L’Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d’Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
« Le passage d’un certain nombre de navires chinois dans le détroit d’Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l’Iran », ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de l’Iran.
Ce passage, qui a commencé « la nuit dernière », a été rendu possible grâce aux « relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique », ont-ils spécifié.
Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.
La télévision d’État iranienne a notamment précisé que « plus de 30 navires » avaient été autorisés à franchir le détroit d’Ormuz, sans indiquer s’il s’agissait exclusivement de navires chinois.
Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.
Les États-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.
Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d’Ormuz avec son homologue Xi Jinping.
Selon un extrait d’une entrevue à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n’enverrait pas d’équipement militaire à l’Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d’Ormuz.
La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.
Un rôle « actif » dans la guerre
Le ministre iranien des Affaires étrangères a accusé jeudi les Émirats arabes unis de jouer un rôle « actif » aux côtés des États-Unis et d’Israël dans la guerre contre l’Iran.
« Les Émirats arabes unis sont un partenaire actif de l’agression [contre l’Iran], cela ne fait aucun doute », a déclaré Abbas Araghchi sur Telegram, alors qu’il participe au sommet des pays Brics en Inde.
Il a également fait référence à une rencontre, qualifiée de « secrète » par Israël, entre le premier ministre Benyamin Nétanyahou et le président des Émirats Mohammed ben Zayed Al-Nahyane, et dont Abou Dhabi a démenti la tenue.
« Je dois dire que les Émirats arabes unis ont été directement impliqués dans l’acte d’agression contre mon pays. Dès le début de cette agression, ils ont même refusé de la condamner », a-t-il ajouté. « Il est désormais évident qu’ils ont participé à ces attaques, peut-être même qu’ils ont agi directement contre nous. »
Dans des déclarations publiées plus tard jeudi par l’agence de presse officielle IRNA, M. Araghchi a indiqué avoir dit « au représentant des Émirats arabes unis que le régime sioniste et les États-Unis ne peuvent pas leur garantir la sécurité » et qu’Abou Dhabi avait « constaté le résultat de la présence des bases américaines » sur son sol.
« Nous et les Émirats arabes unis sommes voisins, nous avons vécu ensemble par le passé et nous devons continuer à vivre ensemble à l’avenir. Nous devons donc changer de perspective et envisager la sécurité comme une coopération mutuelle, et non comme une coopération avec des pays étrangers », a-t-il insisté.
Les relations entre l’Iran et les Émirats sont fortement tendues depuis le 28 février et le début des attaques américano-israéliennes, qui ont déclenché une riposte iranienne contre Israël et les pays du Golfe, alliés des États-Unis, dont les Émirats.
Alors qu’un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis le 8 avril, la télévision d’État iranienne continue de diffuser des commentaires d’analystes accusant les Émirats arabes unis d’être impliqués dans des attaques contre l’Iran pendant le conflit.
Au début du mois, les Émirats arabes unis ont imputé à la République islamique une frappe de drone contre une installation énergétique à Fujaïrah, ce que l’Iran a démenti.
L’Iran a accusé à plusieurs reprises les États du Golfe d’avoir permis aux forces américaines de mener des attaques depuis leur territoire.
Les pétromonarchies ont nié ces accusations, affirmant même avant le conflit qu’elles n’autoriseraient pas l’utilisation de leur territoire ou de leur espace aérien pour attaquer l’Iran.
Les Émirats sont l’un des principaux alliés des États-Unis dans la région et comptent parmi les rares pays arabes à avoir normalisé leurs relations avec Israël, à la suite de la signature des accords d’Abraham en 2020. [AFP]