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Affrontements vers Tripoli malgré le vote de l'ONU

Vendredi 14 Février 2020

 
Des combats ont opposé jeudi les camps rivaux libyens au sud de Tripoli, entraînant la mort d'au moins un civil, ont rapporté des témoins et le gouvernement d'union (GNA). Cela malgré une résolution la veille du Conseil de sécurité réclamant «un cessez-le-feu durable».
 
L'aéroport de Mitiga, le seul fonctionnel de la capitale, a annoncé une nouvelle suspension des vols après la chute d'une roquette, tandis que des combats ont repris au sud de Tripoli entre les troupes du GNA, basé à Tripoli, et l'Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar, d'après les mêmes sources.
 
Des témoins ont entendu l'explosion de roquettes dans la région de Machrou Al-Hadhba, une zone agricole à une trentaine de kilomètres au sud du centre-ville. D'autres roquettes ont atterri dans des quartiers résidentiels, tuant une femme et blessant quatre autres civils, selon le porte-parole du ministère de la Santé du GNA, Amin al-Hachimi.
 
Haftar pointé du doigt
 
Interrogé par l'AFP, le porte-parole des forces du GNA reconnu par l'ONU  a confirmé des combats dans cette banlieue parsemée de fermes. Ce porte-parole, Moustafa al-Mejii, a accusé les forces loyales au maréchal Khalifa Haftar, le personnage fort de l'est libyen, d'avoir violé de nouveau la trêve fragile observée depuis le 12 janvier.
 
Malgré la trêve, des combats sporadiques ont lieu quotidiennement près de Tripoli et les armes continuent d'affluer dans le pays.
 
Discussions interrompues
 
Le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé mercredi - pour la première fois depuis le début de l'offensive du maréchal Haftar contre Tripoli en avril 2019 - une résolution réclamant qu'«un cessez-le-feu durable» succède dans ce pays à la trêve fragile observée depuis janvier.
 
La résolution réclame la poursuite des négociations de la commission militaire conjointe créée en janvier et réunissant les deux camps, pour aboutir à un «cessez-le-feu permanent» incluant un mécanisme de contrôle, une séparation des forces et des mesures de confiance.
 
Réunie à Genève, cette commission s'est séparée samedi dernier sans parvenir à un accord, l'ONU proposant de reprendre les discussions à partir du 18 février. Les affrontements autour de Tripoli ont causé jusqu'ici la mort de plus de 1000 personnes tandis que 140'000 ont été déplacées, selon l'ONU.
 
Appel du CICR
 
Le CICR a dénoncé le tribut toujours plus lourd payé par les civils. «Le conflit prolongé et l'économie au bord du gouffre font que les gens peinent à se procurer les articles les plus essentiels et à accéder aux services de base comme les soins de santé, l'eau potable ou encore l'éducation», a déclaré son président Peter Maurer, cité dans un communiqué, au terme d'une visite en Libye.
 
«Les gens ont épuisé toutes leurs économies et n'auront bientôt plus d'autres ressources. Les plus vulnérables sont ceux qui ont perdu leur soutien de famille», a ajouté le diplomate bernois qui a rencontré des habitants et des représentants des pouvoirs publics et des forces armées et qui s'est entretenu avec des membres du Croissant-Rouge libyen à Tripoli et à Benghazi.
 
Face aux «souffrances inouïes» subies par la population, le CICR se dit une nouvelle fois prêt à servir d'«intermédiaire neutre» entre le GNA et l'ANL pour répondre aux besoins humanitaires existants. (ats/nxp)
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