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LE MAOULOUD ET LES DEFIS DE L’INTROSPECTION AU SENEGAL : Suffit-il de célébrer l’anniversaire de la naissance du prophète (PSLF) pour guérir de nos maladies ?

Vendredi 9 Décembre 2016


Par Ahmadou Makhtar Kanté (*)
Dans quelques jours, sera célébré dans nombre de pays musulmans, l’anniversaire de la naissance du prophète (PSLF) « mawlûdun nabiy » appelé « Gamou » au Sénégal. C’est là une bonne occasion de parler de sa genèse, des controverses doctrinales y afférentes et aussi des liens qui peuvent exister entre cette célébration et les défis d’introspection pour que guérisse le Sénégal de ses maladies sociétales. Dans cette optique, nous défendons l’idée selon laquelle : l’amour pour le prophète Muhammad (PSLF) passe du déclaré à la vérité, seulement si nous en puisons la force de changer pour le meilleur. A ce sujet, il convient de bien méditer ce verset : « Dis: «Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi, Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés. Allah est Pardonneur et Miséricordieux » (Le Coran, 3 : 31)Nous en comprenons que ce qui est prétendu être amour pour Dieu doit se vérifier ou s’éprouver par la fidélité aux enseignements de la vie du prophète (PSLF), condition d’obtention de l’amour et du pardon de Dieu. Nous devons aimer Muhammad (PSLF) le sceau des prophètes pour les sublimes vertus qui sont les siennes, pour la miséricorde qu’il incarne, et pour la guidance infaillible dont il est dépositaire afin que par elles, nous soyons transformés en vue d’être dignes de l’amour de Dieu et de Son agrément.  
Controverses doctrinales et stratégies de prédication
Il existe un débat séculaire sur le statut cultuel de la célébration du Maouloud. Pour les théologiens détracteurs de cette célébration, il n’existe aucune référence scripturaire ni dans le Coran ni dans les Hadiths qui en fondent la légalité cultuelle. De plus, il n’y a pas de preuve qu’elle a été célébrée par les trois premières générations de musulmans, à savoir, les compagnons du prophète (PSLF), les suivants et leurs suivants. On a demandé au prophète (PSLF) pourquoi il avait l’habitude de jeûner le lundi et il répondit : « c’est le jour de ma naissance. » D’autres hadiths mentionnent que le lundi est le jour du début de la révélation, de l’Hégire, du décès du prophète (PSLF) et du soulèvement de la pierre noire de la Kaabah. Pourquoi alors ne pas célébrer tous ces évènements ? Pour les oulémas qui rejettent cette célébration, le bien-fondé d’un culte se justifie de références scripturaires et de la pratique du prophète (PSLF) alors qu’en la matière, l’initiative libre est bannie et qualifiée de Bid ‘ahau sens d’innovation blâmable. S’y ajoute qu’on ne trouve dans aucun traité de Fiqh (« droit » islamique), un chapitre qui traite du Maouloud alors que pour tous les autres cultes, il existe un « protocole » prescrit par le Coran et/ou les hadiths sur le temps légal, les invocations à prononcer, la forme, le lieu, les mérites y afférents, la sanction pour quiconque ne l’accomplit pas, etc. Il faut noter aussi qu’autant nombre de oulémas de la biographie du prophète (PSLF) sont en accord sur ceci que sa naissance est survenue eu mois de Rabî al Awwal, autant il n’y a pas d’unanimité sur le jour. A ce sujet, deux avis semblent les plus défendus : le 8 et le 12 du mois précité.
Tout en reconnaissant l’argument fondamental de ceux qui se veulent gardiens de l’orthodoxie relatif à l’absence de référence scripturaire, les militants et défenseurs de la célébration du Maouloud considèrent qu’il s’agit juste d’une occasion hautement symbolique pour  sensibiliser les musulmans sur le personnage du prophète (PSLF) que le Coran est le premier à magnifier. Il se trouve que certains vont chercher dans le Coran tout verset qui leur semble « prouver » la légalité dans le culte musulman de cette célébration avec à l’arrivée de laborieux efforts d’interprétation « nouvelle » qui vaut ce qu’elle vaut. En effet, ces interprétations de légitimation de la célébration du Maouloud établissent un lien entre des versets et cet évènement qu’on ne trouve pas dans les exégèses classiques. En vérité, ce qui pose le plus problème, c’est la thèse qui consiste à accorder à la célébration du Maouloudune valeur cultuelle en soi. En effet, cette position se décline à travers des affirmations du genre : « quiconque célèbre le Maouloud aura telle ou telle rétribution de la part de Dieu », « quiconque célèbre le Maouloud à tel endroit sera rétribué par Dieu, verra ses péchés absous et ses vœux