Sénégal : Macky Sall et ses lieutenants dans le collimateur des nouvelles autorités

Vendredi 14 Juin 2024

Macky Sall recevant, en mars 2024, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko quelques jours avant de quitter le palais présidentiel

[…] Dimanche 9 juin, au Grand Théâtre de Dakar, le premier ministre Ousmane Sonko a sonné la charge. Après avoir fustigé une partie des médias accusés de « ne pas payer leur dette fiscale » et des magistrats supposément « corrompus », il a attaqué le camp de Macky Sall sur le dossier de la répression des troubles préélectoraux. 

 

Les violences ont fait une soixantaine de morts entre mars 2021 et juin 2024 et la responsabilité incombe, selon le nouveau pouvoir, à l’ancien président et à son appareil sécuritaire.… 

 

Les menaces de poursuites lancées par le premier ministre sénégalais sont d’autant plus critiquées qu’elles semblent remettre en question la loi d’amnistie, votée à l’initiative de Macky Sall, dix jours avant la présidentielle du 24 mars.…

Si son parti en a été le premier bénéficiaire politique, « nous n’avons pas voté cette loi d’amnistie, souligne aujourd’hui Mamadou Vieux Aïdara, un cadre du Pastef. Pour autant, Ousmane Sonko n’a pas dit qu’il l’abrogera. Il estime que ceux qui ont commis des crimes durant cette période, que ce soit dans notre camp ou en face, doivent payer. Et seuls les juges peuvent décider de mettre en place des mécanismes spéciaux pour les poursuites ». 

 

L’enjeu est hautement politique pour les nouvelles autorités qui ont fait de la lutte contre l’impunité un argument de campagne. Elles font face à la pression d’une partie de l’opinion décontenancée par l’amnistie et qui réclame toujours justice. [Le Monde]

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