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Bientôt nous deviendrons riches (MTN)

Mardi 3 Octobre 2023

Il y a quelques décennies, les institutions internationales de financement, les partenaires techniques et financiers et les idéologues du retardement des pays en développement ont introduit dans les politiques publiques la notion de « lutte contre la pauvreté ». 

 

En Afrique, où le Fonds monétaire international (FMI) a pignon sur rue, fait la pluie et le beau temps, l’idéologie de la lutte contre la pauvreté a largement pénétré les élites africaines, les cadres et les classes moyennes. 

 

Il est souvent difficile de compter dans un pays africain le nombre d’ONG et d’institutions qui s’occupent de lutte contre la pauvreté.

 

Nombreux sont les  pays africains qui sont voués à ne faire que de la lutte contre la pauvreté à travers des politiques misérabilistes qui ne peuvent, au plus, qu’atténuer la pauvreté. 

 

Si les bourses familiales, les cash, l’aide alimentaire soulagent les familles éprouvées, cependant ces actions, qui ne peuvent être soutenues éternellement, n’ont, nulle part au monde, éliminé la pauvreté.

 

Coincés entre la cravache des échéances de remboursement de la dette qui ne peuvent en aucun cas être reportées, beaucoup de pays africains ont perdu tout espoir de transformation radicale des conditions de vie de leurs populations. 

 

Beaucoup de pays africains, derrière une communication mensongère de mise en œuvre de politiques d’émergence économique, se complaisent en réalité dans l’exécution de recettes d’atténuation de la pauvreté.  

 

Cette stratégie, sournoise, inélégante et de misérabilisme, acceptée par les pouvoirs politiques, est un échec patent. La pauvreté est là, criarde, envahissante et décourageante. 

 

Des pans entiers de la classe moyenne ont vu leurs revenus s’effondrer, rejoignant ainsi les populations désormais à soutenir. Cette situation prive de soutien les franges de la population qui dépendaient économiquement et financièrement de ces couches plus favorisées.

 

Il y a une part d’éthique dans les choix des politiques économiques et sociales. 

 

Comme tous les pays sont d’égale dignité, le choix de politique économique et sociale valorisant, qui confère la dignité et qui démontre la confiance en soi, est celui qui ouvertement, à haute et intelligible voix, s’assigne comme objectif d’enrichir les populations du pays. 

 

Effectivement les Africaines et les Africains devront devenir riches! C’est une ambition légitime!

 

Il y a comme un complexe d’infériorité qui traverse l’essentiel de la classe politique africaine. Les hommes politiques africains ont peur de dire que leur objectif est d’enrichir les populations africaines. 

 

Les populations, elles-mêmes, ont du mal à croire que les ressources extractives, naturelles, culturelles, humaines et sociales, dont regorgent les pays africains, sont suffisantes pour les enrichir et, par conséquent, enrichir les pays africains. 

 

Il est en effet incompréhensible de voir partir vers l’Europe des migrants venant de pays africains qui ont tellement de richesses naturelles qu’ils apparaissent comme des miracles géologiques. 

 

Les politiques de lutte contre la pauvreté participent au travail de sape morale et psychologique des populations africaines, notamment de la couche la plus prometteuse et la plus fragile que représente la jeunesse.

 

Une rupture radicale s’impose. 

 

Nous devons vouloir ce que les populations les plus en vue du monde veulent. Nous devons désirer ce que n’importe quel citoyen d’un pays développé désire. 

 

Pour y arriver nous devons nous imposer les mêmes exigences de résultat, de réussite, de succès et de vertu que les pays les plus avancés.

 

La transformation des mentalités deviendra une réalité en Afrique lorsque les citoyens auront l’intime conviction que s’enrichir licitement est possible en Afrique, grâce au travail, au savoir-faire,  à l’intelligence, dans un environnement économique, social, numérique, aux mains des Africains et particulièrement incitatif pour les jeunes.

 

Nous ne resterons pas éternellement pauvres. Un jour à venir, très bientôt, nous deviendrons riches.

C’est une certitude ! 

 

Dakar, lundi 2 octobre 2023

Prof Mary Teuw Niane

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1.Posté par Me François JURAIN le 04/10/2023 12:00
VIVE LES PAUVRES! Dieu vous entende, Professeur! Mais comme nous ne saurons jamais si Dieu vous a entendu ou pas, que les hommes politiques, où ceux qui se pensent comme tels, vous entendent, vous écoutent et prennent en compte ces sages conseils!