exaucés » et cela, en rapport avec un lieu sacralisé par un leader religieux et/ou ses adeptes. En face, les contradicteurs de cette position font savoir qu’aucune référence scripturaire sans équivoque ni dans le Coran, ni dans les Hadiths ne vient étayer  un mérite quelconque lié à la célébration du Maouloud. On peut alors se demander sur quelle base des leaders religieux ont-ils pu lier ladite célébration à des mérites et récompenses spirituelles ? Si on prend le cas du Sénégal, où la célébration du Maouloud a commencé à mobiliser des foules au XIXe voire XXe siècle, une réponse pourrait être que dans une ambiance « Maouloudiste » portée par les écoles de pensée les plus répandues à l’époque en plus de l’absence d’ouvrages spécialisés sur les sciences du Hadith et de la biographie du prophète (PSLF), il n’ était  pas évident de vérifier le degré d’authenticité des nombreux dires et écrits qui circulaient sur ce sujet. Cette réponse nous semble vraisemblable en ce que ces leaders religieux militants de la célébration du Maouloud n’ont pas pu inventer des mérites dont le bien-fondé ne peut se justifier que du Coran ou du Hadith et non des opinionsou des préférences des uns et des autres.
Toujours est-il qu’au Sénégal, dans le cadre des stratégies de prédication et d’appel islamique, des leaders religieux ont procédé à une opération de substitution dans laquelle le Maouloud occupera une place de plus en plus significative. En effet, évoluant entre les pratiques des populations adeptes de religions traditionnelles négro-africaines ou nouvellement converties à l’Islam et les efforts d’assimilation du colon français, ces dits leaders musulmans optent pour une stratégie douce. Ils s’attèlent à substituer lors de la célébration du Maouloud, le personnage du prophète (PSLF), ses vertus et enseignements, aux personnages, mythes et croyances des populations locales. C’est ainsi que lors de la célébration, entre autres activités, sont psalmodiés des versets du Coran, et déclamés des poèmes élégiaques et panégyriques en direction du prophète (PSLF), de ses compagnons et des leaders religieux qui assurent la tutelle de l’événement. D’autre part, une démarche en intelligence avec le contexte a été réalisée à travers le marquage de l’espace communautaire des populations converties relativement à l’endroit de la mosquée, de l’école coranique, de la maison du chef religieux et les dénominations analogues de villes symboliques en Islam même déformées dans leur prononciation locale. C’était aussi l’occasion de récolter des biens pour différentes utilisations communautaires et aux fins de propagation de l’appel islamique.  Nul ne peut nier que ces stratégies ont eu des résultats intéressants au plan de la popularisation de l’islam et notamment du personnage du prophète (PSLF). C’était aussi l’occasion pour le leader religieux de procéder à des conversions et d’accéder à la demande de célébration réclamée par d’autres communautés. Cela a fortement contribué à la « décentralisation  (le centre étant le lieu de résidence du leader religieux)» de la célébration avec toutes les conséquences qui pouvaient en découler en terme d’islamisation des terroirs et des communautés.
Il se trouve que depuis quelques décades, des arabisants formés en général dans les pays arabes et en contact avec les idées des réformateurs musulmans du XVIIIe siècle ontcritiqué le dévoiement, selon eux, de la célébration du Maouloud vers le culte de personnalité des leaders religieux, les flatteries à l’égard des autorités politiques, le non-respect des heures de prières, la promiscuité entre hommes et femmes, etc. Certains leaders religieux conservateurs et désireux de bien garder leur auditoire vont dégager en touche et vouer aux gémonies ces nouveaux acteurs de l’appel islamique tandis que d’autres plus sensibles à la critique vont essayer d’apporter des correctifs à la célébration.  Cette démarche peut être assimilée à une opération de contre-réforme qui permet de garder la communauté sous contrôle tout en apportant des réponses aux esprits curieux qui pourraient être sensibles aux arguments des « réformistes » et être tentés de les rejoindre ou tout au moins ne plus se sentir « obligés » d’assister à certaines célébrations.
De ce qui fonde la grandeur et le statut du prophète Muhammad (PSLF) dans le Coran 
Au-delà des termes de la controverse doctrinale, passons maintenant à la (re)découverte du personnage qui est au centre du sujet à travers des versets incontournables et qui vont nous aider à mieux cerner son statut et la grandeur y associée.

