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Le pouvoir d’achat en mauvaise posture

Mardi 17 Janvier 2017

Le  pouvoir d’achat en mauvaise posture
Par Mamadou Sy Albert
Le Sénégal va mal, très mal même, diront certains travailleurs ne réussissant pas encore à joindre au quotidien  les deux bouts de la vie professionnelle et de la vie familiale. Le gouvernement ne prête pas attentivement son oreille à ce discours rangé, le plus souvent, dans les placards de l’opposant irréductible ; de celui des mécontents et des éternels contestataires tapis à l’ombre des salons privés et des espaces médiatiques.
 
Au-delà des critiques des uns et des autres et de l’autosatisfaction des gouvernants affichant un taux de croissance de plus de 6,5% de l’économie et des performances de sa gouvernance économique, c’est la question du pouvoir d’achat des travailleurs, des ménages  et des capacités de la richesse nationale à réduire les inégalités sociales, culturelles qui sont les véritables enjeux de l’état économique du pays et du développement.
 
C’est à ce titre qu’il a procédé à la baisse des prix du riz, du sucre, de l’huile dès son accession au pouvoir suprême, et à une baisse des impôts sur les salaires, l’augmentation de la pension des retraités et la mensualisation des pensions de retraite. Cet effort présidentiel a été renforcé par  la création de la bourse familiale dédiée aux familles les plus démunies de la population et d’une Couverture Maladie Universelle. Autrement dit, le pouvoir d’achat des ménages et des travailleurs est apparemment au centre des préoccupations déclinées à travers la politique gouvernementale. Seulement voilà. Croire que le Sénégal est sur  le chemin effectif de l’amélioration du pouvoir d’achat, des conditions de vie des citoyens et que le pays baigne, l’argent circule à flot, pourrait souffrir d’un grave malentendu entre le Président de la République en exercice, sa majorité et les populations sénégalaises fatiguées par la crise multiforme.
 
Le pouvoir d’achat des travailleurs et des ménages est loin de permettre aux salariés de subvenir à leurs besoins fondamentaux. Le niveau de vie des Sénégalais est en régression continue, si on le mesure par les difficultés : à manger, se soigner, se vêtir et habiter décemment. Les bas salaires ne permettent guère à la grande masse des travailleurs de vivre. Beaucoup de ces braves gens végètent. Ils n’ont aucun accès aux services de qualité et aux biens indispensables à la vie du travailleur.
 
Pendant que les travailleurs et les ménages sont privés de la satisfaction des besoins élémentaires de la vie, l’entreprise sénégalaise se heurte toujours à des difficultés récurrentes : le coût élevé de l’électricité, des intrants, du transport, des taxes, des  impôts et un environnement ne garantissant pas son accès aux marchés publics nationaux et locaux.
 
La mise à l’écart  systématique du secteur privé de  la  compétition des marchés publics au profit de multinationales et d’une clientèle internationale, en raison de ses  faibles capacités techniques et financières traduit la persistance d’une politique économique peu en adéquation avec les aspirations légitimes des privés nationaux de bâtir ensemble avec l’Etat, l’économie du pays. Les privés se plaignent de ce climat des affaires pollué et du déficit de patriotisme économique de l’Etat.
 
Les lignes de la création de l’emploi dans la fonction publique nationale et locale n’ont pas bougé sous la seconde alternance. Les intentions de création massive des emplois  du Président- candidat présagent une révision à la baisse des ambitions présidentielles. Ils sont de plus 3 000 diplômés chômeurs à la recherche du premier moment.  Ils vivent des conditions de vie difficiles à supporter socialement et moralement.
 
La majorité de ces jeunes vivent, dans le meilleur des cas, au crochet du père retraité ou du soutien d’un parent. Le restant de cette armée de jeunes sans horizons vit entre la déprime et l’angoisse existentielle d’avoir été formée pour devenir chômeur. Au même moment, ce sont des milliers de demandeurs d’emplois qui attendent des éclaircies dans le ciel de l’emploi menant à la fonction publique hypothétique.
 
Le gouvernement devrait probablement réexaminer sa copie en matière de pouvoir d’achat des travailleurs, des ménagers, des diplômés chômeurs et des opérateurs privés asphyxiés financièrement. La baisse du prix des denrées de consommation de masse est un levier inefficient. Il s’est agité pour faire baisser juste la tension sociale électorale. Cet effort est insuffisant pour relancer la consommation et la production économique nationale.
 
La baisse des impôts sur les salaires se révèle également insuffisante à l’épreuve de la crise multiforme de l’économie nationale plombée, par les exigences des bailleurs de fonds et des partenaires techniques et financiers. Et c’est là que gît le lièvre gouvernemental. Tant que les pouvoirs publics n’auront pas une politique économique cohérente, planifiée intelligemment entre les régions et capable de faire face à la crise profonde que traverse la structure de notre économie extravertie, ils  ne pourront  pas renverser la courbe descendante du pouvoir d’achat et  celle de l’affaiblissement chronique de notre tissu économique et notre système de formation aux métiers classiques et aux nouveaux métiers innovants. C’est une autre paire de manches pour réellement émerger économiquement avec un pouvoir d’achat capable de faire produire et de consommer.

 
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1.Posté par fofana mamadou le 03/02/2017 16:41
j'adore

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