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“L’affaire Ramadan”: Au pays des “Lumières”, l’ampoule est cassée (Blog Mediapart)

Jeudi 19 Mars 2020


L’administration judiciaire continue à montrer sa détermination envers et contre tous les principes les plus élémentaires d’objectivité, de bon sens, d’équité et d’impartialité pour faire tomber l’intellectuel Tariq Ramadan.


Il ne fait plus aucun doute qu’il n’y a plus rien à attendre de l'administration judiciaire et que dans cette affaire, elle n’est aucunement là pour regarder la vérité en face et traiter les faits d’une façon juste et sensée. Le défendeur en justice parle désormais de « complot »  et il est, en réalité, difficile de décrire les choses autrement.
 
L’administration judiciaire, “La Justice” comme elle se fait parfois nommer, est devenue une justice privatisée. Telle ces sociétés militaires privées avec leurs « mercenaires » que l’on voit sur certains théâtres d’opérations militaires, elle est là à tenter, en vain, d’exécuter intellectuellement un homme pour ses idées et la force de son charisme. Elle traine, elle traine, elle traine, pour faire « avancer » cette affaire à la vitesse escargot, dans la seule et unique direction qui semble autorisée.
 
Dans cette affaire, elle est tel un moulinet de canne à pêche qui fabriqué pour ne fonctionner que dans un seul sens, celui de tirer coute que coute sa proie dans la direction de son prédateur. La dizaine de protagonistes dont l’implication est claire et qui doit être interrogée quant à elle, n’a aucune raison de s’inquiéter semble-t-il.
 
« La Justice », dans toute sa prétention, ne veut pas les déranger et en tous les cas, elle ne s’empresse pas à les entendre. Les actions de ces protagonistes sont minimisées ou niées. Le déni de justice est total. Le déni de vérité lui est absolu. Cette « Justice » au tarif « tais-toi ! Espèce de sale Insolent Arabe Musulman, tu déranges l’agenda ! » bat son plein. De l’autre côté de la frontière cependant, en Suisse, la justice s’active notamment contre Ian Hamel accusé de calomnie et diffamation.
 
« L’affaire Ramadan » telle qu’elle est menée actuellement est une hérésie judiciaire pure et simple. Si elle continue ainsi, elle trouvera une bonne place dans les annales de l’histoire des fiascos judiciaires français. Les experts aux commandes se suivent et se succèdent, d’abord lors de l’incarcération d’un Tariq Ramadan qui a pourtant collaboré avec « La Justice » puis plus récemment avec la désignation d’un « expert » dont l’appartenance idéologique et politique ne laisse aucune doute sur le résultat à présager pour la mission inédite qu’il s’est vu confier de « définir la notion d’emprise » et déterminer en quoi elle s’applique dans l’affaire actuelle.
 
L’architecture de la justice toute entière est redessinée dans cette affaire, les règles sont bafouées, cette instruction judiciaire sur mesure. La justice perd de son rôle salvateur vis-à-vis de la société. Il sent fortement mauvais dans la France du 49.3, de la répression populaire massive des gilets jaunes, de la censure organisée d’intellectuels, d’humoristes et d’acteurs de la société civile brillants et engagés … L’administration judiciaire est le bras armé d’une France désormais en profondeur fascisée contre l’Islam et les musulmans.
 
Nous sommes désormais dans un pays démocratique dans l’image et dictatorial dans la structure politico-judiciaire. Le traitement des gilets jaunes et celui de Tariq Ramadan ne sont que les deux faces d’une même pièce. Une pièce de monnaie que l’on rend à Tariq Ramadan pour son travail acharné d’émancipation de populations opprimées ou soumises. Cette pièce, c’est dorénavant une pièce de théâtre où les actes sont désormais aussi prévisibles que grotesques. L’administration judiciaire s’est transformée en entreprise privée à la solde d’un pouvoir fasciste. Reste une question primordiale pour celui ou celle qui veut avoir recours à cette justice privatisée : Quel est le numéro de téléphone à composer et quelle est la grille tarifaire par type d’affaire ?
 
La justice française aujourd’hui promeut une véritable atmosphère de « terrorisme intellectuel ». Le message est clair : quiconque tente de négocier le statuquo islamophobe du paysage politico-médiatique autrement que par la soumission totale et absolue, se verra l’objet d’un montage médiatique et judiciaire en règle.
 
L’administration judiciaire française est en train d’essayer de salir activement cet intellectuel de brio qui en réalité ne fait que gagner en légitimité au travers du traitement judiciaire d’exception qu’il reçoit. S’il était sage, juste et prudent de défendre la présomption d’innocence de Tariq Ramadan il y a quelques mois, il est désormais sage et juste de défendre l’innocence de Tariq Ramadan dans cette affaire qui, désormais, déborde d’éléments à décharge pour Tariq Ramadan et qui déborde encore plus d’éléments attestant le fait qu’il s’agit ni plus ni moins d’un complot contre lui.
 
À tous ceux qui avaient des attentes quant à la mise en place d’un débat judiciaire contradictoire réel et serein : Vous avez été naïfs.
BLOG : LE BLOG DE BATMAN LE LECTEUR
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