Depuis la publication d’une vidéo raciste sur le compte de réseau social du président Donald Trump, la Maison-Blanche a multiplié les réactions contradictoires.
Elle a d’abord dénoncé une « fausse indignation », puis a supprimé la publication et rejeté la faute sur un membre de son personnel.
Donald Trump a ensuite déclaré vendredi qu’il n’avait pas commis d’erreur.
Le président républicain a insisté sur le fait qu’avant la publication de la vidéo, personne n’avait vu la partie représentant l’ancien président Barack Obama et l’ancienne première dame Michelle Obama comme des primates dans la jungle.
Cependant, la présidente du caucus noir du Congrès a donné une explication différente à l’Associated Press.
« Il est évident que cette vidéo visait à nuire, à blesser, a indiqué la représentante Yvette Clarke, démocrate de New York. L’Associated Press s’est entretenue avec Mme Clarke, qui dirige un groupe de plus de 60 membres noirs de la Chambre et du Sénat, quelques heures après la suppression de la vidéo vendredi.
« Nous avons affaire à un régime sectaire et raciste, a commenté Mme Clarke, interrogé sur sa réaction en voyant cette publication. Chaque semaine, en tant que peuple américain, nous sommes contraints de réagir à des actes cruels ou extrêmement choquants de cette administration. C’est devenu leur mode opératoire. »
Yvette Clarke ne croit pas à l’explication de la Maison-Blanche selon laquelle il s’agirait d’une erreur d’un collaborateur.
« Ils ne disent pas la vérité. S’il n’y avait pas ce climat toxique et raciste à la Maison-Blanche, nous ne verrions pas ce genre de comportement, d’où qu’il vienne, a-t-elle constaté. Nous voici en 2026, célébrant le 250e anniversaire des États-Unis d’Amérique et le centenaire de la commémoration de l’histoire des Noirs, et voilà ce qui sort de la Maison-Blanche un vendredi matin. C’est indigne de nous tous. »
Mme Clarke a indiqué que la Maison-Blanche n’a fait aucune démarche envers le caucus noir du Congrès et qu’il est impératif d’engager le dialogue avant ce genre de pitreries puériles.
Les critiques républicaines se sont intensifiées plus rapidement vendredi que lors des précédentes polémiques concernant M. Trump.
Une réaction que Mme Clarke comprend tout à fait : « Nos communautés, que nous représentons, n’ignorent pas que des élections approchent. Mes collègues non plus. S’ils s’associent à ce genre d’images obscènes, à ce genre d’attaque sectaire et raciste contre un ancien président en exercice et son épouse, ils se rangent du côté d’un individu qui s’est révélé être une honte. »
Elle a ajouté que la rétractation de Donald Trump est, selon elle, davantage un calcul politique qu’une question de morale. « Ma mère dirait qu’il est trop tard et qu’il n’y a plus de pitié. »
« J’espère que nous pourrons limiter les dégâts qu’ils causent. Des enfants noirs écoutent leur président, voient ce qu’il publie sur Truth Social et cela aura un impact sur la façon dont ils perçoivent les dirigeants de leur pays, a expliqué Yvette Clarke au sujet des efforts que devrait fournir la Maison-Blanche. Je pense que cette administration a la possibilité de changer de cap. Elle le fait toujours. Nous laissons cette possibilité. Mais, malheureusement, Donald Trump est fait ainsi. »
« En tant que démocratie, nous devons nous unir contre ce racisme, ce sectarisme et cette haine émanant du président des États-Unis et de son entourage, a conclu Mme Clarke. Il est évident que cette vidéo visait à nuire, à blesser. Sinon, elle ne serait pas restée en ligne pendant douze heures. » [Associated Press]