A chaque fois que je vais en FRANCE (le moins possible, d'ailleurs!) j’entends l'éternel refrain: ah, ces migrants, ah ces noirs qui nous envahissent! Finalement, dès fois, je me demande si le principal défaut, pour un Africain, c'est d'être noir! Oui, il y a beaucoup d'Africains en Europe, ce qui inévitablement développe un racisme primaire, basé sur la peur de l'autre. Et à chaque fois, mon discours est le même, il l'était déjà avant que je ne vienne habiter définitivement ici (moi aussi, je suis un immigré!): " le problème n'est pas de les empêcher de venir, c'est de les empêcher de partir!" Et comme me disait l'un d'entre eux, avant de monter dans une pirogue de la mort, "Quelle importance de mourir en mer, puisqu'ici, on est déjà mort!".

Quitter sa famille, son pays, ses habitudes de vie, n'est jamais chose facile: c'est un drame, c'est un déchirement. Nous le savons, ce qui pousse les Sénégalais (mais pas que) à partir, c'est avant tout la pauvreté. Et c'est une honte pour le Président de ce pays, que de voir partir, par centaines, ses habitants, à cause de la pauvreté, qui n'est que le résultat d'un système corruptif mis en place par quelques uns à la tête du pays en question.

Sauf que, l'Afrique est le continent le plus riche du monde, en ressources naturelles, qui ne demandent qu'à être exploitées: et elles le sont! sauf qu'elles ne le sont pas par les Africains, et encore moins pour tous les Africains!

Alors, où est le problème? Tout simplement dans le cancer qui ronge les cinquante quatre pays d'Afrique, à savoir: LA CORRUPTION, avec ses métastases qui se répandent, à savoir la pauvreté, l’illettrisme, et tout ce qui va avec.

Car la pauvreté ne touche pas tout le monde: une petite partie des populations de tous les pays d'Afrique, eux ne se plaignent pas! ils sont riches, extrêmement riches, car, et c'est là le germe d'une révolte bien légitime, plus il y a de pauvres, plus les fortunes de quelques uns, mal acquises évidemment, grossissent! Et souvent d'une manière scandaleuse.

Tant que l'on n’aura pas éradiqué, d'une façon énergique et efficace, le problème de la corruption, il n'y a rien à espérer de bon pour l'Afrique.
Un pays, avec ses richesses naturelles, n'appartient jamais, et n'appartiendra jamais, à un homme, une famille, un clan, une caste. Un Président de quelque république que ce soit, n'est que le locataire, pour un temps définit, à qui l'on confie la bonne marche du pays aux termes d'élections loyales, transparentes, et non discutables. IL A L'OBLIGATION DE RENDRE DES COMPTES, ET NE PAS DISPOSER DES RICHESSES DU PAYS QU'IL DIRIGE A DES FINS PERSONNELLES.

Mais la pauvreté est un business, qui fait vivre (grassement) bon nombre de personnes. Qui dit pauvreté dit automatiquement, maintenant: ONG (organisations non gouvernementales). Combien y a t il d'ONG sur DAKAR et le SENEGAL, par exemple? personne ne sait! il y a une ONG pour chaque problème: la faim, la maladie, la maltraitance, l'urticaire, le paludisme, et que sais je encore! Chacun peut trouver une ONG pour son mal: plus besoin d'aller chez le docteur, allez tirer la sonnette d'une ONG! On pourrait croire que ces ONG ne sont pas riches, et qu'elles aussi, "tirent le diable par la queue!" Un jour que je m’étonnais, auprès d'amis qui ont une agence immobilière sur DAKAR, du montant de certains loyers à 2, 3 millions et plus, de savoir qui pouvait mettre autant d'argent pour des loyers si élevés, la réponse fut claire et nette: les ONG, pour loger leur personnel! Allez les pauvres, mourrez tranquilles, les ONG s'occupent de vous!

