Pourparlers au Pakistan - Pas d’accord entre les États-Unis et l’Iran

Dimanche 12 Avril 2026

Les États-Unis et l’Iran ont échoué à trouver un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, au terme de négociations marathon à Islamabad, a annoncé ce dimanche (heure locale) le vice-président américain J.D. Vance, qui rentre aux États-Unis après avoir fait, selon lui, une « offre finale et la meilleure possible » à l’Iran.

 

« Nous rentrons aux États-Unis sans être parvenus à un accord », a déclaré M. Vance lors d’une brève conférence de presse à Islamabad, où Américains et Iraniens négociaient depuis samedi.

 

« Je pense que c’est une mauvaise nouvelle pour l’Iran bien plus que pour les États-Unis d’Amérique », a-t-il considéré.

 

Le vice-président américain a déploré l’absence de « promesse ferme » de Téhéran pour un abandon de son programme d’armement nucléaire, exigence clé du président Donald Trump depuis le déclenchement le 28 février de cette guerre qui a fait des milliers de morts et ébranlé l’économie mondiale.

 

« Nous repartons d’ici avec une proposition très simple, une approche qui constitue notre offre finale et la meilleure que nous puissions faire. Nous verrons si les Iraniens l’acceptent », a-t-il ajouté, avant de remonter dans son avion et de quitter le Pakistan.

 

L’Iran a confirmé la fin des discussions, attribuant leur échec aux « demandes déraisonnables » des États-Unis, selon la télévision d’État iranienne. Plus tôt, des médias iraniens avaient accusé la partie américaine d’avoir formulé des demandes « excessives » au sujet du détroit d’Ormuz.

 

Téhéran a toutefois semblé vouloir minimiser l’échec des négociations, un porte-parole gouvernemental assurant que personne ne s’attendait à ce qu’un accord intervienne dès les premières négociations et que les contacts par l’intermédiaire du Pakistan allaient se poursuivre.

 

Menées sous la médiation du Pakistan, ces discussions, qui ont duré 21 heures, étaient à un niveau sans précédent entre les deux pays ennemis depuis la Révolution islamique de 1979.

 

Après un cessez-le-feu de deux semaines accepté mercredi, elles visaient à trouver un accord de trêve durable.

 

Le Pakistan a exhorté dimanche les États-Unis et l’Iran à continuer à respecter leur cessez-le-feu, malgré l’échec de leurs négociations de paix.

 

« Il est impératif que les parties continuent à respecter leur engagement en faveur du cessez-le-feu », a déclaré le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar.

 

Côté américain, J.D. Vance était accompagné par l’émissaire spécial Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre de Donald Trump. L’Iran était notamment représenté par l’influent président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, à la tête d’une délégation de quelque 70 personnes.

 

Avant l’annonce de l’échec des pourparlers, le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baqaei, avait indiqué sur X que les discussions portaient sur « le détroit d’Ormuz, la question nucléaire, les réparations de guerre, la levée des sanctions et la fin complète de la guerre contre l’Iran et dans la région ».

 

Le vice-président américain a laissé entendre qu’il accordait encore du temps à l’Iran pour examiner l’offre des États-Unis.

 

Le détroit d’Ormuz « balayé » ?

 

« Le fait est simplement que nous avons besoin d’un engagement formel de leur part, selon lequel ils ne chercheront pas à se doter d’une arme nucléaire et ne chercheront pas à se procurer les moyens qui leur permettraient d’en fabriquer une rapidement », a déclaré M. Vance. « La question est simple : voyons-nous un engagement fondamental de la part des Iraniens à ne pas développer d’arme nucléaire – pas seulement aujourd’hui, pas seulement dans deux ans, mais à long terme ? Nous n’avons pas encore vu cela. Nous espérons le voir », a-t-il poursuivi.

 

Si J.D. Vance a placé la question du nucléaire au cœur de l’échec des discussions, il n’a pas fait mention explicitement du détroit d’Ormuz lors de sa conférence de presse.

 

Ce passage stratégique pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures du Golfe est de facto bloqué depuis le début du conflit par l’Iran, avec des conséquences en cascade sur l’économie mondiale, entre pénuries et hausses de prix.

 

L’armée américaine a affirmé samedi que deux de ses destroyers avaient franchi le détroit d’Ormuz dans une opération préalable à son déminage. « On balaye le détroit », a renchéri Donald Trump, auprès de la presse.

 

L’Iran a rejeté les affirmations américaines, tandis que les Gardiens de la Révolution iraniens. Selon toute vraisemblance, les deux navires américains ont fait demi-tour après un avertissement de l’armée iranienne. 

 

« La marine des Gardiens de la Révolution dispose de l’autorité totale pour gérer intelligemment le détroit d’Ormuz », a averti leur commandement naval, samedi, selon la télévision d’État (…) (AFP)

 

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