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Mardi 4 Aout 2026

Donald Trump

Le Moyen-Orient continue sa représentation quotidienne. Un théâtre de cendres où les acteurs jouent avec des allumettes au-dessus d'un baril de poudre, tandis que le reste du monde compte les minutes avant la prochaine explosion.

 

Lundi 3 août, Téhéran a balayé d'un revers de main les déclarations de Donald Trump. Pas de négociations avec Washington, a tranché la République islamique. Rien. Néant. Circulez, il n'y a rien à voir.

 

Quelques heures plus tôt, le président américain affirmait pourtant que les discussions allaient reprendre. Comme souvent avec Trump, la réalité semble avoir été prévenue après coup.

 

Les Iraniens, eux, expliquent qu'ils discutent avec Oman pour sécuriser un passage dans le détroit d'Ormuz. Une précision qui ressemble à une gifle diplomatique. Nous ne parlons pas avec Washington, semblent-ils dire. Nous parlons avec ceux qui peuvent encore être pris au sérieux.

 

Depuis cinq mois, la région brûle. Les chancelleries publient des communiqués. Les experts remplissent les plateaux de télévision. Les morts remplissent les cimetières. Et les marchés, eux, continuent de suivre le prix du pétrole comme un cardiologue observe un électrocardiogramme.

 

Trump, après avoir promis le feu du ciel à l'Iran, a finalement annoncé qu'il renonçait à une nouvelle attaque majeure. Le pyromane explique désormais qu'il préfère discuter avec l'incendie.

 

« Bien sûr qu'ils ne veulent pas être attaqués », a-t-il déclaré. Une révélation d'une profondeur philosophique vertigineuse. Les Iraniens ne souhaitent pas recevoir des missiles sur la tête. Qui l'aurait cru ?

 

Les marchés, eux, n'ont manifestement pas été convaincus. Le pétrole a décroché comme un témoin qui comprend soudain que les adultes aux commandes sont peut-être plus instables que la situation elle-même.

 

Pendant ce temps, le détroit d'Ormuz reste sous contrôle iranien. La gorge énergétique de la planète est tenue par une main qui refuse de lâcher prise. Une seule route autorisée. Un seul passage. Une seule certitude : l'économie mondiale demeure suspendue aux humeurs d'un homme couleur mandarine qui confond souvent stratégie et ego.

 

Certains parleront d'entêtement iranien. Peut-être. Mais une autre question mérite d'être posée.

Comment accorder sa confiance à un président qui annonce une guerre le matin, une négociation à midi et une victoire diplomatique le soir ? Comment prendre au sérieux une diplomatie qui ressemble à un trouble bipolaire retransmis en direct sur les chaînes d'information ?

 

J'attaque. Je n'attaque plus. Je négocie. Je ne négocie plus.

 

À ce stade, le problème n'est plus géopolitique. Il devient psychiatrique. Et le plus inquiétant n'est pas que cet homme tienne de tels discours. Le plus inquiétant est qu'il les tient depuis le bureau de la première puissance mondiale. Dans n'importe quelle autre circonstance, on lui conseillerait du repos, un suivi médical et quelques semaines loin des boutons rouges.

 

À la Maison-Blanche, on appelle cela la présidence. Le signe d'une administration Trump en panne sèche au Moyen-Orient ? D'après CNN, l'armée américaine fouille une nouvelle fois sa boîte à outils, à la recherche d'un moyen inédit de faire plier l'Iran. Comme si des décennies de sanctions, de menaces, d'opérations clandestines et de démonstrations de force n'avaient pas déjà été utilisées jusqu'à l'usure.

 

Pendant ce temps, la guerre s'étire comme une maladie chronique. Washington cherche une nouvelle pression à exercer, un nouveau bouton à actionner, un nouveau tour de vis sur une mécanique qui grince depuis quarante ans. Le problème, c'est qu'à force de n'avoir que des marteaux, on finit par prendre chaque crise pour un clou.

 

L'Empire cherche une issue, comme un joueur ruiné fouillant ses poches à la recherche d'une dernière pièce. Téhéran serre les dents et compte les coups. Et au milieu, le Moyen-Orient continue de remplir sa fonction historique : un gigantesque champ d'essais où les puissants viennent tester leurs théories sur la chair humaine.

 

Les stratèges recyclent les mêmes manuels jaunis, les mêmes sanctions miraculeuses, les mêmes menaces censées apporter la paix à coups de massue. Ils échouent avec une régularité d'horloge suisse, puis reviennent quelques années plus tard sous un nouveau slogan, une nouvelle doctrine et un nouveau logo. Le produit reste identique ; seul l'emballage change.

 

Les villes deviennent des gravats, les gravats deviennent des statistiques, les statistiques deviennent des conférences. Et dans les chancelleries où l'on dissèque les catastrophes à distance, chacun feint de s'étonner qu'une expérience ayant déjà échoué cent fois produise, pour la cent-unième, exactement le même désastre.

Tarak Amira

 
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