Tous les prophètes ont su qu’il allait venir et se sont engagés à croire en lui et à le soutenir si cela se passait de leur vivant« Et lorsqu’Allah prit cet engagement des prophètes: «Chaque fois que Je vous accorderai un Livre et de la Sagesse, et qu’ensuite un messager vous viendra confirmer ce qui est avec vous, vous devez croire en lui, et vous devrez lui porter secours.» Il leur dit: «Consentez-vous et acceptez-vous Mon pacte à cette condition?» - «Nous consentons», dirent-ils. «Soyez-en donc témoins, dit Allah. Et Me voici, avec vous, parmi les témoins » (Le Coran, 3 : 81), et plus le temps de son avènement s’approchait et plus il était mentionné avec force détails dans la Thora révélée à Moïse et dans l’Evangile de Jésus« Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu’ils trouvent écrit (mentionné) chez eux dans la Thora et l’Evangile. Il leur ordonne le convenable, leur défend le blâmable, leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises, et leur ôte le fardeau et les jougs qui étaient sur eux. Ceux qui croiront en lui, le soutiendront, lui porteront secours et suivront la lumière descendue avec lui ; ceux-là seront les gagnants. » (7 : 157)Il est aussi, à la fois, le vœu exaucé de son aïeul Ibrahim « Notre Seigneur! Envoie l'un des leurs comme messager parmi eux, pour leur réciter Tes versets, leur enseigner le Livre et la Sagesse, et les purifier.

Car c'est Toi certes le Puissant, le Sage! » (2 : 129) ;
etla belle annonce de son frère Jésus : « Et quand Jésus fils de Marie dit : «Ô Enfants d’Israël, je suis vraiment le Messager d’Allah [envoyé] à vous, confirmateur de ce qui, dans la Thora, est antérieur à moi, et annonciateur d’un Messager à venir après moi, dont le nom sera «Aḥmad» (61 : 6);
Il est envoyé comme miséricorde à tous les humains comme à tous les jinns, les deux créatures douées de raison et de libre arbitre « Et Nous ne t’avons envoyé qu’en miséricorde pour les mondes » (Le Coran, 21 : 10) ; « Dis: «Ô hommes! Je suis pour vous tous le Messager d’Allah, à Qui appartient la royauté des cieux et de la terre. Pas de divinité à part Lui.». (Le Coran, 7 : 158) ; « Dis: «Il m’a été révélé qu’un groupe de djinns prêtèrent l’oreille, puis dirent: «Nous avons certes entendu unCoran merveilleux,qui guide vers la droiture. Nous y avons cru, et nous n’associerons jamais personne à notre Seigneur » (72 : 1-2) Il est aussi témoin pour sa Oumma« Et aussi Nous avons fait de vous une communauté de juste milieu afin que vous soyez témoins pour les hommes, comme le Messager sera témoin pour vous » (2 : 143), et celui par qui est clôturée la religion révélée et le phénomène prophétique : « Muḥammad n’est aucunement le père de l’un de vos hommes (mâles), mais le messager d’Allah et le sceau des prophètes. Allah est Omniscient » (Le Coran, 33 : 40) ; « Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J’agrée l’Islam comme religion pour vous » (5 : 3)
Il est la voie en ce qu’il est consacré par le Coran comme le modèle de musulman agréé par Dieu et c’est en étant fidèle à ses enseignements et sa pratique que l’on est assuré d’obtenir l’amour de Dieu et Son pardon« Dis: «Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi, Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés. Allah est Pardonneur et Miséricordieux » (3 : 31) ; « Quiconque obéit au Messager obéit certainement à Allah.

