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FBI, Russie: les démentis et les oublis du ministre américain de la Justice

Mardi 13 Juin 2017

FBI, Russie: les démentis et les oublis du ministre américain de la Justice
Le ministre américain de la Justice, Jeff Sessions, a dénoncé mardi comme un "mensonge détestable" l'idée qu'il aurait pu être de connivence avec le gouvernement russe, lors d'une audition au Sénat où ses souvenirs ont parfois semblé en décalage avec ceux de l'ex-chef du FBI, James Comey.

Eminence grise et très proche fidèle de Donald Trump, l'Attorney general s'est récusé dans l'enquête sur la Russie qui empoisonne la présidence.

Mais certains le soupçonnent d'avoir continué en coulisse à tirer des ficelles, notamment en recommandant le renvoi en mai de M. Comey. Ce dernier a fortement irrité la Maison Blanche avec son enquête sur l'ingérence de Moscou dans l'élection de 2016.

"Toute suggestion selon laquelle j'aurais été de connivence ou j'aurais eu connaissance d'une entente avec le gouvernement russe, dirigée contre mon pays, (...) serait un mensonge éhonté et détestable", a déclaré en préambule Jeff Sessions, un ancien sénateur de l'Alabama connu pour son conservatisme.

Une des questions se posant devant les sénateurs de la commission du Renseignement était de savoir combien de fois M. Sessions a rencontré l'an passé l'ambassadeur de Russie aux Etats-Unis, Sergueï Kisliak.

Il s'était vu reprocher de n'avoir pas dit, lors de son audition de confirmation au Sénat en janvier, qu'il avait rencontré pendant la campagne présidentielle le diplomate. Le ministre avait ensuite dû admettre deux rencontres.

Ce mardi, M. Sessions s'en est tenu à ce chiffre, mais sans écarter formellement la possibilité d'une troisième rencontre dont il ne se souviendrait pas.

- 'Peut-être croisé' –
"Je l'ai peut-être croisé dans une réception", a-t-il dit au sujet d'une réunion politique organisée en avril 2016 dans un grand hôtel de Washington, où les deux hommes étaient présents.

Un deuxième point sur lequel était très attendu Jeff Sessions concernait une réunion le 14 février à la Maison Blanche, à l'issue de laquelle M. Trump aurait demandé à James Comey d'abandonner l'enquête sur l'ancien conseiller Michael Flynn.

Pour les démocrates, la président s'est alors rendu coupable d'une tentative d'entrave à la justice, foulant les principes de séparation des pouvoirs.

Selon la version de l'ex-grand chef policier, Donald Trump avait fait sortir tous ses conseillers du Bureau ovale, y compris le ministre de la Justice, avant de formuler sa requête choquante.

Après cet épisode, M. Comey dit être allé voir Jeff Sessions pour lui demander de s'interposer à l'avenir entre lui et le président, afin d'empêcher toute interférence politique dans les investigations. Jeff Sessions n'a pas répondu, selon son récit.

"Je peux me tromper, mais son langage corporel semblait dire: qu'est-ce que je peux y faire ?", a raconté l'ancien patron du FBI.

Interrogé sur cette réunion, Jeff Sessions a livré une version des faits semblant minimiser l'incongruité de la rencontre en tête-à-tête entre l'enquêteur en chef et l'homme dont les proches étaient visés par des investigations.

- Comey était 'préoccupé' –
"Je me souviens avoir été un des derniers à sortir" de la pièce, à relaté le ministre de la Justice. MM. Trump et Comey étaient selon lui occupés à discuter. "Cela ne m'a pas paru être un problème", a dit le ministre.

M. Comey "a soulevé le problème le lendemain", a-t-il poursuivi, et a exprimé sa "préoccupation". "J'avais confiance dans le fait qu'il se cantonnerait aux règles des communications avec la Maison blanche", a-t-il précisé.

M. Sessions s'est enfin dit "confiant" dans Robert Mueller, que son adjoint Rod Rosenstein a nommé procureur spécial chargé d'enquêter sur l'ingérence russe, en soulignant qu'il serait "inapproprié" de sa part de peser dans cette enquête.

Il s'est d'ailleurs réfugié à plusieurs reprises dans une prérogative liée à sa fonction, lui permettant de ne pas révéler certains détails de ses discussions avec Donald Trump.

Un ami du président, Chris Ruddy, a affirmé lundi que le président envisageait "de peut-être licencier le procureur spécial".

Mais le numéro deux du ministère américain de la Justice, Rod Rosenstein, a assuré mardi qu'il n'avait aucun motif ni intention de renvoyer le procureur spécial.
 
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