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Afghanistan : Le chef des talibans promeut un accord «politique»

Dimanche 18 Juillet 2021

Lancée début mai, l’offensive des insurgés n’a rencontré qu’une faible résistance de la part des forces afghanes et ils ont enregistré plusieurs victoires militaires.
 
Le chef des talibans a répété dimanche, dans un message à l’occasion de l’Aïd el Adha, qu’il restait «résolument favorable à un règlement politique» en Afghanistan. Le mouvement insurgé a enregistré plusieurs victoires militaires ces deux derniers mois.
 
«Au lieu de compter sur les étrangers, résolvons nos problèmes entre nous et sauvons notre patrie de la crise qui prévaut», poursuit Hibatullah Akhundzada dans ce message à l’occasion de la fête musulmane du Sacrifice. Des délégations du gouvernement afghan et des talibans ont repris samedi à Doha, au Qatar, des pourparlers entamés en septembre et restés jusqu’ici au point mort.
 
«Nous sommes, de notre côté, déterminés à trouver une solution via des discussions, mais le camp d’en face continue de perdre du temps», affirme Hibatullah Akhundzada.
 
Lancée début mai, à la faveur de l’entame de retrait définitif des forces étrangères du pays, l’offensive des insurgés n’a rencontré qu’une faible résistance de la part des forces afghanes.
 
Les talibans se sont ainsi emparés de vastes territoires ruraux d’Afghanistan et d’importants postes-frontière avec l’Iran, le Turkménistan, le Tadjikistan et le Pakistan. Les forces afghanes ne contrôlent plus essentiellement que les axes majeurs et les capitales provinciales.
 
«Emirat islamique»
 
Dans son message, le chef des talibans déroule ensuite une série d’engagements d’un futur «Emirat islamique» au pouvoir à Kaboul. L’émirat islamique était le nom du régime taliban qui dirigea l’Afghanistan entre 1996 et 2001, et en fut chassé par une coalition internationale menée par les États-Unis, après son refus de livrer le chef d’Al-Qaïda, Oussama ben Laden, dans la foulée des attentats du 11 septembre.
 
«Nous voulons de bonnes et fortes relations diplomatiques, économiques et politiques (…) avec tous les pays du monde, dont les États-Unis» et «nous assurons totalement les pays voisins, de la région et du monde, que l’Afghanistan ne permettra à personne de menacer la sécurité d’aucun autre pays depuis son sol», affirme-t-il.
 
Éducation des filles
 
Il fait la promotion de l’alphabétisation et assure que «l’Emirat islamique veillera particulièrement et s’efforcera de créer un environnement approprié à l’éducation des filles dans le cadre de la grandiose loi islamique». À l’époque, sous leur régime, les filles avaient été interdites d’école et les femmes de travailler.
 
Même si elles n’ont jamais été revendiquées, de nombreuses attaques contre des écoles ont également été attribuées aux talibans ces 20 dernières années.
 
Le chef des talibans assure les journalistes de son «engagement pour la liberté d’expression, dans la limite de la Charia et des intérêts nationaux» et affirme vouloir travailler avec les ONG internationales du secteur de santé. Il répète également promettre d’assurer la sécurité des diplomates, ambassades, consulats, organisations humanitaires et investisseurs étrangers.
 
Changer d’image
 
Depuis que Washington a annoncé l’an dernier le départ définitif des troupes étrangères d’Afghanistan, au terme d’un accord avec les talibans, ceux-ci tentent d’afficher une image plus moderne et modérée, notamment vis-à-vis de l’étranger.
 
Les talibans semblent opérer depuis longtemps sous une chaîne de commandement unique et efficace, menant des campagnes militaires d’ampleur, malgré des rumeurs persistantes de désaccords au sein de leurs dirigeants.
 
Mais la question de l’influence qu’auront les dirigeants talibans sur les commandants sur le terrain et s’ils seront capables de leur faire respecter un potentiel accord de paix reste posée.
 
Face à l’avancée des talibans, qui se sont récemment rapprochés de Kaboul, l’inquiétude grandit en Afghanistan, notamment dans la capitale et au sein de l’élite éduquée et des femmes, de leur possible retour au pouvoir, susceptible d’annihiler 20 ans de progrès, même si une grande partie des campagnes afghanes restent très traditionalistes. (ATS)
 
 
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