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Financement des partis politiques : le zèle et la mauvaise foi du ministre de l'intérieur

Dimanche 3 Janvier 2021

Pour sa première visite à Touba en novembre dernier, le ministre de l'Intérieur Antoine Félix Diome livrait un sac d'argent à l'origine non déterminée au profit de commerçants sinistrés
Pour sa première visite à Touba en novembre dernier, le ministre de l'Intérieur Antoine Félix Diome livrait un sac d'argent à l'origine non déterminée au profit de commerçants sinistrés
Ce ministron fait du zèle et de la mauvaise foi. Il devrait s'attaquer à poser le débat sur le financement des partis politiques au sens large y compris durant la période électorale. Aujourd'hui on connaît indirectement ceux qui ont bénéficié de financement "russe" pour débouter  Me Wade. Quid des hommes d'affaires qui ont appuyé son "maître". Qu'ont-ils reçu en retour ? Comment son parti a construit son siège en quelques années ? Il est vrai que son parti n'a pas besoin de financement participatif. Le système qu'il défend est adossé à un président-chef de parti disposant de caisses noires et des "fonds de guerre" à toutes les échelles de ses sales tentacules, avec des directeurs généraux de la 1ère catégorie (Artp, ADIE, ANSD, AGEROUTE, ADS, ANACIM et AGPBE) qui gagneraient plus que leurs ministres de tutelle (jusqu’à plus de 16 millions de FCFA par mois, d'après le rapport de "l’étude sur le système de rémunération au sein de l’administration sénégalaise" en date de décembre 2015) et des ministres devenus milliardaires par la magie de la prévarication encouragée et entretenue. Si c'est faux, le gouvernement peut publier officiellement les salaires comme l'exige la transparence.
 
On peut comprendre qu'il soit dérouté et si gêné qu'autant de Sénégalais dont la plupart ont quitté le pays par dépit mettent la main à la poche pour contribuer à une autre offre politique. Il est aussi vrai qu'ils sont plus habitués à envoyer, à la veille des élections, des valises dans nos ambassades et consulats à l'étranger pour sucrer certains. https://youtu.be/g0bfEzcvZ7k. Et pourtant, voilà l'ancien Macky Sall qui se félicite des soutiens reçus. Ce ministron pose un acte "politique" pour confirmer le pacte de servitude qui va dicter ses actes. Il faut le récuser tout de suite. Il a fait déjà pas mal de sales besognes. La descente aux enfers du Sénégal, c'est aussi cela. L'irruption dans la scène d'hommes sans vécu et sans consistance mais veules et prêts à faire le sale boulot. Ils se sont mis en alliance avec ceux qui ne sont d'accord sur un point, profiter pour eux-mêmes du pays, toute honte bue.
 
Franchement je peux comprendre qu'ils soient déroutés de voir d'autres Sénégalais mettre à la main à la poche pour les bouter dehors et j'espère que cela fera tache d'huile. Ce n'est pas nouveau sur le principe, à la belle époque dans les partis les pauvres militants (ouvriers, enseignants, etc.) cotisaient. On a tous vécus cela. Jeunes, on organisait des activités pour le parti. Certains nous donnaient de leurs poches de quoi écrire des affiches et les poser nuitamment, etc. Certains parangons de la morale aujourd'hui étaient de l'autre côté et entretenaient une autre jeunesse à coup de bourses et de subventions. La police était tout aussi féroce et l'administration partisane et beaucoup de Sénégalais ont payé de leurs vies ou de leurs carrières. Ceux qu'on envoyait à Kédougou, dans l'armée et qui étaient torturés ou exilés n'avaient pas les sympathiques réseaux sociaux de maintenant où dès que tu reçois une gifle cela fait le tour de la Facebook sphère.
 
Aujourd'hui on trouve que les tortionnaires et les ministres d'avant avaient de la classe. Comparés aux badoola pieds nickelés de maintenant. Mais il ne faut pas se laisser divertir. Le cahier de charge de ce Félix n'est pas tant de dissoudre le PASTEF encore moins d'ouvrir la boîte à pandore du financement des partis (ce qui serait d'ailleurs salutaire). Son agenda est d'étouffer dans l'œuf toute velléité de mettre du sable dans leur "thiere sow". On parlait récemment de délit d'ambition politique qui sera réprimé. On va droit vers le délit de...Patriotisme. PASTEF doit être très rigoureux dans son approche et être très transparent dans la collecte de ses fonds. Pour ne pas prêter le flanc. Surtout. Je connais aujourd'hui beaucoup de gens de la diaspora qui ont envie de contribuer à leur combat.
 
Il ne faut pas non plus se jeter sur chaque élucubration de ces sous fifres. Ce serait du pain béni pour un ministre de l'Intérieur de devenir l'homme le plus détesté. Cela veut dire qu'il est sur la bonne voie. Il faut élever le débat. S'il est courageux, il n'a qu'à ouvrir une commission indépendante qui va se pencher sur le financement des partis politiques. Projet de financement qui a fait l'objet d'un travail systématique. Alors sortons les conclusions et appliquons-les ! Les partis sont l'arbre qui cache la forêt. Certains projets pour lesquels le pays s'est endetté servent de fonds de guerre. Il y'a des fondations, ONG et GIE satellites, des entreprises qui sont rackettées aussi. Alors le ministre de l'Intérieur doit s'occuper de la sécurité et de la sûreté de notre pays. Il a ses urgences nationales que de nous distraire en menaçant de dissoudre un ou des partis politiques de l'opposition et de protéger les forfaitures frauduleuses et illégales du parti de son patron.
Ndukur Kacc Essiluwa Ndao (Page facebook)
 
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