Et quiconque tourne le dos... Nous ne t’avons pas envoyé à eux comme gardien » (4 : 80) ; « Quiconque obéit à Allah et au Messager... ceux-là seront avec ceux qu’Allah a comblés de Ses bienfaits: les prophètes, les véridiques, les martyrs, et les vertueux. Et quels bons compagnons que ceux-là! » (4 : 69) ; « Et suivez-le afin que vous soyez bien guidés». » (7 : 158) ; « Dis: «Obéissez à Allah et obéissez au messager. S’ils se détournent, ...il [le messager] n’est alors responsable que de ce dont il est chargé; et vous assumez ce dont vous êtes chargés. Et si vous lui obéissez, vous serez bien guidés» (24 : 54) ; « Vous avez, dans le Prophète de Dieu, un bel exemple » (33 : 21) ; « Certes, Tu es d’une moralité éminente » (68 : 4) ; « Et en vérité tu guides vers un chemin droit, le chemin d’Allah à Qui appartient ce qui est dans les cieux et ce qui est sur laterre » (42 : 52-53)
Il est également porteur d’une triple mission ; réciter le Coran au monde, enseigner et purifier « Allah a très certainement fait une faveur aux croyants lorsqu’Il a envoyé chez eux un messager de parmi eux-mêmes, qui leur récite Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la Sagesse, bien qu’ils fussent auparavant dans un égarement évident. " (3 : 164)
Il est le premier interprète du Coran et celui qui en applique les commandements de la façon dont Dieu le veut. Il est aussi le juge qui sert d’arbitre en cas de divergence : « Et à toi, Nous avons révélé le Coran, afin que tu explicites aux gens ce qui a été révélé pour eux et afin qu’ils réfléchissent. » (16/44); « Puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. » (4 : 59) ; « Non!... Par ton Seigneur! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle gêne pour ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement » (4 : 65) ;
Il est grand dans la soumission à Dieu : « Dis-[leur]: «Je ne vous dis pas que je détiens les trésors d’Allah, ni que je connais l’Inconnaissable, et je ne vous dis pas que je suis un ange. Je ne fais que suivre ce qui m’est révélé » (6 : 50) ; «  Dis: «Je suis en fait un être humain comme vous. Il m’a été révélé que votre Dieu est un Dieu unique! Quiconque, donc, espère rencontrer son Seigneur, qu’il fasse de bonnes actions et qu’il n’associe dans son adoration aucun autre à son Seigneur» (18 : 110) ; « En effet, il t’a été révélé, ainsi qu’à ceux qui t’ont précédé: «Si tu donnes des associés à Allah, ton œuvre sera certes vaine; et tu seras très certainement du nombre des perdants. » (39 : 65) ; « Dis: «Il m’a été ordonné d’adorer Allah en Lui vouant exclusivement le culte, et il m’a été ordonné d’être le premier des Musulmans. Dis: «Je crains, si je désobéis à mon Seigneur, le châtiment d’un jour terrible». Dis: «C’est Allah que j’adore, et Lui voue exclusivement mon culte. » (39 : 11-14)
Preuves d’amour, introspection et espérance de guérison
Déclarer son amour pour le prophète (PSLF) est une chose qui honore son auteur. Mais suffit-il de s’en limiter au déclaré pour mener une bonne vie ici-bas et gagner le salut dans l’au-delà ? Que non, il faut donner des preuves de son amour pour le prophète (PSLF). On comprend du Coran que plus cet amour est sincère et profond plus celui qui prétend l’éprouver doit en tirer la force de bien se conduire dans la vie de tous les jours.

