Sénégal: en Casamance, des rebelles affaiblis mais la paix minée par le cannabis

Mardi 19 Mai 2026

Des soldats sénégalais en region naturelle de Casamance (photo d'archives DR)

Des soldats et des gendarmes sénégalais, appuyés par des chiens renifleurs, détruisent des champs de cannabis en Casamance début mai 2026 : cette opération est le dernier épisode d'un des conflits les plus vieux d'Afrique, latent depuis 43 ans dans le sud du Sénégal, malgré une rébellion indépendantiste largement affaiblie. 

 

L'opération militaire a été menée près de la frontière gambienne où sont basés des rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), en lutte depuis décembre 1982 pour l'indépendance de cette région séparée d'une partie du Sénégal par la Gambie. 

 

Elle a été menée "sans difficultés majeures" avec 14 interpellations, une saisie d'armes de guerre et plus de six tonnes de cannabis, a dit à la presse le colonel Cheikh Guèye, chef de l'armée dans la région de Ziguinchor, une des trois formant la Casamance et épicentre de ce conflit de basse intensité ayant fait des milliers de victimes. ... 

 

Après avoir fait subir des pertes à l'armée, le MFDC "est aujourd'hui fortement affaibli. Il n'a plus que des troupes résiduelles, ne recrute plus et est confronté au vieillissement de ses combattants" alors que l'armée s'est renforcée en hommes et en équipements, affirme à l'AFP un expert du dossier qui, comme la majorité des interlocuteurs de l'AFP sur ce sujet, a requis l'anonymat en raison de la sensibilité du dossier. 

 

En outre, cette rébellion fait face à "une forte division de ses factions politiques et militaires" et "un problème d'approvisionnement en armes et en munitions" depuis que la Gambie et la Guinée-Bissau voisines, ses zones de repli, coopèrent avec Dakar pour la paix, dit cette source. ... 

 

Le cannabis "permet aux bandes armées d'avoir des ressources importantes pour financer leurs activités" et l'opération menée début mai avait pour "objectif de frapper le coeur de (leur) économie criminelle et de guerre", selon le colonel Guèye. [AFP]

 
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