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L’État de droit « systématiquement » remis en cause, alerte la présidente de la CPI

Mardi 27 Janvier 2026

Tomoko Akane
Tomoko Akane

L’État de droit dans le monde est menacé en permanence, a averti mardi la présidente de la Cour pénale internationale (CPI), assurant que l’institution continuerait néanmoins de travailler à défendre la justice et les victimes d’atrocités.

 

La justice internationale vit un « moment sans précédent », a déclaré Tomoko Akane lors d’une cérémonie à l’occasion de l’année judiciaire de la juridiction internationale basée à La Haye.

 

« La CPI, comme d’autres institutions judiciaires à travers le globe, subit des pressions importantes, des mesures coercitives et des tentatives de saper sa fonction », a-t-elle expliqué.

 

« Des valeurs et des postulats que nous considérions comme acquis, de même que la simple notion d’État de droit, sont systématiquement remis en question et contestés », a-t-elle souligné.

 

Fondée en 1998 et entrée en fonctions en 2002, la CPI, juridiction pénale internationale permanente, chargée de juger les personnes accusées de génocide, de crime contre l’humanité, crime d’agression et crime de guerre, vit la pire période de son histoire.

 

Furieux que la cour ait lancé des mandats d’arrêt contre le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, les États-Unis, signataires du Statut de Rome ayant fondé la CPI, mais qui ne l’ont jamais ratifié, ont décrété des sanctions contre de hauts magistrats de la cour.

 

Celles-ci entravent le fonctionnement de la cour et affectent les vies de ceux frappés par ces mesures.

 

En outre, la Russie a condamné par contumace le procureur général Karim Khan et des juges de la CPI à de lourdes peines de prison pour avoir lancé « des mandats d’arrêt illégaux » contre le président Vladimir Poutine et d’autres responsables russes pour des crimes présumés commis dans le cadre de l’offensive russe en Ukraine.

 

« Maintenant, plus que jamais, nous devons revenir aux idées fondamentales que nous défendons, les valeurs de justice et d’humanité qui transcendent les frontières », a lancé Mme Akane, révélant que la CPI avait délivré de « nombreux » autres mandats d’arrêt qui n’ont pas encore été rendus publics.

 

Lundi, la CPI a annoncé une étape importante dans l’affaire visant l’ex-président philippin, Rodrigo Duterte : déclaré apte à comparaître malgré son âge, il sera entendu le 23 février lors d’une audience dite de « confirmation des charges » devant permettre aux juges de décider si les éléments de l’accusation sont suffisants pour justifier un procès.

 

Arrêté à Manille, le 11 mars 2025 et détenu depuis à La Haye, M. Duterte, 80 ans, est accusé de crimes contre l’humanité commis lors de sa guerre contre les consommateurs et trafiquants de drogue lorsqu’il était au pouvoir. [AFP]

 
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