Une vingtaine de pays, dont la France, le Royaume-Uni et le Japon, ainsi que la Commission européenne, ont exprimé lundi leur « profonde préoccupation » face à la situation humanitaire « catastrophique » qui persiste à Gaza, exhortant Israël à ne pas appliquer sa nouvelle loi d'enregistrement ciblant les ONG internationales (ONGI).
Dans une déclaration conjointe publiée lundi, les signataires soulignent que l'aide entrant à Gaza reste « largement insuffisante, tant en quantité qu'en qualité », alors que la quasi-totalité de la population dépend de services vitaux.
Le groupe des signataires se dit profondément préoccupé par la récente décision de la Haute Cour israélienne de rejeter le recours des ONGI concernant la loi d'enregistrement. Le texte avertit que la loi d'enregistrement affectera et limitera sévèrement la capacité des ONGI à intervenir dans le Territoire palestinien occupé, y compris à Qods-Est, exhortant à nouveau fermement Israël à ne pas mettre en œuvre cette loi dans sa forme actuelle.
Le communiqué souligne que les ONG internationales font « partie intégrante de la réponse humanitaire ». En travaillant avec les organisations de la société civile palestinienne et les Nations unies, elles fournissent une part importante des services essentiels dans des secteurs tels que l'eau, l'assainissement, les installations d'hygiène, les hôpitaux de campagne, l'éducation, la nutrition et les efforts de déminage.
Qualifiant ces organisations de « professionnelles et transparentes », les signataires précisent qu'elles jouent un rôle indispensable dans la fourniture d'une aide humanitaire fondée sur des principes. Leur rôle est jugé essentiel pour le relèvement précoce, les efforts de reconstruction et la mise en œuvre de la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies. La déclaration ajoute que leur travail est crucial pour la survie et le bien-être des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, y compris à Qods-Est.
Les signataires dénoncent par ailleurs le fait que la loi sur les ONGI s'inscrit dans « un schéma plus large de mesures restrictives », soulignant les heures d'ouverture et de fonctionnement limitées des points de passage, les restrictions d'entrée pour les produits essentiels considérés comme étant à double usage, ainsi que d'autres obstacles bureaucratiques qui « entravent la réponse humanitaire requise d'urgence pour répondre aux besoins massifs sur le terrain ».
La déclaration appelle également Israël à se conformer à ses obligations au titre du droit international humanitaire.
« L'accès humanitaire est non négociable », précise le communiqué. Les signataires soulignent que toutes les organisations humanitaires reconnues internationalement, les ONGI, le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et les agences de l'ONU, y compris l'UNRWA, doivent pouvoir mener à bien leur travail vital « sans obstruction ».
« Israël est tenu de garantir et de faciliter, sans délai, l'acheminement sûr, rapide et sans entrave de l'assistance humanitaire à la population civile, et de s'abstenir de toute action qui entraverait de quelque manière que ce soit la livraison de cette assistance, y compris celle fournie par les organisations humanitaires », conclut le texte.
La déclaration a été signée par l'Australie, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, le commissaire européen à l'Égalité, à la Préparation et à la Gestion des crises (Lahbib), l'Estonie, la France, la Finlande, l'Irlande, l'Islande, le Japon, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Norvège, la Pologne, le Portugal, la Slovaquie, l'Espagne, la Suède et la Suisse. [Press TV]