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L’occupation de l’assemblée nationale par l’armée : le nouvel acte répressif d’un pouvoir finissant !

Mardi 13 Septembre 2022

Diagne Fodé Roland
Diagne Fodé Roland
L’obsession de la dévolution monarchiste a perdu le pouvoir libéral de Wade/PDS en 2011/12. L’obsession de l’appropriation familiale et clanique de la manne du gaz et du pétrole est en train de couler le pouvoir libéral de Macky/APR/BBY.
 
Le spectacle alarmant de l’envahissement de l’hémicycle du parlement par les gendarmes pour faire élire le président du pouvoir législatif est la nouvelle atteinte liberticide à la séparation des pouvoirs par l’Exécutif. N’ayant plus la majorité absolue de députés godillots à sa botte, Macky/APR/BBY n’ont trouvé que l’utilisation de l’armée pour imposer le second personnage de l’État. Macky a manifestement besoin de compléter son dispositif politique après les nominations successives à la tête de l’armée dont la gendarmerie, de la police et du Conseil Constitutionnel, etc.
 
En fait Macky/APR/BBY disent à tous les thuriféraires faussement naïf du « dialogue » de dupe : «  chantez toujours, mais circulez, il n’y a rien à voir, je fais des institutions ce que je veux, les lois ne s’appliquent qu’aux autres, mais pas à moi ». Drôle de conception de la République, n’est ce pas !!
 
L’article 54 alinéa 2 de la Constitution est claire sur l’incompatibilité intemporelle entre le statut de ministre et de député : « Le député, nommé membre du gouvernement, ne peut siéger à l’Assemblée Nationale pendant la durée de ses fonctions ministérielles ». La Constitution interdit formellement de "siéger" à l’Assemblée Nationale à tous membres du gouvernement pour consacrer dans le marbre le respect du sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs. C’est ce qu’à traduit l’article 109 du Règlement Intérieur du parlement : « le mandat de député est incompatible avec la qualité de membre du Gouvernement ». C’est-à-dire qu’ils ne peuvent siéger, qu’ils ne peuvent donc le faire à l’installation de la nouvelle législature.
 
C’est donc leur problème à eux et à leurs parti et coalition de se donner au maximum 8 jours pour faire leur choix : ou députés ou ministres, mais jamais les deux à la fois. Et si ils ne l’ont pas fait en démissionnant du gouvernement et siègent illégalement donc par force, ils bafouent en entente avec leur parti et coalition et la complicité de tous leurs députés la Constitution et le Règlement Intérieur de l’institution législative du pays. Le fait même que, le sachant, Macky/APR/BBY n’aient pas régler ce cumul interdit par la Constitution est un indice probant qu’ils trament une provocation liberticide sur fond des contradictions internes explosives en leur sein. Que le gouvernement et le président envoient l’armée pour permettre ce forfait est gravissime. C’est une confirmation du processus de fascisation du pouvoir néocolonial libéral dans notre pays.
 
Les députés qui ont participé à cette mascarade liberticide prennent là une lourde responsabilité au regard du fait, malgré les fraudes avérées, qu’ils, qu’elles ont été élus par le peuple et sont censés d’être exemplaires dans le respect des lois en vigueur. Ces députés APR/BBY qui, lors de la 13éme législature, « terrorisaient » par leur verve insolente pour insulter leurs collègues ultra-minoritaires de l’opposition, ont été obligés de s’écraser devant la fermeté de la résistance des 80 plus 1 qui ont refusé de participer à cette imposture électorale sous supervision de l’armée.
 
Le président de la république, Macky Sall, enfermé dans son « ni ni » attrape-nigaud sur sa troisième candidature qui sent fortement l’odeur du gaz et du pétrole, a pris la fâcheuse habitude de confondre le présidentialisme avec la soumission autocratique des pouvoirs législatifs (contrôle de l’action et la gestion gouvernementale), judiciaire (application des lois), des corps de sécurité et de défense (armée, police) que l’on mélange parfois avec des nervis « marrons du feu » et des médias publics et certains privés au pouvoir exécutif (présidence).
 
Tous les actes du président se retournent en boomerang pour aggraver le discrédit de plus en plus massif qui frappe le président et sa présidence néocoloniale dans le peuple.
 
Les campagnes législatives et des locales de APR/BBY n’ont cessé d’être une psalmodie répétitive sur les "travaux du président Macky Sall, donnez lui une majorité écrasante pour poursuivre sa grande œuvre". Point de bilan des maires ou députés APR/BBY. Résultats : défaite aux locales et aux législatives malgré tous les tripatouillages et tricheries connus de tous.
 