Le prophète (PSLF) était très aimé de son oncle Abu Talib mais seulement d’un amour filial, par conséquent, il n’a pas été sauvé en raison de son refus de devenir musulman tout en reconnaissant la véracité de son neveu. L’amour pour le prophète (PSLF) qui peut nous sauver est celui qui nous fait le prendre comme modèle duquel nous nous inspirons tous les jours. C’est dans cette optique que nous faisons l’articulation entre le prophète Muhammad (PSLF) comme modèle et l’actualité au Sénégal. Tout le monde pointe du doigt la crise des valeurs et la perte de repère. Divers fléaux et drames récents doivent attirer notre attention sur cette société qui est en train de voir des changements inquiétants en son sein sans pour autant mettre en place des initiatives pertinentes et durables pour faire face.

Dans une logique d’espérance de guérison, célébrer l’anniversaire de la naissance du prophète Muhammad (PSLF) devrait servir de prétexte pour stimuler l’envie d’introspection et de changement pour le meilleur. Sinon, milles déclarations d’amour pour le prophète (PSLF) ne pourront empêcher notre société de sombrer dans la déréliction, que Dieu nous en préserve ! Le but dans les lignes qui suivent est donc de voir en quoi on peut passer de l’amour prétendu au changement qui sauve sur la base d’un état des lieux des maladies de la société sénégalaise.

Mais, il importe de retenir que s’inspirer du modèle que constitue le prophète (PSLF) requière connaissance et intelligence pour savoir ce qui constitue le fondamental dans la voie qu’il nous a enseignée et ce qui relève de la contingence et qui peut prendre différentes formes dans le temps et dans l’espace. Dans ce cadre, il faut se rappeler la réponse de notre mère Aicha à la question sur le comportement moral du prophète (PSLF) : « sa moralité était inspirée du Coran »
Voici qu’on se prévaut d’un amour pour le prophète (PSLF) à nul autre pareil sans que ses vertus cardinales ne guident nos attitudes et comportements de tous les jours.

C’est ainsi qu’au prétexte de se protéger mystiquement, ce qui veut dire que tout le monde a peur de tout le monde alors qu’on est musulman quand même, la place que prend de plus en plus dans le mental et les pratiques des sénégalaises et des sénégalais, le recours à la divination, au charlatanisme, à la sorcellerie et à toutes sortes de croyances similaires et qui font des dégâts apparents et occultes inestimables est inquiétante. Le prophète (PSLF) rejetait ces croyances et gardait une totale confiance en Dieu sans rien Lui associer.

Le combien est idolâtré et peu de gens sont de nos jours capables de résister à la tentation de faire n’importe quoi pour avoir beaucoup tout de suite. Tout cela, afin de satisfaire un désir de reconnaissance dans une société de plus en plus soumise au paraitre. Le critère de vertu est en train de perdre toute signification et peut même être à la base de la marginalisation de quiconque prétend  encore croire et compte rester fidèle à un mode de vie simple et sans éclats ni étalage de superflu. Qui avait une vie plus sobre que le prophète (PSLF) ? Pourtant celui dont les compagnons buvaient le reste de l’eau de ses ablutions pouvaient tout avoir d’eux en termes de clinquant du monde.

