"Le Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP) informe l’opinion publique avoir adressé des correspondances au Premier ministre ainsi qu’au Président de l’Assemblée nationale sur la question de la dette publique.
Au moment où le débat sur les finances publiques occupe une place centrale dans l’actualité nationale et internationale, le FRAPP a tenu à rappeler aux nouvelles autorités qu’elles ne doivent pas céder aux pressions des institutions financières internationales et des créanciers. Ces acteurs ne sont pas préoccupés par le bien-être du peuple sénégalais. Leur priorité demeure la préservation de leurs intérêts financiers, même lorsque cela se fait au détriment des couches populaires.
Le moment n’est pas à la soumission. Les difficultés actuelles doivent plutôt être transformées en opportunité pour rompre avec les recettes néolibérales qui ont conduit notre pays dans cette impasse et pour bâtir un ordre économique et social fondé sur la souveraineté populaire et la défense des intérêts nationaux.
Le FRAPP a demandé au Premier ministre des clarifications sur la nouvelle doctrine de l’État en matière de dette publique. Quelle sera la position du gouvernement concernant les dettes relevées par la Cour des comptes ? Quelle sera l’attitude de l’État face aux créanciers ? Le gouvernement compte-t-il s’engager dans des politiques d’austérité qui feront payer la crise aux populations ? Quelle place entend-il accorder au FMI dans les choix économiques et financiers du Sénégal ?
Le FRAPP a également rappelé la nécessité de mettre officiellement en place un Comité d’audit citoyen de la dette, conformément à une revendication portée depuis plusieurs mois par le Collectif pour un audit citoyen de la dette. Un tel cadre devrait réunir les institutions compétentes de l’État, les organes de contrôle, les représentants de l’Assemblée nationale, les organisations citoyennes, ainsi que des économistes, juristes, fiscalistes et experts indépendants reconnus pour leur compétence et leur probité.
Dans la lettre adressée au Président de l’Assemblée nationale, nous avons proposé la création d’une commission d’enquête parlementaire sur la dette publique. Cette commission devrait faire toute la lumière sur les conditions dans lesquelles cette dette a été contractée, gérée et utilisée. Elle devrait également permettre d’identifier les responsabilités politiques, administratives et techniques liées aux engagements pris au nom du peuple sénégalais.
Le FRAPP considère qu’il est inacceptable que les conséquences de cette situation soient supportées par les populations. Les travailleurs, les paysans, les éleveurs, les pêcheurs, les commerçants, les étudiants et les citoyens ne doivent pas être appelés à se serrer davantage la ceinture pour satisfaire les exigences des créanciers.
À l’approche de l’arrivée de la mission du FMI au Sénégal, le FRAPP rappelle que cette institution porte une lourde responsabilité dans la situation actuelle. Le FMI a accompagné, cautionné et encouragé des politiques qui ont renforcé la dépendance économique de nos États. Comme nous l’avons démontré dans notre rapport publié en février 2025, le FMI demeure un pilier central de l’ordre néolibéral mondial. Il ne peut donc être présenté comme la solution à une crise dont il a largement contribué à créer les conditions.
La sortie de crise passe par davantage de souveraineté, davantage de transparence et davantage de courage politique. Elle passe notamment par la souveraineté monétaire, par la vérité sur les dettes relevées par la Cour des comptes, par l’établissement des responsabilités et par la défense sans concession des intérêts du peuple sénégalais.
Le Sénégal a besoin d’une rupture. Pas d’une nouvelle soumission."
Le Secrétariat Exécutif National (SEN) du FRAPP
Dakar, le 12 juin 2026