Vers le congrès de Pastef, lier la massification aux actions de mobilisations populaires ! (Par Fodé Roland Diagne)

Vendredi 2 Janvier 2026

Fodé Roland Diagne

L’objectif assigné par le président de Pastef est 1 million d’adhérents et 10.000 cellules dans la perspective du 1er congrès.

 

Le contexte est marqué malheureusement par des tiraillements internes sur des questions dont la lisibilité est floue alors que l’unité est une sage exigence jusqu’en 2028 pour qu’à défaut d’une solution entre les militants du parti que sont Diomaye et Sonko le parti soit à même de trancher démocratiquement QUI sera son candidat en 2029.

 

Le discours du président du 31 décembre Diomaye, tout en émettant les réalisations, met l’accent sur « la stabilité pour attirer les investisseurs » et sur « l’hommage aux forces de défense et de sécurité » (armée, gendarmerie, police).

 

Les critiques qui fusent notent l’absence de la reddition des comptes financiers et des crimes de sang qui sont des demandes citoyennes de justice et du Jub, Jubal, Jubanti cité par lui dans son discours.

 

L’esprit de division au sein de Pastef et plus généralement au sein du camp souverainiste est alimenté par l’opposition systématique qui est fait entre « stabilité, paix sociale » et «  reddition des comptes financiers et justice pour les victimes des crimes liberticides et de sang ». Certains poussent même jusqu’à préconiser l’expulsion du président Diomaye, ci-devant ex-secrétaire général, de Pastef. L’étape suivante d’après cette logique infantile devrait être de demander la démission de Sonko de la fonction de premier ministre, ce que le nommé à déjà exclu fort justement.

 

Il faut stopper la surenchère séparatiste qui se polarise sur l’existence de fait d’une double « coalition », celle pilotée par l’ex-première ministre trotskiste libérale APR/BBY et tête de file de la campagne de la 14éme législature parlementaire et celle dirigée par une libérale ex-PS devenue ensuite PDS.

 

C’est à ce niveau que nous devons remettre au centre du jeu politique, non les leaders, mais le parti Pastef en le démocratisant du sommet à la base.

 

La campagne de massification de Pastef ne doit pas être à l’image des campagnes d’adhésions du PS, du PDS et autres partis bourgeois néocoloniaux. Elle doit avoir l’originalité de lier adhésion et engagement militant. Et cela à l’instar de l’expérience de la résistance populaire contre l’État répressif néocolonial hors la loi de l’APR/BBY caractérisée par l’esprit d’initiative, d’inventivité, d’ingéniosité de la base au sommet dont le clou avait été la « sonkorisation » de toute la vie sociale au quotidien.

 

Pour ce faire, nous devons décliner sur le terrain la recommandation du président de la République selon laquelle suite « aux Assises de la justice que le peuple fasse pression pour que justice soit faite parce qu’elle est rendue au nom du peuple ».

 

Pour obtenir l’exigence du premier ministre qui appelle à « nettoyer pour que justice soit rendue aux victimes », le parti, Pastef, doit renouer avec la solidarité organisée, de la base au sommet, avec les familles des tués, des torturés, des emprisonnés, etc.

 

La reddition des comptes des crimes de sang et victimes de l’État hors la loi est inévitable et incontournable. Personne ne peut jouer avec cette indispensable besoin de justice dont l’objectif du plus jamais çà parce que les ordres et actes illégaux ne peuvent demeurer impunis.

 

La reddition des comptes financiers est tout aussi nécessaire pour renflouer les caisses vidées de l’État par les prédateurs libéraux néocoloniaux mais aussi parce que la punition des voleurs de milliards est aussi préventive pour faire respecter le Jub, Jubal, Jubanti.

 

Voilà pourquoi, il faut absolument que Pastef et l’ensemble de ses démembrements de la base au sommet doivent lier la vente des cartes aux actions de mobilisations sur le terrain des victimes des crimes de sang, de tortures, d’emprisonnement. Pastef doit organiser les démarches de saisine populaire des tribunaux par ces victimes en n'y mettant, y compris les moyens financiers, logistiques autour du mot d'ordre central : AUCUNE VICTIME NE SERA SEULE DEVANT LA JUSTICE !

 

Rappelant le slogan populaire « sunu 400.000 », Pastef peut et doit organiser les actions de plaintes citoyennes devant les juridictions appropriées pour la reddition des comptes financiers autour du slogan : Justice pour le Jub, jubal, Jubanti d’hier, d’aujourd’hui et de demain !

 

Contre la duplicité tactique d’étranglement financier du pays par le FMI/BM, Pastef doit organiser aussi des plaintes de citoyens dans les juridictions dédiées autour du mot d’ordre vérité et justice sur la "dette dissimulée" et la reddition des comptes financiers et sur cette base rejoindre l’actuelle campagne de l'audit citoyen de la dette.

 

Franchement, il est temps, grand temps de sortir du piège malsain de la division qui menace pour que vive à nouveau le parti, Pastef, comme collectif dirigeant du sommet à la base dans lequel le leader anime le Bureau politique comme direction collégiale et les leaders de la base dans les localités animent des directions collégiales à partir desquelles la liaison descendante et ascendante avec les masses populaires est organisée.

 

Gagner les élections présidentielle et législative ne sont que des étapes dans la marche vers la dé-néo-colonisation de l’appareil d’État néo-colonial. La tâche fondamentale est donc de libérer le Sénégal de l’emprise néocolonial dans la perspective d’une libération de l’Afrique.

 

Il faut donc comme le dit Amilcar Cabral ne pas se laisser illusionner par « des victoires faciles », car les élections gagnées sont des marches d’escalier pour grimper vers les sommets de la libération nationale panafricaine.

 

03/01/26 

Diagne Fodé Roland

 

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