La perte ou la fragilisation du lien familial qui fait que les membres sont là sans toutefois former une entité vivante animée d’une solidarité à toute épreuveau sein de laquelle tout le monde reçoit le traitement dû à sa position et non à son poids en possession de biens matériels et/ou de pouvoirs de toute sortes. Les parents font le minimum de service de communication familiale avec des enfants qu’ils voient de plus en plus rarement et dont ils n’ont pas le temps ou la volonté de suivre les évolutions, les fréquentations, les déceptions et autres frustrations. Le prophète (PSLF), lui, était un bon père de famille et prenait du temps pour s’occuper d’elle, la protéger, la rassurer, la consoler et la conseiller.

C’est lui qui a dit que chacun de nous est un berger qui sera interrogé sur ce qui lui a été confié, et il mentionna d’abord la famille. La crise d’autoriténe vient pas seulement de l’impolitesse supposée ou vraie des plus jeunes mais aussi d’une crise d’exemplarité qui font que ces jeunes sont démoralisés et se disent qu’il ne sert à rien de faire attention à certaines valeurs morales puisqu’en haut tout le monde s’en fout. Le prophète (PSLF) éduquait surtout par l’exemple. Il était le premier à faire le bien, le beau, le juste et le vrai et le premier à ne pas contredire ses propres enseignements.

La pratique systématique de la corruption, l’impunité, la promotion de gens qui ont maille à partir avec la justice, la non récompense du mérite, l’enrichissement sans cause, les privilèges accordés à certains sans proportionnalité avec leur productivité pour les richesses de la nation, des fonctionnaires et politiques beaucoup plus riches que des entrepreneurs par différents procédés de spéculation, de pots de vins, de trafic d’influence et autres sont autant de fléaux qui ne devraient pas prospérer dans une société qui célèbre l’anniversaire de ce prophète (PSLF) qui avait en aversion ces vices. Il a enseigné et pratiqué la justice, l’équité, le respect des ayants droit dans chaque chose et lutté contre l’égoïsme, l’accaparement, le fait de tromper et de tricher avec sa propre communauté et de léser autrui dans ses biens, son sang et sa dignité.

Des gens qui devaient servir d’exemple pour les jeunes et qui se montrent voraces et insatiables en matière d’argent, de positions politiques, et qui n’hésitent pas à renier tout et à trahir tout le monde pour arriver à leurs finsne peuvent prétendre aimer ce prophète (PSLF) qui était le digne de confiance par excellence et aimait les gens qui avaient cette vertu. 

Des leaders religieux qui mettent en avant leurs liens avec les puissants de la société et demandent aux plus démunis d’obéir aux gouvernants et d’avoir une posture fataliste sur les injustices de toutes sortes alors qu’eux-mêmes ne manquent de rien et font miroiter aux politiques les masses qu’ils contrôlent et qui pourraient être autant de cartes en faveur ou en défaveur de quiconque ne rend pas suffisamment service… Ce prophète (PSLF) ne demandait rien pour lui-même et défendaitles droits des moins nantis et des exclus. Sa naissance était un signal fort pour le recul du droit du plus fort et l’avènement de la justice.

Les leaders religieux seraient fidèles à l’amour vrai pour le prophète (PSLF) en rappelant ce qui dans le Coran et les Hadiths peut nous donner la force de revenir à la foi qui nous protège du paganisme, nous fait pratiquer la justice et l’équité, nous rend plus responsable, plus sensibles à la solidaire, à l’inclusion et à l’exemplarité, bref plus aptes à lutter de toutes nos forces contre ce chaos qui est en train de prendre des proportions inquiétantes au Sénégal. Et comme disait l’autre : « à certains moments seuls les fous n’ont pas peur. » Ce serait dommage qu’on soit englouti avec entre les mains ces trésors que constituent le Coran et l’exemple du prophète (PSLF).
(*) Imam, écrivain et conférencier, amakante@gmail.com

 
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1.Posté par THIANG le 11/12/2016 15:05
Votre article est bénéfique et profitable à tout musulman
Djazaakumullahou khayrane

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