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Arrestation arbitraire de Boubacar Sèye : le Sénégal bascule dans le totalitarisme (voir Documents)

Mercredi 20 Janvier 2021

Boubacar Sèye, président de Horizons sans frontières (HSF)
Boubacar Sèye, président de Horizons sans frontières (HSF)
Une nouvelle fois, le MONSTRE vient de frapper au Sénégal. Président de l’ONG Horizon sans frontière, Boubacar Sèye a été arrêté dans des conditions ignobles dignes des pratiques de la GESTAPO. Au moment où il s’apprêtait à fouler le sol de sa terre natale. Boubacar Sèye a été littéralement cueilli et kidnappé par des policiers zélés qui se sont conduits comme de vulgaires malfrats, obéissants à des ordres illégaux et agissant au nom d’un Etat liberticide et hors la loi.
 
Cet enlèvement humiliant sans la moindre convocation de justice, un acte odieux et abject relève d’une arrestation arbitraire. Le droit à la liberté de la personne est défini par l’article 9 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), qui liste clairement les conditions dans lesquelles une privation de liberté est considérée comme arbitraire, entre autres, lorsque le motif de l’arrestation est illégal ou lorsque la victime n’a pas été informée des raisons de son arrestation. Boubacar Sèye a été immédiatement arrêté à sa descente d’avion à l’aéroport international Blaise Diagne et conduit manu militari à la section des recherches, sans qu’aucune explication ne lui soit donnée durant les premières heures sur les motifs de cette arrestation totalement illégale.
 
En posant le débat sur l’usage des fonds alloués par l’Union Européenne dans le cadre de la lutte contre l’émigration clandestine, Boubacar Sèye a parfaitement accompli son devoir de citoyen, conformément à l’article 25-3 de la Constitution qui dispose que « tout citoyen a le devoir de défendre la patrie contre toute agression et de contribuer à la lutte contre la corruption et la concussion ». L’article 19.2 du PIDCP auquel notre pays a souscrit garantit aux citoyens, le droit à la liberté d’expression.
 
Les documents à notre disposition, issus du rapport sur l’usage des fonds alloués au Sénégal sont formels et confirment les propos de Boubacar Sèye : des centaines de millions d’euros ont été décaissés par l’Union Européenne (+ de 200 milliards F CFA) ; des fonds dont une partie a été détournée et volée  ; des fonds destinés à des centaines de milliers de jeunes sénégalais issus de milieux pauvres tentés par l’émigration clandestine qui n’en ont jamais vu la couleur.
 
Boubacar Sèye n’a rien inventé. Le rapport illustre une réalité implacable : l’Etat du Sénégal s’enrichit sur le dos de la misère ; faisant de l’immigration clandestine un business, un business macabre avec les pirogues de la mort. Alors que les drames humains liés à l’émigration clandestine se multiplient à un rythme effréné, nos cupides gouvernants (…) s’empressent d’amasser les milliards de F CFA pour jouir, au moment même où des milliers de familles n’ont pas fini de faire le deuil de leurs fils engloutis par les eaux de la Méditerranée et de l’Océan atlantique. L’indignité n’a plus de limite : c’est innommable.
 
Les dirigeants africains ne sont pas seulement incompétents à l’image de Macky Sall : ils sont totalement irresponsables, inconscients, incapables d’assurer à leurs populations le minimum vital. Ils sont surtout frappés du sceau d’indignité.
 
Placé arbitrairement sous mandat de dépôt pour « diffusion de fausses nouvelles », Boubacar Sèye a le mérite de poser un débat de fond sur l’utilisation dévoyée de l’aide de l’Union européenne. Nous devons nous approprier ce débat ; un débat qui doit être relayé, amplifié afin que chacun y compris les organisations de la société civile y joue sa partition. Pour chaque programme financé par l’Union européenne, le régime doit apporter des réponses précises sur les projets réalisés, leur montant, leur destination et le nombre de bénéficiaires (démarche de transparence totale).
 
L’arrestation arbitraire de Boubacar Sèye s’inscrit dans un contexte inédit de neutralisation des corps de contrôle, de tentative d’assujettissement de la justice avec la complicité de certains hauts magistrats soumis à l’exécutif, de violation des libertés individuelles et collectives et d’acharnement à l’encontre de citoyens engagés, et dont le seul « tort » est d’œuvrer pour la démocratie et la promotion de l’Etat de droit.
 
La diaspora sénégalaise, dont une bonne majorité a tourné le dos à Macky Sall dit Non et fera face. Aucune action, d’où qu’elle vienne, ne fera fléchir notre détermination totale à dénoncer, traquer les crimes économiques, et les turpitudes du régime déviant de Macky Sall.
 
Nous appelons tous les Sénégalais de l’intérieur et de la diaspora ainsi que l’ensemble des organisations de la société civile à la mobilisation pour exiger la libération immédiate et sans condition de Boubacar Sèye, victime de pratiques d’une autre époque et d’une arrestation arbitraire, au moment où de nombreux délinquants et blanchisseurs d’argent sale du régime comme l’ex député faussaire Bougazelli et à ses complices nichés au cœur de l’Etat se pavanent en toute liberté. 
 
C’est une des lois implacables de l’histoire : « les tyrans connaissent souvent une fin tragique ». Leur vanité qui est la plus petite des petitesses finit toujours par leur jouer de mauvais tours.
Seybani SOUGOU – E-mail : sougouparis@yahoo.fr
 
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