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L’Afrique a son passeport, mais attention à Bictogo !

Lundi 18 Juillet 2016

Nkosasana Dlamini-Zuma deviendra ou pas successeur de Jacob Zuma, son ex-mari, comme présidente de la république sud-africaine. Par contre, elle a fini d’inscrire son nom dans les annales de l’Union africaine. Le passeport africain qu’elle a remis ce dimanche à Paul Kagamé et à Idriss Déby Itno, c’est son bébé à elle. Toute symbolique que fût la cérémonie de remise des deux premiers exemplaires du document à Paul Kagamé, hôte du 27e sommet de Kigali, et Idriss Déby Itno, président en exercice de l’organisation continentale, elle n’en reste pas moins un grand petit…pas vers des destinées encore plus collectives. 

L’initiative de la présidente sortante de la Commission mérite d’être poursuivie jusqu’au bout afin qu’elle dépasse le seuil d’une simple opération feu de paille qui viserait juste à sauver un mandat que les observateurs ne jugent pas particulièrement réussi. Et cela, c’est autant le défi de la future Commission que le devoir des 54 gouvernements afin que l’unité continentale entre dans une phase critique de mise en œuvre. Mais beaucoup trop reste à faire : la monnaie unique est une chimère pour l’instant, l’intégration économique, une gageure, les litiges frontaliers, une réalité, les divergences politiques, une montagne…

Entre le Rwanda et le Burundi, le Maroc et l’Algérie, le Sénégal et la Gambie, par exemple, des relations de chien à chat sont actées. Les régimes politiques en place, à l’exception de quelques-uns plutôt courageux, vampirisent les institutions d’Etat. Les velléités dynastiques reprennent goût à la confiscation des pouvoirs. Les multinationales étrangères s’incrustent de plus en plus dans les tissus économiques de rente avec la complicité de quelques politiciens sans ambitions autres qu’amasser fric et honneur en laissant leurs peuples en rade… L’Afrique est loin de sortir de l’auberge.

Contrairement à ce que disait l’autre, des institutions fortes ne suffiront pas à propulser ce continent un peu trop malade de ses tares et vices. Des Hommes forts et patriotes restent une nécessité imprescriptible pour changer la donne.

Le symbole du passeport africain est à prendre pour ce qu’il est : un symbole empreint d’espérance et de puissance. Puisse simplement que sa vocation ne soit pas corrompue par un business de type Bictogo au Sénégal.
 
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