Un homme politique chypriote et député indépendant au Parlement européen a mis en garde contre le risque que les investissements et acquisitions immobilières croissantes d’Israël à Chypre ne modifient profondément le caractère social et économique de l’île.
« Israël est en train d’acheter Chypre », a écrit samedi Fidias Panayiotou sur X, en référence à la multiplication des projets fonciers menés par des entreprises et investisseurs israéliens.
D’après ses termes, les investissements étrangers ont considérablement augmenté ces dernières années, en particulier dans les secteurs de l’immobilier et de l’aménagement du territoire, les Israéliens figurant désormais parmi les principaux acheteurs.
Pour lui, la propriété étrangère en soi n’est pas forcément négative, mais elle peut devenir problématique en l’absence de transparence et de contrôle effectif.
« Le problème, c’est que notre économie dépend des investissements israéliens pour bien fonctionner », a-t-il expliqué, estimant que ces achats massifs créaient de véritables « cercles résidentiels fermés dans certaines zones ».
Panayiotou a attribué cette expansion incontrôlée à la faiblesse des contrôles, la corruption et la dépendance de l’administration chypriote grecque à l’égard des investissements étrangers, qui ont permis une expansion non régulée des investisseurs étrangers les plus fortunés.
Dans son poste, le député chypriote a affirmé que les communautés israéliennes installées dans le sud de l’île développent progressivement leurs propres infrastructures, notamment des écoles fréquentées principalement par des enfants israéliens.
Appelant à une réglementation plus stricte, Panayiotou a exhorté les autorités à adopter une législation garantissant une plus grande transparence dans les achats de terrains et le respect des lois en vigueur.
Il a enfin plaidé pour des mesures destinées à renforcer l’économie locale, afin de réduire la dépendance au capital étranger et l’influence extérieure sur les affaires intérieures du pays.
Ceci intervient alors qu’environ 15 000 Israéliens vivent aujourd’hui à Chypre, et leur présence suscite des débats intenses allant jusqu’à inciter le secrétaire général du parti de gauche Akiel, le deuxième plus grand parti du pays, Dimitris Christofias, à mettre en garde contre le phénomène de « l’invasion coloniale juive sur l’île ».
Le parti Akiel a soumis deux projets de loi au Parlement chypriote visant à « réguler et contrôler les mécanismes d’octroi de visas dorés », octroyés aux étrangers en échange d’un investissement d’au moins 300 000 euros dans l’immobilier ou des actions dans des entreprises, et à surveiller d’autres opérations « utilisées comme alternatives, permettant aux citoyens de pays tiers d’acheter des biens en groupe, souvent dans des zones géographiques sensibles près d’installations vitales appartenant à la République de Chypre ».
« Notre pays nous est arraché. Israël nous occupe. Les Israéliens achètent des propriétés dans des zones sensibles qui menacent la sécurité nationale de l’île », a averti Dimitris Christofias, ancien président de la République de Chypre.
Par ailleurs, la chaîne de télévision publique israélienne Kan 11 a diffusé la semaine dernière un reportage intitulé Chypre Express, racontant la vie des Israéliens à Chypre, dans lequel l’expression « colonisation israélienne » a été utilisée.
En outre, le journal chypriote Politis a fait état de « l’augmentation des achats par les Israéliens de terrains et de maisons sur l’île au cours de ces dernières années ». [Press TV]