L’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin a affirmé dimanche vouloir être candidat à l’élection présidentielle de 2027 et disposer déjà de « plusieurs centaines de parrainages », alors que la campagne entre progressivement dans le vif du sujet.
« Je veux être candidat », a déclaré Dominique de Villepin sur le plateau de BFM Politique, précisant avoir engagé des démarches auprès des maires afin de recueillir les parrainages nécessaires à sa candidature.
L’ancien chef du gouvernement a indiqué disposer à ce stade de « plusieurs centaines de parrainages ». Pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle, un candidat doit recueillir 500 signatures d’élus répondant aux critères prévus par la loi.
Dominique de Villepin s’est également montré particulièrement critique à l’égard des propositions économiques avancées par les différents candidats.
« C’est n’importe quoi, c’est la foire. Une campagne électorale où chacun promettrait à ceux qui sont en face de lui ce qu’ils ont envie d’entendre, c’est sympathique », a-t-il ironisé, alors que le budget et les finances publiques occupent une place croissante dans la campagne.
Ses déclarations interviennent quelques jours après le premier grand débat économique entre sept candidats à la présidentielle, organisé jeudi par le Mouvement des entreprises de France (Medef).
Villepin accuse Philippe de « faire le jeu du RN » à Mayotte…
L’ancien Premier ministre s’en est également pris à Édouard Philippe après les propositions de ce dernier concernant le droit du sol et le droit d’asile à Mayotte.
Il l’a accusé de « faire le jeu du RN à travers la surenchère » sur le département français.
« On est en France à Mayotte. Si on remet en cause le droit d’asile à Mayotte, qu’est-ce qu’on fait sur le territoire national ? », s’est-il interrogé.
Dominique de Villepin a également critiqué la proposition de Jordan Bardella d’organiser rapidement un référendum sur l’immigration en cas d’arrivée du Rassemblement national (RN) au pouvoir.
Estimant que le référendum n’était « pas une formule magique », il a qualifié cette proposition d’« énième surenchère » sur l’immigration.
…Et refuse de mettre LFI et le RN « sur le même plan »
Interrogé sur l’hypothèse d’un second tour opposant Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, Dominique de Villepin a par ailleurs déclaré ne pas placer La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national « sur le même plan ».
L’ancien Premier ministre a invoqué « l’héritage historique » et la ligne politique du RN, qu’il considère porteuse de « risques », refusant néanmoins d’indiquer pour qui il voterait dans l’hypothèse d’un duel entre Mélenchon et Le Pen, jugeant ce scénario « farfelu ».
Dominique de Villepin a également adressé de sévères critiques au dirigeant insoumis, estimant qu’il s’était « approché d’un certain nombre de lignes rouges », notamment sur les questions liées à l’antisémitisme, et jugeant certaines de ses positions « dangereuses » pour la démocratie.
Il s’est ainsi démarqué d’Édouard Philippe, qui avait affirmé qu’il ne voterait ni pour le RN ni pour LFI en cas de duel entre les deux formations au second tour.
Pour Dominique de Villepin, une telle affiche signifierait avant tout que « l’espace central » a échoué à se rassembler face à la « radicalité ». [AA]