Une série de revers électoraux secoue les républicains

Mercredi 4 Février 2026

L’élection d’un démocrate samedi au parlement du Texas aurait pu passer inaperçue. Mais sa victoire sans appel dans une circonscription largement remportée par Donald Trump en 2024 alarme les républicains à quelques mois des élections de mi-mandat.

 

En amont du scrutin, le locataire de la Maison-Blanche avait bien tenté sur Truth social d’éviter un revers cuisant à la candidate républicaine Leigh Wambsganss en lui apportant son « soutien complet et total » face à Taylor Rehmet.

 

En vain : entre la présidentielle de novembre 2024 et l’élection de samedi, cette circonscription couvrant certaines banlieues de la métropole de Fort Worth a basculé de plus de 30 points de la droite vers la gauche.

 

Le président républicain a alors tenté de prendre ses distances : « Je ne suis pas impliqué là-dedans. C’est une élection locale au Texas », a-t-il déclaré une fois les résultats connus.

 

Propos qui tranchent avec ceux de Ron DeSantis, gouverneur de Floride et un temps rival de Donald Trump pour l’investiture républicaine à la présidentielle de 2024.

 

« Un basculement de cet ordre de grandeur ne peut pas être ignoré », a déclaré sur X l’élu conservateur, appelant les républicains à être « lucides sur l’environnement politique à l’approche des élections de mi-mandat ».

 

Car en novembre, la majorité ténue dont dispose Donald Trump au Congrès sera remise en jeu. De l’issue du scrutin législatif dépendra la suite du second mandat du milliardaire républicain.

 

« Opportunité »

 

Pour Julian Zelizer, professeur d’histoire politique à l’université de Princeton, le vote au Texas est « certainement un signal d’alarme » pour les républicains. Celui-ci vient s’ajouter à d’autres résultats électoraux inquiétants.

 

Au Minnesota, dans deux fiefs certes déjà ancrés à gauche, les candidats démocrates ont remporté fin janvier plus de 95 % des voix.

Dans le Tennessee, une législative partielle a vu en décembre la marge de victoire du candidat républicain fondre de plus de 12 points par rapport à novembre 2024.

 

En Virginie, les démocrates ont repris aisément à l’automne dernier le siège de gouverneur à la droite.

 

Ces revers, couplés à la cote de popularité en chute libre de Donald Trump, suggèrent que les démocrates ont une « vraie opportunité » en novembre, même dans certains États traditionnellement républicains, estime Julian Zelizer pour l’AFP.  

 

D’autant plus que le président n’est pas particulièrement réputé pour sa capacité à se remettre en question et à « rectifier le cap », ajoute-t-il.

 

Selon le professeur, les Américains se détournent du républicain car le coût de la vie reste élevé malgré ses promesses de campagne et parce qu’il semble se concentrer sur la politique étrangère et des projets personnels, comme la construction d’une salle de bal pharaonique à la Maison-Blanche.

 

« Mensonge »

 

À droite, les critiques se font encore généralement à mots couverts, mais certains osent à présent s’élever contre la figure tutélaire du mouvement « MAGA ».

 

« Je pense que les gens se rendent compte que tout cela, c’était un mensonge », a assuré récemment Marjorie Taylor Greene. Celle qui comptait parmi les premières fidèles de Donald Trump est devenue l’une de ses plus grandes détractrices en raison de l’incapacité selon elle du milliardaire à mettre « l’Amérique d’abord ».

 

« Ceux que MAGA sert véritablement dans ce gouvernement, ce sont leurs gros donateurs », a lancé fin janvier la désormais ex-parlementaire républicaine lors d’une interview avec la podcasteuse Kim Iversen.

 

Donald Trump semble bien conscient des risques de perdre sa marge de manœuvre en novembre, lui qui avertit que si les démocrates reprennent le Congrès, ils s’attèleront à lancer rapidement une procédure de destitution.

 

Il a appelé lundi à ce que l’État fédéral prenne le contrôle du processus électoral dans une quinzaine d’États, une mesure contraire à la Constitution et qui inquiète les associations de défense des droits civiques.

 

Rare note positive à droite ces derniers temps, le Parti républicain dispose de plus de 95 millions de dollars dans ses coffres avant la campagne de mi-mandat, contre seulement 14 millions pour le Parti démocrate. [AFP]

 
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