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Visite en France - Le pape prône la paix et fustige la « tromperie » dans les relations internationales

Lundi 28 Septembre 2026

Le pape Léon XIV en France, septembre 2026

Au dernier jour de sa visite en France, le pape a appelé l’Europe, lundi à Metz, à se dresser contre « le mensonge et la tromperie » dans des relations internationales « de plus en plus barbares », et plaidé pour la paix, même s’il faut « sacrifier certaines positions ».

 

Avant de regagner Rome en soirée, Léon XIV a effectué dans l’après-midi la dernière déambulation en « papamobile » de ce voyage – devant une foule plutôt modeste, sans commune mesure avec les marées humaines observées à Paris et à Lourdes. Il devait ensuite célébrer une messe dans la cathédrale Saint-Étienne de la cité lorraine, en présence du président Emmanuel Macron.

 

Auparavant, le pontife américain a tenu un discours aux accents politiques et diplomatiques – en l’absence remarquée de la plupart des dirigeants des 26 autres membres de l’UE, pourtant invités par l’Élysée.

 

Blâmant des « relations humaines, et entre les États, de plus en plus barbares », le pape a critiqué que l’on « se vante plutôt du mensonge et de la tromperie » et exhorté en conséquence l’Europe à « mettre fin à cette spirale grâce au respect de l’autre qu’elle a su cultiver et préserver ».

 

Léon XIV n’a fait référence à aucun dirigeant ni à aucun pays, mais le premier pape américain entretient des relations notoirement mauvaises avec Donald Trump, qui l’a qualifié en avril de « nul » en politique étrangère.  

 

Quand le président des États-Unis accuse l’UE d’avoir été créée pour « arnaquer » les États-Unis, le souverain pontife a rendu à Metz un hommage appuyé à Robert Schuman, l’un des pères de la construction européenne.

 

L’Europe doit retrouver « le courage de ses fondateurs […] le courage pour ne pas céder au repli, à la haine de l’autre, au retour des nationalismes qui divisent », a lancé de son côté M. Macron.

 

« Nous sommes très réjouis de ce pape qui ose un positionnement politique », a commenté après ces discours Isabelle Gerber, une pasteure protestante venue assister à la messe à la cathédrale. « Nous sommes entourés de gens qui piétinent le droit. Quand l’Église dit : on soutient la démocratie, ça mérite d’être souligné », a-t-elle ajouté.

 

« La paix, l’entraide, tout ce qu’il a souhaité, tout le monde le demande », a analysé de son côté Bernard Adam, 70 ans, rencontré lui aussi à la cathédrale. Pour lui, le pape devrait aller rencontrer « Trump et Poutine », car il « peut avoir une influence, faire avancer les choses ».

 

Dans le poste de pilotage

 

Auparavant, le pape, aux côtés de représentants d’autres cultes, avait considéré que le discours religieux devait « désarmer les cœurs » et qu’invoquer Dieu pour « légitimer la violence ou l’oppression » équivalait à une « profanation ».

 

Les représentants de différents cultes en France – islam, judaïsme, protestantisme, bouddhisme – ont signé un « Appel de Metz », déclaration commune appelant au dialogue interreligieux et à la paix.

 

Pour sa dernière journée en France, Léon XIV a fait le trajet entre Lourdes et Metz escorté par deux avions de l’armée de l’Air et a passé une demi-heure dans le poste de pilotage de l’A321 d’Air France.

 

1,3 million de fidèles

 

Accueilli dans une immense ferveur depuis vendredi, à Paris puis Lourdes, Léon XIV, 71 ans, a voulu faire passer des messages forts sur la fin de vie et la laïcité.  

 

Lors de ce premier séjour en France, pays d’où est originaire sa grand-mère, Robert Francis Prevost a lancé plusieurs appels à la paix, à défendre la dignité des exilés et à contrôler l’intelligence artificielle en se méfiant de l’avènement d’un « paradis de machines ».


 

Très attendu sur la question des violences sexuelles dans l’Église, le pape a clairement appelé, dimanche à Lourdes, les évêques français à « poursuivre » leur action face au « fléau » des violences sexuelles « en maintenant la plus grande vigilance ». Il a rencontré pendant deux heures à huis clos plusieurs victimes.

 

Bains de foule en papamobile, messes géantes, veillée avec des jeunes au Stade de France : Léon XIV, souriant et chaleureux, a attiré d’immenses foules sur son passage, signe d’une popularité affirmée 16 mois après son élection à la tête de l’Église catholique. Selon les chiffres communiqués par le Vatican, plus de 1,3 million de personnes sont déjà venues à sa rencontre entre vendredi et dimanche. [AFP]

 
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