Non seulement le peuple sanctionne, mais voilà la nature violentée par la boulimie spéculative foncière et immobilière qui se cache derrière l’urbanisation anarchique qui, à son tour, les sanctionne en révélant au grand jour les malfaçons des éléphants blancs du pouvoir libéral néocolonial Macky/APR/BBY.
 
« L’occasion fait le larron » dit l’adage. Fuyant le mécontentement populaire, voilà qu’à la faveur de la présidence de l’Union Africaine (UA), Macky cherche à voiler son discrédit national par un activisme voyagiste de la main tendue pour le blé ukrainien détenu en réalité par l’agrobusiness US et les engrais Russes après avoir promis « l’autosuffisance alimentaire du PSE », des missions françafricaines au Mali et au Tchad, des visites affairistes au Pays Bas et en France teintées de vaines tentatives de faire rêver les Sénégalais sur sa prétendue « stature internationale pour vendre l’exemplarité de la démocratie sénégalaise », etc.
 
Ce stratagème pour se fabriquer une image de « démocrate » à l’internationale ne trompe aucun Sénégalais en raison du piétinement devenu systématique de tous les droits individuels et collectifs dans le pays et de la cleptomanie flagrante sans scrupule du pouvoir de Macky/APR/BBY.
 
Leur mépris arrogant est d’ignorer le peuple sénégalais qui est pourtant leur seul électeur pour jouer au pom-pom girl de leurs maîtres impérialistes françafricain, eurafricain et usafricain. Seuls comptent pour ces valets leur image, plumage et ramage pour charmer les bourreaux françafricains qui, voyez-vous, « servaient des desserts » aux victimes « tirailleurs sénégalais » de la boucherie mondiale de 14-18 et du massacre de Thiaroye, etc.
 
C’est ainsi ce vernis en paillette qui vient d’être arrachée en plein vol devant les opinions publiques mondiales par cette scandaleuse invasion de l’Assemblée Nationale par l’armée nationale pour permettre ce qui n’a pas d’autre nom qu’un putsch législatif de l’Exécutif présidentialiste autocratique.
 
Avec la misère grandissante, les difficultés d’avoir 2 repas quotidiens, les Sénégalais ne cessent d’égrener avec colère « les méchancetés, les goinfreries » de Macky, de sa famille et de son clan. Ils se plaignent de la surdité, de l’aveuglement inhumain de leur président actuel et parfois expriment le regret d’avoir été dupé en 2012 par la « jeunesse de celui né après les indépendances » et par son discours va-t-en-guerre d’alors contre le monarchisme de son père politique libéral Wade.
 
Les Sénégalais sont de plus en plus révoltés que dans un pays riche mais habité par une écrasante majorité de pauvres toujours plus appauvris, ces « politiciens » deviennent des milliardaires en gérant l’appareil d’État, qu’ils s’accaparent de leurs terres rurales et urbaines, qu’ils érigent des immeubles pour touristes étrangers en laissant tous les secteurs économiques stratégiques entre les mains des multinationales françafricaines au détriment de l’intérêt national et des populations.
 
Tout ceci résulte en fait de la situation néocoloniale du pays présidé par une bourgeoisie bureaucratique servile qui n’a d’autres sources d’enrichissement que le détournement des impôts payés par le contribuable sénégalais, le pillage des richesses naturelles bradées aux entreprises monopolistes des impérialistes, la surfacturation des « travaux » qui sont confiés à ces derniers et la sous-traitance dans laquelle est maintenue les quelques opérateurs économiques nationaux, etc.
 
