Deux proches alliés du premier vice-président du Soudan du Sud, Riek Machar, ont été arrêtés mardi et mercredi par l’armée, loyale à son rival historique, le président Salva Kiir, dans un contexte de tensions croissantes entre ces deux camps qui menacent le fragile accord de paix du pays.
Le plan de partage de pouvoir, signé en 2018 mais dont de nombreuses modalités n’ont pas été mises en œuvre, a mis fin à une guerre civile qui a fait près de 400 000 morts et quatre millions de déplacés entre 2013 et 2018. La guerre a opposé les partisans de M. Kiir à ceux de M. Machar, respectivement dinka et nuer – les deux plus importants groupes de la mosaïque ethnique sud-soudanaise.
Ces dernières semaines, un regain de tensions a été observé, notamment dans l’Etat du Haut-Nil (nord-est du pays), où l’armée dit avoir été attaquée par une milice liée au vice-président, ancien chef rebelle, faisant craindre la montée d’une « violence généralisée »...Cette arrestation a été confirmée dans un communiqué diffusé mercredi soir par le parti du vice-président, le SPLM-IO. Mardi, le général Gabriel Duop Lam, un autre allié de M. Machar et jusqu’ici numéro deux de l’armée régulière (SSPDF), avait déjà été arrêté...
Ces deux arrestations font suite à plusieurs mouvements récents au sein de l’exécutif, qui visaient, pour M. Kiir, à consolider son pouvoir et à mettre sur la touche M. Machar, selon des analystes...
Depuis son indépendance, en 2011, l’Etat le plus jeune de la planète, riche en pétrole mais extrêmement pauvre, est en proie aux violences. L’accord de paix de 2018 prévoit notamment la rédaction d’une Constitution, la tenue d’élections – plusieurs fois reportées – ainsi qu’une unification de l’armée, censée réunir les forces qui se sont combattues durant la guerre civile. [Le Monde avec AFP]