Vendredi 7 août 2026, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a confié se sentir "dépassée" par la polémique que suscite le projet de construction d’un nouveau pavillon au Palais Bourbon, notamment destiné à faciliter l’accueil des visiteurs.
C’est une polémique qui ne cesse d’enfler , notamment alimentée par les députés du Rassemblement national Hélène Laporte et Sébastien Chenu, tous deux vice-présidents de l’Assemblée nationale. Porté depuis 2023 par la présidente de l’institution, Yaël Braun-Pivet, ce projet de construction d’un nouveau pavillon cristallise les critiques. Notamment destiné à faciliter l’accès à l’hémicycle pour les visiteurs, le chantier est estimé à un coût total de 52,8 millions d’euros, soit l’équivalent du prix d’achat de deux Canadairss, relève France Info dans un éditorial publié vendredi 7 août.
"En période de disette budgétaire, ce projet fait désordre", confie un parlementaire du camp gouvernemental. Dans la majorité présidentielle, le député Nicolas Metzdorf réclame même un débat dans l’hémicycle et se dit, publiquement, pas vraiment convaincu par "l’esthétique de la chose". Un député RN déclare quant à lui : "C’est une folie. On a l’impression que Yaël Braun-Pivet veut à tout prix laisser une trace personnelle."
Ségolène Royal, ex-candidate socialiste à l’élection présidentielle, dénonce elle aussi une "débauche d’argent public scandaleuse".
"Un projet que les gens ne connaissent pas"
Même des personnalités issues du monde de la culture et des médias y vont de leur commentaire. Joey Starr a ainsi fait savoir qu’il était contre le projet, ironisant dans une publication sur les réseaux sociaux : "Douce France". De son côté, Stéphane Bern a signé la pétition contre le projet, portée par l’association Sites & Monuments et ayant déjà récolté près de 89 000 signatures. Sur son compte X, l’animateur télévisé écrit :
"J’ai signé la pétition contre ce projet qui enlaidirait la perspective de la place de la Concorde avec la parfaite harmonie de ses Monuments historiques !".
Face à ce tollé, la présidente de l’Assemblée a confié à France Info être "dépassée" par des critiques qui "fusent sur un projet que les gens ne connaissent pas". Alors que des frais s’élevant à plusieurs milliers d’euros ont d’ores et déjà été engagés, il ne semblait pour l’heure pas question de faire machine arrière.
Toutefois, le projet validé par la mairie de Paris fin juillet devra encore être soumis à l’examen de plusieurs autorités, à savoir l’Architecte des bâtiments de France (ABF), la Commission locale du site patrimonial remarquable et, enfin, une enquête publique.