La loi durcissant les peines contre l’homosexualité est officiellement promulguée après sa publication lundi au Journal Officiel du gouvernement du Sénégal.
Adoptée par 138 députés sur 165 lors d’une plénière tenue le 11 mars, cette loi vient modifier l’article 319 du Code pénal qui prévoyait une peine d’emprisonnement d’un à cinq ans et une amende comprise entre 100 mille et 1 million francs CFA pour l’acte contre nature.
La nouvelle loi définit l’acte contre nature comme « tout acte sexuel ou à caractère sexuel entre deux personnes de même sexe ou tout acte sexuel ou à caractère sexuel commis sur un cadavre ou un animal » et punit l’acte délictuel d’un « emprisonnement de 5 à 10 ans et d’une amende comprise entre 2 et 10 millions de francs CFA ».
Les auteurs de l’apologie des actes visés et de leur financement encourent aussi une peine de trois à sept ans d’emprisonnement et une amende de 500 mille à 5 millions de francs.
La loi a été votée dans un contexte d’arrestations, depuis début février, de personnes présumées s’adonnant à la pratique. A ce jour, au moins 52 personnes ont été arrêtées dans le cadre d'opérations toujours en cours.
Plusieurs d’entre elles ont été inculpées pour acte contre nature, association de malfaiteurs, transmission volontaire du VIH, blanchiment de capitaux, trafic de drogue.
Les nouvelles autorités avaient promis, avant d’accéder au pouvoir, une criminalisation de l’homosexualité mais ont finalement opté pour un durcissement en laissant la pratique au stade de délit.
Le Sénégal fait partie des 32 pays africains sur 54 pénalisant durement les relations entre personnes de même sexe. Les plus dures sanctions sont appliquées par la Mauritanie, l’Ouganda et le Nigeria dans sa partie Sud qui prévoient tous la peine de mort.
Suivent des pays tels que la Zambie, la Tanzanie, le Soudan qui la punissent de la prison à vie.
L’Angola, le Mozambique, le Botswana, le Cap Vert ont décriminalisé quant à eux les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe.
L’Afrique du Sud demeure, à ce jour, le seul pays du continent à avoir autorisé, depuis 2006, l’union entre deux personnes de même sexe. [AA]