu'après la première rançon, les ravisseurs ont réclamé 4,5 millions de pesos supplémentaires à sa femme en prétendant que leur victime était encore en vie.

Certains parlementaires et médias estiment que cette affaire illustre la façon dont les policiers corrompus profitent des libertés que leur a donné M. Duterte pour étendre leurs activités illégales.

M. Duterte encourage les policiers à abattre les trafiquants de drogue et toxicomanes présumés, promettant de leur éviter des poursuites.
Près de 6.000 personnes ont été tuées depuis sa prise de fonctions le 30 juin.

M. Carlos a soutenu que l'enlèvement de M. Ji n'avait rien à voir avec la guerre contre la drogue, expliquant que les enlèvements commis par des policiers étaient un problème ancien.
"C'est un vieux mode opératoire où des flics ripoux prétextent une opération antidrogue et la transforment en enlèvement contre rançon".

Selon un rapport 2015 du médiateur national, la police est l'une des institutions les plus corrompues des Philippines.
 
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