Connectez-vous

Amnistie générale : Le président Sall vise les événements meurtriers survenus entre 2021 et 2024

Lundi 26 Février 2024

Photo compte X présidence sénégalaise
Photo compte X présidence sénégalaise

Le président Macky Sall a un peu plus clarifié ce 26 février le contenu de sa volonté de pacifier le pays « dans un esprit de réconciliation nationale » annoncée le 23 février en plein conflit avec le Conseil constitutionnel et la majorité des candidats à l’élection présidentielle sur la date du scrutin. « Je saisirai l’Assemblée nationale d’un projet de loi d’Amnistie générale sur les faits se rapportant aux manifestations politiques survenues entre 2021 et 2024 », a déclaré le chef de l’Etat à l’ouverture du dialogue national à Diamniadio. 

 

Devant un parterre de politiques dont seuls deux candidats à la présidentielle, et de représentants du tissu socio-économique nationale, Macky Sall a dit souhaiter, « au-delà du souci légitime de justice et de recevabilité, que l’amnistie et le pardon, par leurs vertus salutaires pour la Nation, nous aident à surmonter ces moments difficiles, afin que notre cher pays se réconcilie avec lui-même, en remettant toutes ses forces  vives autour de l’essentiel: c’est-a-dire, la sauvegarde de notre unité nationale, toutes sensibilités confondues, et la préservation de l’Etat de droit et de la République. » 

 

La période identifiée par le président Sall pour amnistier de faits est la plus meurtrière et la plus violente de l’histoire politique du Sénégal indépendant. Elle coïncide avec la montée en puissance de l’opposant « anti-système » Ousmane Sonko et de son parti Pastel-Les patriotes. En mars 2021, une affaire de viol présumé est politiquement instrumentalisée par le régime pour neutraliser Sonko à travers une procédure judiciaire particulière qui allait finir en « corruption de la jeunesse ». 

 

Le bilan de la répression des manifestations dites de résistance est lourd : une vingtaine de personnes tuées par les forces de sécurité. Il n’y a pas eu d’enquête officielle indépendante jusqu’ici, malgré les promesses faites tour à tour par le président Macky Sall et ses ministres des Forces armées et de l’Intérieur d’alors, Sidiki Kaba passé à…l’Intérieur) et Antoine Felix Diome (parachuté au Pétrole et Energies).

 

Les suites meurtrières de ces événements de 2021 ont lieu en juin 2023 avec la condamnation de l’opposant à une peine de sursis. Cependant, les manifestations populaires de ses partisans ont été sévèrement réprimées à Dakar,, Ziguinchor et en plusieurs localités du pays. Le bilan est encore plus lourd : Amnesty International indique avoir documenté un peu moins d’une trentaine de morts contre 15 pour les autorités sénégalaises.  

 

En janvier 2024, l’opposant, emprisonné depuis fin juillet 2023 pour d’autres présumés terroristes et atteinte à la sécurité nationale, est définitivement condamné à 6 mois de prison avec sursis dans le différend qui l’opposait au ministre Mame Mbaye Niang dans le dossier Prodac. Une sentence confirmée par la Cour suprême et qui a anéanti sa candidature à la présidentielle du 25 février 2024.  

 

L’amnistie devrait également concerner les contestations de ce mois de février 2024 relatives au report de l’élection présidentielle par le chef de l’Etat et qui ont fait, pour le moment, quatre morts sur l’axe Saint-Louis-Dakar-Ziguinchor. 

 

Pour le président Macky Sall, l’amnistie générale « permettra de pacifier l’espace politique, de raffermir davantage notre cohésion nationale et de maintenir le rayonnement démocratique de notre pays. » 

 

Avec la probabilité que ce projet de loi d’amnistie générale sera voté au moins par les députés de Benno Bokk Yaakaar (Bby) et du Parti démocratique sénégalais (pas), il faudra scruter l’attitude qu’adopteront leurs collègues de la coalition Yewwi askan wi (Yaw) qui regroupe Pastef, Pur, Prp et plusieurs autres entités politiques. Pour eux, cette amnistie n’est pas loin d’être un cadeau empoisonné du président de la République… [IMPACT.SN] 

 
Nombre de lectures : 562 fois


1.Posté par Me François JURAIN le 28/02/2024 15:03
Il a toujours rien compris, ce pauvre Président, effectivement, il est temps qu'il s'en aille! La population n'est pas à réconcilier, puisqu'elle n'est pas fachée ! elle a simplement soif de justice, d'une justice saine et rendue "au nom du peuple sénégalais", par des magistrats qui ne sont ni au service du pouvoir, ni sous influence Présidentielle! c'est tout! La crise est une crise essentiellement interne à l'APR et BBY, mais ne concerne en rien la population toute entière, qui a d'autres chats à fouetter! Ce Président, pour assurer sa tranquillité future et celle de ses proches (voire les plus proches) qui sont soupçonnés -cequi ne fait pas encore d'eux des coupables- d'avoir pris quelques libertés avec la justice du pays: le meilleur moyen d'en avoir le coeur net, et bien c'est que la justice suiven son cours, que les dossiers ttransmis par les anciennes Présidentes de l'OFNAC soient traités convenablement, que le procureur de l'époque, nommé Président de l'OFNAC (silence, on dort!) rende des comptes devant ses pairs s'il a fauté, et que ceux qui doivent être condamnés -ou pas- soient condamnés -ou pas-!

C'est pas plus compliqué! et il a pas compris ca notre Président? Effectivement, il a bien besoin d'un repos qui risque d'être assez prolongé, car à l'intérieur comme à l'extérieur, m'est avis que les propositions d'embauche ne vont pas trop se bousculer...
Me François JURAIN

Nouveau commentaire :












Inscription à la newsletter