Dans une lettre adressée ce samedi 15 août à Mirjana Spoljaric, présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), le général de brigade Seyyed Mohammad Bagherzadeh, commandant du Comité de recherche des personnes portées disparues de l’état-major des forces armées iraniennes à assurer d’urgence le suivi du sort de trois pilotes iraniens détenus au Qatar.
Les trois pilotes ont été capturés aux mains des forces qataries après que leurs appareils, deux chasseurs Su-24 iraniens, eurent mené une mission de combat contre une base militaire ennemie au Qatar, le 2 mars 2026. Malgré le succès initial de la mission, les appareils ont été touchés par les défenses aériennes ennemies alors qu’ils rentraient à leur base, contraignant les pilotes à s’éjecter.
« L’un des quatre pilotes est tombé en martyr », a écrit M. Bagherzadeh, en faisant référence à Majid Kazemi dont la dépouille a été inhumée en Iran.
Dans sa lettre, il a cité des informations recueillies, affirmant que les trois autres pilotes — Javad Salehi, Abdolmajid Dashtian et Emran Behrouzian — ont été capturés vivants par les forces qataries.
« Malheureusement, au cours des six mois qui se sont écoulés depuis cette date, le gouvernement qatari a ignoré et bafoué les droits fondamentaux de ces prisonniers, en violation des lois et réglementations internationales — notamment des quatre Conventions de Genève », poursuit la même lettre, dans laquelle le général Bagherzadeh déplore que le Qatar n’ait pas autorisé les pilotes capturés à rencontrer ou à parler à leurs familles, ni à entrer en contact avec les responsables iraniens chargés de leur dossier.
Dans la foulée, il a écrit que ce cas nécessite une attention particulière au regard des dispositions relatives aux crimes de guerre.
Faisant référence aux articles 70 et 78 de la troisième Convention de Genève, le général Bagherzadeh a précisé que les prisonniers de guerre doivent être autorisés à informer leurs familles ainsi que l’Agence centrale de recherches du CICR de leur capture.
Il a ajouté que les prisonniers sont en droit de présenter des plaintes et des requêtes aux représentants des puissances protectrices, notamment aux délégués du CICR qui se rendent dans les camps de détention, et que les prisonniers gravement malades ou blessés doivent être transférés directement vers leur pays d’origine, à la suite d’une évaluation médicale.
« Le Comité de recherche des personnes portées disparues de l’état-major des forces armées exprime sa vive préoccupation quant à la situation des pilotes iraniens détenus au Qatar », a-t-il ajouté.
En conclusion de cette lettre, le général Mohammad Bagherzadeh a appelé la présidente du CICR à « s’entretenir d’urgence avec les pilotes iraniens au Qatar », à informer l’Iran de leur état de santé et œuvrer à la mise en place des conditions nécessaires à leur libération rapide, conformément à la mission humanitaire du comité et à la coopération bilatérale.
En riposte à l’agression militaire non provoquée des États-Unis et du régime sioniste, deux bombardiers Su-24 de l’armée de l’air de la République islamique d’Iran ont réussi à pénétrer les réseaux radars avancés et les systèmes de défense aérienne afin de bombarder la base aérienne d’Al-Udeid, au Qatar, principal centre d’appui aux forces militaires américaines en Asie de l’Ouest.
Au cours de leur vol de retour au-dessus du golfe Persique, les appareils iraniens ont été pris pour cible par les systèmes antiaériens de l’ennemi.
Malgré l’intensité des tirs antiaériens, la mission a été menée à son terme avec succès, adressant un puissant message de dissuasion aux agresseurs. [AA]