Tel est le mal profond qui mine notre pays que les alternances libérales et sociales-libérales mâtinées d’ex-gauches corrompues ne règlent pas, mais l’aggrave par leur avidité sans limite.
Alors marchons résolument vers l’alternative patriotique en 2024 pour commencer à sortir le Sénégal du néocolonialisme. Faisons de Sonko le candidat du projet patriotique collectif des classes sociales réunies pour entamer cette marche vers la libération nationale panafricaine.
13/09/22
Diagne Fodé Roland
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1.Posté par m le 13/09/2022 21:36
"faisons de SONKO le candidat du projet patriotique" oui, pourquoi pas? Mais encore faudrait il que votre mentor explique et détaille son programme, patriotique ou non! Pour l'instant, à part "dézinguer" l'équipe en place, mais élue démocratiquement (ou presque), c'est le seul programme que je connaisse. Monsieur SONKO veut être Président de la République, le Président du changement: oui, pourquoi pas, même si l'on a déjà entendu ca souvent déjà, et avec les résultats que l'on sait! Alors quel est son programme, et comment compte il y arriver? Veut il donner carte blanche au populiste GM SAGNA, dont les idées se résument à un seul slogan, "france dégage"! Ceci dit, si la FRANCE dégage, les amis russe de Monsieur SAGNA et consorts prendront immédiatement la place, et je ne suis pas certain que cela ira mieux: il n'y a qu'à demander aux populations Malienne, soumise à la dictature d'une junte militaire illégale, puisque étant le résultat de deux coups d'état militaires, obligée d'embaucher des mercenaires russes, qui ne sont pas là pour protéger les populations mais la junte elle même, qui a déjà offert en cadeau à ces voyous sanguinaire deux mines et autres richesses nationales....Moi, je veux bien que Monsieur SONKO soit admiratif de ces gens là, mais vous comprendrez, et je ne suis pas le seul, des milliers de sénégalais qui ne sont pas forcément hostiles à Monsieur SONKO, mais qui attend de lui qu'il explique ce qu'il veut faire et comment il compte s'y prendre, pour lutter contre l’illettrisme, l'éducation, la formation des jeunes: voila qui intéresse les sénégalais, qui demande:1) des explications et des éclaircissements à ce sujet, et 2) Que Monsieur SONKO, en homme d'état, se présente aux juges qui auront à le juger puisqu'une plainte a été déposée contre lui: une plainte ne fait pas de lui un coupable, mais encore faut il qu'il fasse valoir ses arguments. Moi, ce que j'en retiens, c'est que votre mentor SONKO, alors député de la république, a bravé un couvre feu qui s’imposait à nous tous, pour aller dans un salon de divertissement, et n'a pas hésité à mentir, puisqu'il a justifié cet acte par un mal de dos "épouvantable", alors même qu'il suffisait de téléphoner à un kine qui pouvait très bien se déplacer pour un massage approprié. Donc, une première faute, prouver à la face du peuple que Monsieur SONKO est adepte du "faites ce que je dis, mais ne dites pas ce que je fais", et deux: un mensonge que même un gamin de quatre ans n'oserait pas dire, par peur d'être ridicule. Pour quelqu'un qui veut se présenter et occuper la magistrature suprême, ça fait quand même beaucoup de taches sur le costume! Mais bon, si ce qu'il veut faire pour le SENEGAL, et comment il va s'y prendre, est suffisamment convainquant, pourquoi pas! Pour l'instant, la majorité des sénégalais attendent pour voir!
Le vrai malaise, la vraie maladie qui ronge les pays d'Afrique, et tous les pays, c'est la corruption étatique, le népotisme, et le manque d'alternance. Donc, que Monsieur SONKO nous explique comment il compte s'attaquer à ce cancer. Moi, j'ai deux suggestions à lui faire:
La première, supprimer et d'une manière immédiate, c'est à dire qui s'appliquera à son propre mandat, s'il est élu Président de la République, à son immunité Présidentielle. Puisqu'il se fait le chantre de l’honnêteté, ce qui est tout à son honneur, cela ne devrait lui poser aucun problème.
La deuxième, c'est dès qu'il sera élu, faire voter une loi prévoyant une peine incompressible de dix ans minimum de réclusion, à toute personne détentrice de l'autorité publique, qui se livrera ou sera condamné dans une affaire de détournement de deniers publics, lui et tous ceux qui auront profité de cet argent qui appartient au peuple. La peine incompressible étant un minimum, et pouvant aller au delà suivant l'importance de la somme et la manière du détournement.
Ce sont deux mesures choc, qui marqueraient à elles deux les esprits, et emporteraient la conviction que "le Président SONKO" serait fidèle à ses paroles, et ne fait pas que parler de la rupture, il la provoque!
Dans le cas contraire, peut être sui je borné, mais je reste convaincu que Monsieur SONKO veut la place, pour faire pire, comme l'ont fait les deux prédécesseurs avant lui.
Car l’honnêteté, cela ne s'auto-proclame pas, cela se prouve. Et dans le cas d'un Président de la République, par des mesures concrètes, fortes, et qui marquent les esprits. Un chef doit montrer l'exemple, l'occasion est donnée à Monsieur SONKO de nous expliquer ce qu'il veut faire et comment il compte s'y prendre: qu'il en profite? Les yeux et les oreilles sénégalaises sont dans l'attente!
Me François JURAIN

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