Paris : des centaines de manifestants défilent pour Gaza et appellent au boycott d’Israël

Samedi 12 Septembre 2026

Des centaines de personnes ont défilé samedi dans les rues de Paris en soutien à la Palestine et à la population de la bande de Gaza, à l’appel de CAPJPO-EuroPalestine.

 

Parti dans l’après-midi de la place de la Bastille, le cortège a rassemblé des manifestants portant des drapeaux palestiniens ainsi que des pancartes et banderoles appelant notamment au boycott d’Israël. « Boycotter, c’est résister » ou encore « Boycott Israël » figuraient parmi les slogans visibles dans la mobilisation.

 

L’organisation avait placé au cœur de cette nouvelle manifestation la demande de suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, ainsi que la campagne de boycott visant des entreprises accusées par les militants de soutenir Israël. CAPJPO-EuroPalestine avait notamment critiqué les mesures envisagées contre les seuls produits issus des colonies israéliennes, réclamant des sanctions plus larges contre Israël.


Des béquilles pour dénoncer la campagne d’Adidas

 

Plusieurs participants ont également défilé avec des béquilles, dans une mise en scène destinée à attirer l’attention sur le nombre de Palestiniens amputés ou atteints de handicaps à la suite des opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza.

 

Cette action intervient dans le contexte d’une polémique visant Adidas. L’équipementier allemand a récemment été critiqué après la diffusion en Israël d’une campagne pour son programme « Single Shoe », qui permet aux personnes amputées de n’acheter qu’une seule chaussure à la moitié du prix d’une paire.

 

Parmi les onze sportifs en situation de handicap choisis pour promouvoir cette initiative en Israël figure Shalev Biton, un ancien soldat israélien amputé de la jambe gauche après avoir été blessé en 2021. Sa participation à cette campagne a provoqué des appels au boycott, ses détracteurs dénonçant le contraste entre sa mise en avant et la situation des milliers d’amputés palestiniens à Gaza.

 

Adidas a depuis présenté ses excuses aux personnes qui ont pu se sentir offensées, tout en précisant que la publicité en cause relevait d’une campagne locale.

 

CAPJPO-EuroPalestine, qui avait annoncé que la question serait abordée lors de la manifestation de samedi, rappelle pour sa part que plus de 8 000 Palestiniens ont été amputés depuis le début de la guerre.

 

Les estimations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), fondées sur une méthodologie différente, font état d'au moins 5 000 amputations traumatiques recensées depuis octobre 2023. Dans une évaluation publiée en mai 2026, l’OMS estime à environ 43 000 le nombre de personnes ayant subi des blessures susceptibles de bouleverser durablement leur vie, dont environ 10 000 enfants. Plus de 22 000 personnes souffrent notamment de graves blessures aux membres et plus de 2 000 de lésions de la moelle épinière.


Plus de 73 000 Palestiniens tués à Gaza

 

La mobilisation parisienne intervient alors que le bilan humain des attaques israéliennes dans la bande de Gaza continue de s’alourdir. Selon les derniers chiffres du ministère palestinien de la Santé à Gaza relayés vendredi par CAPJPO-EuroPalestine, 73 669 Palestiniens ont été tués et 174 652 blessés depuis le 7 octobre 2023, sans compter les personnes portées disparues.

 

La proportion exacte de civils parmi les morts demeure difficile à établir. Une enquête publiée en 2025 par le Guardian, le média israélo-palestinien +972 Magazine et Local Call, fondée notamment sur les données d’une base de renseignements de l’armée israélienne, avait cependant estimé qu’environ 83 % des Palestiniens tués à Gaza étaient des civils à la date couverte par ces données.

L’enquête soulignait elle-même que ce calcul comportait des limites, notamment parce que la base israélienne ne recensait pas nécessairement tous les combattants tués.


Israël visé par des procédures devant les juridictions internationales

 

Sur le plan judiciaire international, la Cour internationale de Justice (CIJ), saisie par l’Afrique du Sud sur le fondement de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, a ordonné à Israël en janvier 2024 de prendre toutes les mesures en son pouvoir pour prévenir la commission d’actes relevant de cette convention contre les Palestiniens de Gaza. Il s’agissait de mesures conservatoires : la Cour ne s’était alors pas prononcée sur le fond de l’accusation de génocide.

 

En mai 2024, la CIJ a également ordonné à Israël d’arrêter immédiatement son agression militaire à Rafah ainsi que toute autre action dans ce gouvernorat susceptible de soumettre la population palestinienne à des conditions d’existence pouvant entraîner sa destruction physique totale ou partielle.

 

De son côté, la Cour pénale internationale (CPI) a délivré en novembre 2024 des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant.

 

Les juges ont estimé qu’il existait des motifs raisonnables de croire à leur responsabilité pénale, notamment pour le crime de guerre consistant à utiliser la famine comme méthode de guerre ainsi que pour des crimes contre l’humanité, dont meurtre, persécution et autres actes inhumains. Ces mandats constituent des décisions judiciaires préalables à un éventuel procès. [AA]

 
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