Senegal : Sonko qualifie Trump d’« homme de déstabilisation du monde »

Vendredi 10 Avril 2026

Ousmane Sonko et Pascal Boniface en débat le 9 avril 2026 au Musee des civilisations noires de Dakar

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a qualifié vendredi le président américain Donald Trump d’« homme de déstabilisation du monde », l’accusant d’avoir plongé la planète dans un « chaos que rien ne justifie » par sa politique étrangère, notamment à travers la guerre contre l’Iran.

 

Intervenant jeudi au Musée des Civilisations Noires de Dakar, lors d’une conférence internationale intitulée « Autonomie, patriotisme et monde multipolaire : l’Afrique à la conquête de sa souveraineté », en présence du géopolitologue français Pascal Boniface, Sonko a prononcé une charge directe et sans concession contre l’administration Trump.

 

« Monsieur Trump n’est pas un homme de paix, c’est un homme de déstabilisation du monde », a-t-il déclaré, selon des extraits largement diffusés et confirmés par plusieurs médias sénégalais et internationaux.

 

Le chef du gouvernement sénégalais a ironisé sur les déclarations répétées de Trump revendiquant le prix Nobel de la paix.

 

« Il paraît que le président Donald Trump aime à demander à tous ceux qu’il rencontre s’il mérite le prix Nobel de la paix », a-t-il lancé, avant de s’interroger, « Est-ce que le monde est plus sûr ? Est-ce que le monde est en paix depuis son arrivée au pouvoir ? », répondant implicitement par la négative.

 

Ousmane Sonko a lié ces propos au conflit en cours au Moyen-Orient et accusé le président américain d’avoir entraîné le monde « dans un chaos » en déclenchant, avec Israël, la guerre contre l’Iran.

 

« Les États-Unis eux-mêmes n’échapperont pas aux conséquences », a-t-il ajouté.

 

Dans un réquisitoire plus large sur le « désordre mondial » provoqué selon lui par les interventions occidentales, le Premier ministre a rappelé l’échec historique des grandes opérations militaires américaines et alliées (Vietnam, Irak, Afghanistan, Libye, Syrie, Somalie).

 

Il a dénoncé une logique d’imposition de la démocratie par la force qui, a-t-il dit, ne relève ni de la justice ni de la vraie démocratie et ne fait que semer l’instabilité. [AA]

 
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