Alors, on pourrait penser: les personnels des ONG sont bien logés, bien nourris, bien payés, travaillent dans des conditions optimales, donc les résultats doivent être à la hauteur! Eh bien non, et c'est là toute la perniciosité du système: si les ONG solutionnaient le problème de la pauvreté, ils n'auraient plus de raisons d'être, et ne toucheraient plus de royales subventions qui tombent de tous les côtés! Donc, tout le jeu pour le "docteur ONG" consiste à faire semblant de soigner le malade, éviter qu'il ne meurt, mais surtout qu'il reste malade, le plus longtemps possible faute de quoi c'est l'ONG qui disparait!!!

Dans quelques mois, auront lieu au SENEGAL, les élections présidentielles: je passe sur la centaine (et plus) de candidats potentiels déclarés, 90% seront recalés par le conseil constitutionnel, mais tous ceux qui resteront en lice auront au moins un slogan commun: NOUS ALLONS éradiquer LA CORRUPTION! Certains, peut-être à court d'idées, iront même jusqu'à reprendre le refrain d'une chanson éculée, qui date de 2012: "une gestion de l'argent public sobre et vertueuse, pas un franc qui sera dépensé ne sera pas justifié", etc. On a vu ce que cela a donné! Et l'on verra ce que cela donnera!

Moi, si j'avais le droit de vote (en tant qu'immigré, je ne l'ai pas), je voterais les yeux fermés pour celui qui dira à son peuple: "je ferai prendre une loi qui punira de dix ans fermes de prison, non compressible, toute personne qui, détentrice de l'autorité publique, sera prise ou impliquée dans un délit de détournement de fonds publics; cette peine sera étendue à toutes personnes (famille, amis, collaborateurs, etc.) qui aura bénéficié, directement ou indirectement, de l'argent provenant de ce détournement, avec obligation de rembourser la dite somme détournée, plus une amende équivalent à trois fois la somme détournée, plus évidemment, interdiction pendant trente ans de se présenter à la moindre élection que ce soit, et d'occuper un poste, quel qu'il soit, fusse même celui de Président du plus petit club de football du plus petit village du SENEGAL. Dix ans étant une peine plancher, mais il n’est pas interdit pour un juge d'une justice devenue indépendante (autre réforme urgente) de monter plus haut, si les faits sont gravissimes (détournement des fonds destinés au COVID, par exemple); normalement, ça devrait en faire réfléchir plus d'un! Et, poussant plus loin, ce superbe candidat pourrait même s'engager à faire inscrire cette "idée novatrice" dans la constitution!

Bon, mais tout ce que je dis là n'a plus vraiment de sens, puisque dans quelques semaines ou mois, le pétrole va couler a flot, et avec l'argent du pétrole, dont on nous a assuré, la main sur le cœur, que la gestion de cette richesse naturelle appartenant au peuple sénégalais, serait rigoureuse et transparente! Le pétrole, c’est magique, ça soigne tous les maux: la pauvreté, l’illettrisme, le chômage, tout, je vous dis! demain, je ne peux pas vous dire combien chaque Sénégalais va recevoir grâce au pétrole, mais cela va être énorme!!!

Ah bon, j’apprends qu'il y a un petit couac, le SENEGAL ne peut pas honorer ses engagements, il n'a pas l'argent pour racheter la part qui devait permettre aux Sénégalais de sortir de la misère, de l’illettrisme, du chômage, etc. et que finalement, et bien, les pauvres vont rester pauvres, en espérant qu'ils ne le soient pas encore plus... Bon finalement, c'est pas plus mal pour les riches, les très riches, vous savez, ceux qui étaient griots voire même clochards, avant qu'ils ne rencontrent leur bienfaiteur ! Ils vont pouvoir être encore plus riches, les ONG pourront rester dans leurs luxueuses villas ou appartements, n'est-ce pas ça le plus important? Il faut aussi que les pauvres y mettent de la bonne volonté quand même...Un griot inculte qui devient milliardaire en quelques semaines, si ça c'est pas le rêve sénégalais, ceux qui parlent du rêve américain peuvent aller se rhabiller! A se demander pourquoi il y a encore des jeunes qui, dans des conditions souvent limites, cherchent à passer des diplômes et font des études!

Maintenant, les pauvres, ça suffit: essayez quand même de comprendre que l'on ne peut pas satisfaire tout le monde! Et si vous n'êtes pas contents, allez voir une ONG!
Me François JURAIN

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