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L’Administration Biden veut raviver la concurrence dans les aéroports

Mercredi 22 Septembre 2021

Le président Biden multiplie les actions visant à accentuer la concurrence dans les aéroports, comme l’illustre une dernière plainte contre deux compagnies.
 
Plusieurs autorités américaines s’activent pour revigorer la compétition entre les compagnies aériennes dans le pays, comme l’illustre la plainte déposée mardi par le ministère de la Justice contre un partenariat entre American Airlines et JetBlue.
 
Les deux sociétés de transport aérien avaient annoncé en juillet 2020 vouloir partager les codes de certains vols partant de New York et Boston, offrant ainsi de nouvelles options à leurs clients sur les horaires, les tarifs ou des vols sans escale. Après la négociation de plusieurs conditions avec le ministère des Transports, l’alliance est entrée en vigueur en février.
 
Mais ce partenariat entre «la plus grande compagnie au monde» et «une compagnie low-cost» va surtout conduire à «des tarifs plus élevés, un choix moins important et des services de moindre qualité», a affirmé Richard Powers de la division chargée de l’antitrust au ministère de la Justice, lors d’une conférence avec des journalistes.
 
Le secteur est déjà très concentré: American, Delta, United et Southwest contrôlent 80% du trafic aérien aux États-Unis, a-t-il affirmé. American ne peut plus vraiment fusionner avec une autre compagnie, a-t-il avancé, alors la société utilise d’autres tactiques pour réduire la compétition comme les partenariats. À l’inverse, l’arrivée d’un nouvel entrant comme JetBlue permet de raviver la concurrence.
 
«Pas une fusion»
 
Or l’alliance va probablement inciter la compagnie à bas coûts à ne pas concurrencer frontalement American sur d’autres aéroports, a-t-il affirmé. «Les consommateurs seront mieux lotis si American et JetBlue continuent d’être de féroces concurrents, pas des alliés», selon Richard Powers. Les procureurs généraux de l’Arizona, de la Californie, de la Floride, du Massachusetts, de la Pennsylvanie, de la Virginie et du district de Columbia, se sont joints à la plainte, dont l’objectif est de bloquer ce partenariat.
 
Dans des communiqués séparés, les deux entreprises ont rejeté les accusations, affirmant que l’alliance leur avait permis d’offrir de nouveaux services et d’apporter un troisième concurrent de poids dans les aéroports de New York, auparavant dominés par Delta et United. «Il ne s’agit pas d’une fusion: American et JetBlue sont – et resteront – des compagnies aériennes indépendantes», a affirmé le PDG d’American Airlines, Doug Parker.
 
«Nous avons deux modèles commerciaux différents et ne travaillons pas ensemble sur les prix», a souligné de son côté le directeur général de JetBlue, Robin Hayes. Si JetBlue a noué ce partenariat, c’est parce que «dans les aéroports de New York, il n’y a littéralement pas de place pour que nous puissions ajouter des vols», faute de créneaux disponibles, et qu’il est difficile de se faire une place à Boston face aux compagnies historiques, a-t-il souligné.
 
Pratiques anti-concurrentielles
 
Le dépôt de la plainte des autorités intervient après plusieurs autres actions récentes visant à accentuer la concurrence dans les aéroports. Dans le cadre d’un large plan destiné à lutter contre des pratiques anti-concurrentielles et présenté en juillet, le président américain Joe Biden a par exemple demandé à ses services de prévoir des règles plus claires sur la présentation des frais additionnels liés aux bagages, aux changements ou aux annulations.
 
Le ministère des Transports a de son côté annoncé la semaine dernière vouloir allouer à une ou des compagnies low-cost des créneaux à l’aéroport de Newark, près de New York, laissés vacants depuis le départ de Southwest en 2019.
 
Tout en se félicitant de cette décision, la procureure de New York a demandé mardi dans une lettre aux autorités supervisant l’aviation de revoir l’allocation des créneaux dans les deux autres aéroports de New York, à JFK et La Guardia. «C’est le moment pour agir, alors que de nombreux Américains retournent dans les airs et constatent que les prix des billets sont parfois exorbitants», a souligné Letitia James dans un communiqué. (AFP)
 
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