Retraites: semaine de la dernière chance avant un blocage pour les fêtes

Lundi 16 Décembre 2019

Une semaine à très haut risque s'ouvre pour le gouvernement, à la veille d'une nouvelle manifestation nationale, sans aucun compromis en vue sur la réforme des retraites permettant de sortir du blocage des transports qui perdurait lundi, à quelques jours des fêtes de Noël.
 
En Ile-de-France, une nouvelle journée noire se dessine lundi dans les transports.
Les très fréquentés RER A (1 sur 2) et B (1 sur 3) continuent de connaître de fortes perturbations.
 
Huit lignes de métro sont encore totalement fermées, six très perturbées et, comme depuis le début de la grève, seules les deux lignes automatisées - la 1 et la 14 - circulent normalement. Plusieurs dépôts de bus sont bloqués, affectant le service (40% au lieu de 50% prévus).
 
Le trafic SNCF est, lui, conforme aux prévisions, avec un tiers des TGV, un quart des Transilien et 4 TER sur 10 en moyenne.
 
La SNCF met d'ores et déjà en garde les usagers sur la journée de mardi, où le trafic sera encore plus réduit en raison d'un appel intersyndical.
Comme depuis le 5 décembre, les usagers tentent de s'organiser.
 
François, parti de chez lui à 04H50, doit traverser une bonne partie de l'Ile-de-France pour se rendre au travail. "Jusqu'à présent, j'avais fait du télétravail ou pris ma voiture. Mais la voiture ce n'est plus possible, à la fois financièrement et au niveau de la fatigue", dit-il à l'AFP en attendant un train à la gare Saint-Lazare.
 
Sur les routes, peu avant 8h00, le cumul de bouchons a dépassé les 560 kilomètres, en nette hausse par rapport à la semaine dernière, selon le site d'information routière Sytadin. Des opérations escargots et des blocages de routiers étaient également prévus, à l'appel de quatre syndicats du transport et de la logistique.
 
La région parisienne n'est pas la seule touchée, puisque en Provence-Alpes-Côte d'Azur seuls trois TER sur 10 circulaient. Et des chauffeurs routiers bloquent les accès à une grande plateforme logistique, à une cinquantaine de kilomètres de Marseille.
 
Y aura t-il des trains à Noël ? C'est la question que tout le monde se pose.
Dimanche, gouvernement et syndicats se sont renvoyé la responsabilité d'une éventuelle paralysie du pays pendant les fêtes.
 
"Si le gouvernement retire son projet et (qu')on discute sérieusement sur comment améliorer le système (...), tout se passera bien. Sinon, les grévistes décideront de ce qu'ils ont à faire jeudi ou vendredi", a déclaré le numéro 1 de la CGT Philippe Martinez sur BFMTV à cinq jours du début des vacances scolaires.
 
Réponse sur le même plateau du ministre des Comptes publics Gérald Darmanin: "la République ne peut pas subir de chantage".
 
La SNCF prépare un "plan bis" en cas de prolongation de la grève.
L'entreprise ferroviaire doit informer individuellement mardi les usagers sur le maintien ou l'annulation de leur train pour le premier weekend des vacances. La directrice générale de Voyages SNCF Rachel Picard a promis d'"essayer d'accomplir des miracles" pour proposer d'autres horaires de départ en cas d'annulation. Mais la moitié des voyageurs resteraient néanmoins sur le carreau.
 
- Nouveau test mardi -
 
La journée de mardi sera décisive, l'ensemble des syndicats appelant désormais à la grève et la manifestation, y compris les organisations réformistes, comme la CFDT, la CFTC, l'Unsa ou les étudiants de la Fage.
 
Ces organisations sont furieuses que le Premier ministre ait maintenu une mesure d'âge d'équilibre dans son projet de transformation des 42 régimes de retraite existants en un système universel par points.
 
La fixation d'un "âge d'équilibre", de 64 ans en 2027, signifie que chacun pourra continuer à partir à la retraite à 62 ans, mais au prix d'un malus sur sa pension, ceux partant après bénéficiant au contraire d'un bonus. Il s'agit d'encourager l'allongement des cotisations pour faire des économies et maintenir l'équilibre financier du système.
 
Outre les cheminots, les enseignants, les fonctionnaires, les avocats et magistrats, les internes, médecins et soignants seront mobilisés parfois dans des cortèges séparés dans toute la France pour réclamer davantage de moyens pour l'hôpital.
 
La sortie de crise s'annonce difficile, alors que le négociateur en chef, le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye reste fragilisé après la révélation de 13 mandats non déclarés. (AFP)
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